02/08/2007

La famille des du Jacquier de Rosée

    La famille des du Jacquier de Rosée occupait des postes de maîtres de forges depuis plusieurs générations dans l'Entre-Sambre-et-Meuse. Un de leurs ancêtres, Collart Jacquis ou Jacquier prit en 1516 en "arrentement" du seigneur de Trélon, Louis de Blois, un fief à Eppe-Sauvage. {1} Ce fief comprenait notamment une grosse forge avec un marteau et des affineries.

Antoine L Jacquier de Rosée    En 1651, Laurent Jacquier, un de ses descendants, épousait Catherine Godart, la fille de Maurice Godart, maître de forges à Anthée et vint s'établir auprès de sa belle-famille. Il y exerça la profession de maître de forges. En 1674, il acheta la forge de l'Agnelée, ainsi que la terre de Rosée, en 1688. En 1705, il fut anobli par Philippe V et son fils Jacques Gabriel fut créé baron en 1726.

    Le petit-fils de ce dernier, Antoine-Laurent fit atteindre des sommets à  l'entreprise familiale. Il s'apercevait que les minières de fer dans l'Entre-Sambre-et-Meuse commençaient à s'épuiser et pensa à reconvertir son entreprise dans l'industrie du cuivre.  

    En 1787, il reçut de Joseph II l'autorisation de construire au village d'Anthée une batterie et une fonderie de cuivre. Il reçut en outre l'exemption des droits d'entrée sur le cuivre brut et les autres matériaux nécessaires au traitement du cuivre.

    Parallèlement à ses activités industrielles, Antoine-Laurent menait une carrière politique et était Député au corps législatif. Marié deux fois, il eut dix enfants.

    C'est son neuvième fils, Alphonse, né à Anthée en 1801, qui racheta Moulins en 1826 en vue d'y  fonder un laminoir à cuivre.


{1}  Eppe-Sauvage est située à la frontière franco-belge, au Sud de Beaumont

                                                                                                                                          FIN

01/08/2007

La reconversion industrielle à Moulins

    Alors que l'exploitation industrielle des forges battaient toujours son plein, Joseph II supprima l'abbaye le 25 mars 1787. Suite à la Révolution Française, la propriété devint bien national en 1794 et fut mise en vente publique en 1797.

Moulins lam à Cu 1890    C'est un Français, habitant de Remagne, du nom de Jean-Louis-Jacques Rousseau qui en devint propriétaire. L'abbaye fut transformée en château et le moulin et la ferme furent mis en location. Sa fille, seule héritière du domaine vendit les biens, en 1826, au baron Alphonse du Jacquier de Rosée qui y installa un laminoir à cuivre. La famille de Rosée exploitera le domaine de Moulins, et surtout les usines à cuivre, durant plus de 150 ans. 

Alphonse M E Jacquier de Rosée    Le laminoir à cuivre ne vit le jour qu'en 1837. En 1847, il installa sur le site une tréfilerie de cuivre, une batterie et une chaudronnerie. Très réputés pour le fini de ses produits, Alfonse reçut une médaille d'or en 1841 à l'occasion de l'Exposition de Bruxelles. Encore honoré du titre de baron en 1852, Alphonse de Jacquier de Rosée mourut en 1854 des suites d'un accident de chasse.

    De son mariage avec la baronne Joséphine de Goër de Herve de Forêt, il avait eu sept enfants, dont Clément de Rosée qui prit la succession de son père au laminoir à cuivre de Moulins.

 

Jacquier de Rosée    Né à Warnant en 1835, le baron Clément du Jacquier de Rosée installa en 1883 un laminoir construit aux Usines Métallurgiques du Hainaut (U.M.H.), entraîné par une machine à vapeur de type pilon. Il orienta ses activités dans le créneau de la transformation du cuivre et du laiton en tôles, profilés et fils. La grande spécialité du laminoir était la fourniture de tôles de cuivre pour la confection des chaudières de locomotives à vapeur du chemin de fer.

    Il se consacra parallèlement à l'art campanaire, la chaudronnerie, le tréfilage, la câblerie et l'étirage. L'usine traitait directement avec les grossistes, en Belgique comme à l'étranger.

