26/07/2007

Le classement du site

    Du haut de Montagne-aux Buis, également appelée le Tienne aux Pauquys et de la Roche à l’Homme, on découvre une plaine d’une superficie d’environ 250 hectares particulièrement intéressante au point de vue de la flore et de la faune. Cette étendue fait partie du parc naturel Viroin-Hermeton qui couvre une partie du Condroz, de la Fagne schisteuse, de la Calestienne et de l’Ardenne occidentale. On peut y découvrir un nombre important de plantes et d’animaux rares. C’est ainsi qu’on y a repéré pas moins de 500 espèces de plantes différentes, parmi lesquelles beaucoup d’espèces rares, dont quelques-unes y possèdent leurs principales stations belges. Parmi ces espèces, on notera la fétuque hétérophylle et le buphtalme, dont on peut voir les illustrations ci-dessous. A droite de la fétuque et du buphtalme, une illustration de la colchique.

01 99 fétuque

02 99 buphthalmum_salicifolium_1

99 colchique1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    35 espèces protégées s’y retrouvent également, dont 20 espèces différentes d’orchidées.

    Pour ce qui concerne la faune, on peut y rentrer six des sept espèces de reptiles indigènes et différentes espèces d’amphibiens protégées. Cette quantité d’espèces différentes est due à la situation géographique particulière du site, à la variété du relief et aux différents types de végétation que l’on peut y rencontrer.

    Les versants escarpés exposés au nord sont couverts notamment par une érablière de ravin, des fougères telles la « langue de cerf » et des espèces de type montagnarde.

99 Buxus    Sur les plateaux, on rencontre la primevère officinale, des chênaies à buis, des arbustes épineux et des pelouses qui croissent sur des sols de types variés et dont la composition floristique varie selon l’humidité du sol, son exposition et l’épaisseur du substrat. On peut encore notamment y rencontrer plusieurs espèces d’orchidées, la succise des prés, le colchique, … Les floraisons s’y succèdent au cours des saisons et les criquets, sauterelles et grillons y font entendre leurs musiques.  On y a également découvert des espèces d’insectes nouvelles ou très rares pour la Belgique.

    Vu l’intérêt exceptionnel de la Montagne-aux-Buis et de la Roche à l’Homme, ces deux sites sont classés par Arrêté du Régent depuis 1947 et réserve naturelle par l’association « Ardenne et Gaume ». L’entretien du site a été confié depuis 1973 au Centre Marie-Victorin de Vierves-sur-Viroin afin de conserver leur intérêt biologique.

    Une visite guidée des sites est possible et est assurée sur demande au Centre Marie-Victorin.

                                                                                                                                            Bonnes découvertes...

24/07/2007

La Roche à l'Homme et la Montagne-aux-Buis

    Implantées sur la commune de Viroinval, ces deux collines calcaires dominent, à près de cent mètres, la plaine où coulent l’Eau Noire et l’Eau Blanche qui vont former le Viroin.

Nismes roche à l'homme 1912    La Roche à Lomme se démarque par rapport aux autres éperons rocheux de la région qui ont été sculptés au fil des siècles par les affluents de la Meuse. La Roche à l'Homme se trouve en effet isolée, si ce n’est la présence de l’étroit plateau à pente raide qui l’accompagne.

    Cette redoute naturelle servait de refuge à une petite garnison d’Aduatiques. Cette région connut en effet un véritable essor au IVe siècle comme toutes les contrées du sud de la Belgique qui présentent des positions défensives naturelles. On vit bientôt s’effectuer un certain mixage entre les groupes qui s’y étaient implantés antérieurement au cours des siècles et les populations ayant traversé le Rhin et qui furent rapidement assimilés. Ces derniers purent rapidement offrir certaines prestations de type militaire en vertu d’un traité d’amitié avec Rome.

    A la fin du Ive siècle, ces groupes tenteront de prendre de plus en plus d’autonomie et prépareront une modification en douceur de l’Occident. Au début du Ve siècle, ils seront les principaux agents d’une romanisation lointaine, face aux nouvelles invasions germaniques.

    Très peu de nécropoles datant de cette période ont été retrouvées ; par contre, un matériel archéologique important et la découverte de plusieurs milliers de pièces de monnaies indiquent une occupation très importante des lieux par rapport à la surface disponible. On peut donc en conclure que le site aété occupé par une garnison permanente formée d’un petit groupe d’hommes chargés de surveiller une chaussée romaine ayant pour origine la région de St Quentin et qui traversait tout l’Entre-Sambre-et-Meuse.

    Le sommet du plateau, de forme elliptique n’offre qu’une superficie de 17,5 ares et le système défensif s’articulait autour d’une porte d’accès à la terrasse, une porte et un rempart de terre défendant le plateau. On avait ajouté une tour rectangulaire au point culminant du site.

                                                                                                                                           A suivre...