    Clément de Rosée se lança également dans la politique. Il fut bourgmestre de Warnant et conseiller provincial de Namur. En 1865, il avait épousé à Theux Joséphine de Grand Ry, dont il eut huit enfants. C'est son septième enfant, Frédéric qui lui succéda à la tête de l'usine en 1905.

Frédéric de Rosée    Le baron Frédéric du Jacquier de Rosée était né à Warnant en 1879 et fut, à son tour, bourgmestre du village de Warnant et créé baron en 1953. Il poursuivit la modernisation de l'entreprise en faisant construire une nouvelle usine et y fit installer un gros train de laminoir, une nouvelle tréfilerie et un laminoir à chaud placé dans un hall moderne de 1000 m².

    Il avait épousé, en 1905, à Leignon Agnès Eggermont, qui mourut en 1984 à l'âge de 104 ans. De leur mariage naquirent quatre enfants: trois filles et un fils, Emmanuel, né à Leignon en 1905. C'est ce dernier qui prit la direction des usines de Moulins, à la mort de son père , en 1958.

    Le baron Emmanuel du Jacquier de Rosée dota le laminoir, en 1959, d'une nouvelle installation thermique et créa en 1966 une division extrusion en implantant une presse de 1700 tonnes, ce qui améliora considérablement la compétitivité de l'entreprise. Il faut savoir que, dans les années soixante, la production des usines de Moulins en profilés de cuivre rouge, étirés, extrudés représentait la moitié de la production belge. Les principaux clients de l'usine s'appelaient ACEC, Jeumont-Schneider et Brouwn Boveri (pour la Suède et la Norvège.

Moulins ouvriers devant l'usine    Il présidera encore, en 1971, à la constitution de la S.A. de Rosée & Cie. Le personnel ouvrier et employé de l'usine de Moulins totalisait 150 personnes.

    La S.A. de Rosée connut la faillite en 1978, mais fut reprise l'année suivante par une société de Marcinelle: la Trimex. Seulement 30 emplois furent sauvés sur les 150 que comptait la société faillie. Cinq ans plus tard, la Trimex jetait le gant et s'en fut terminé des laminoirs de Moulins.

                                                                                                                                           (à suivre...)

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31/07/2007

Le développement des forges de Moulins

Moulin Forge    Bien que l'abbaye de Moulins disposa de tous les atouts pour pratiquer l'industrie des métaux, les moines ne s'y adonnèrent jamais. Ils cédèrent cependant une parcelle de terrain et accordèrent l'autorisation d'utiliser les eaux seigneuriales aux industriels de la région qui étaient à la recherche d'un "coup d'eau" pour faire tourner leurs moteurs hydrauliques.

    Au XVIe siècle, les usines à fer de la vallée de la Molignée représentaient 23% du potentiel sidérurgique de la région. Les maîtres de forges trouvaient en effet à proximité tous les éléments nécessaires à leur profession: de nombreux coups d'eau sur la rivière, le bois de la forêt et le minerais tiré des minières de la région, notamment de Morialmé.

Les premiers maîtres de forges.

    Au début du XVIIe siècle, les forges de Moulin furent dirigées par Philibert Thournon. Celui-ci construisit les ouvrages hydrauliques actionnant deux hauts fourneaux, trois forges, une fenderie et quelques platineries.

    La Molignée fut également aménagée pour recevoir des bateaux chargés de charbons, gheuses et matériaux divers.

    Après Philibert Thournon, ce fut le tour des Tabolets, à partir de 1661 jusqu'en 1702, puis de Simon Jamar , de 1716 à 1724 de gérer le complexe industriel de Moulins.

    A cette date, l'Abbaye reprit la gestion jusqu'en 1742, date à laquelle elle vendit le terrain des forges à Joseph Gérard et Pierre de Montpellier qui remirent les forges en activité de 1742 à 1764, date à laquelle décéda Gérard de Montpellier. Ses frères Jean-François et Pierre louèrent le domaine à Barthélemy Dautrebande de Namur.

    En 1767, l'exploitation de Moulins comptait deux hauts fourneaux qui traitaient du minerai de la Buissière et coulaient des gheuses. Quatorze ouvriers étaient affectés aux travaux des forges.

Maka Fourneau St Michel    A la mort de Barthélemy Dautrebande, sa veuve poursuivit l'exploitation quelque temps encore, puis céda les Forges de Moulins, en 1798, à Joseph Bauchau. Auguste Bauchau, fils du précédent, qui hérita de la propriété à la mort de son père, réanima les forges en 1804 et construisit un second haut fourneau destiné à être alimenté à la fois au charbon de bois et au coke. La famille Bauchau poursuivra l'exploitation de la forge jusqu'en 1859. Le maka sera abandonné en 1860, date à laquelle prit fin l'activité sidérurgique à Moulin.

                                                                                                                                           (à suivre...)

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30/07/2007

Les vestiges de l'abbaye de Moulins

Moulins abbaye avant    Du passé prestigieux de l'abbaye, il ne reste plus que des vestiges, témoins de toutes leurs réalisations. Le moulin était abrité sous le hangar situé en face de l'ancienne grange.

    Des fenêtres basses sont surmontées de linteaux triangulaires dans le style des constructions appartenant à la période romaine, qui perdura du XIe au XIIIe siècle. On peut encore remarquer les énormes sommiers de chêne qui soutiennent les plafonds de l'écurie formés d'étroites voûtes de briques. Ceux-ci dépassent la maçonnerie et sont visibles de l'extérieur. D'énormes broches en bois les traversaient et les ancraient. Une seule subsiste encore.

Moulins abbaye arrière    Au fond de la cour, face à la grange, une niche datant de 1686, renferme une statue de la Vierge. Une porte donne accès à l'ancienne habitation des moines, transformée en vaste demeure seigneuriale et habitée par les directeurs de l'usine de Moulins. En 1995, le château était toujours occupé par M. le comte de Changy.

Moulins ancienne abbaye    Un immense parc s'étend au-delà des plates-bandes du château. Plus au sud, l'église a fait place au garage et aux écuries. Face à ces écuries, l'emplacement formant un quadrilatère régulier renfermait jadis le cimetière de l'abbaye.   

    Une partie de l'aile d'étables a été transformée avec goût en gîtes ruraux de qualité.

                                                                                                                                         (à suivre...)

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29/07/2007

Le développement industriel de l'abbaye de Moulins

Moulins Grande roue    Dès leur arrivée à Moulins, les moines y implantèrent un moulin seigneurial à farine pour les grains produits dans la région. Un moulin à huile vint bientôt prendre place à proximité du précédent destiné à l'usage de l'abbaye et des habitants de la région. L'abbaye disposait en effet du droit de détourner les eaux de la Molignée à des fins industrielles. Ils creusèrent donc, au cours des siècles suivants, un canal de dérivation d'une longueur d'un kilomètre avec sa maison éclusière doté d'un toit "à la Mansard". Pour réguler l'alimentation en eau des moulins, ils aménageront encore trois étangs de retenue, des coursiers d'eau, vannages, tous ouvrages destinés à maîtriser le cours de la Molignée pour optimaliser les "coups d'eau".

    En 1668, les moines de l'abbaye de Moulins obtinrent un octroi pour la construction d'un moulin à papier. La manufacture de papier était très florissante sous le règne de Marie-Thérèse d'Autriche.

    La statistique industrielle des Pays-Bas autrichiens nous apprend que la papeterie comportait quatre cuves et produisait des papiers de différentes qualités. Cinquante-deux personnes étaient employées par la manufacture.

    Le papier produit par les moines portait, en filigrane, une marque propre à l'abbaye. La production était écoulée dans les grandes villes telles que Namur, Bruxelles, Gand, Anvers et dans toute la Principauté de Liège.

                                                                                                                                            (à suivre...)

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28/07/2007

L'abbaye de Moulins, ses origines

    Vous avez certainement deviné que nous allons nous intéresser plus amplement à la commune de Warnant et plus particulièrement au hameau de Moulins et à son abbaye.

Moulins De Croÿ partiel    L'abbaye de Moulins, dite "de l'Alleu Notre Dame", fut fondée en 1231 par les filles de l'ordre de Cîteaux, qui s'installèrent, la même année, à Moulins, hameau de Warnant. Cet ordre connaissait un grand succès à l'époque et prônait le retour à la règle fondamentale de Saint-Benoît. En 1153, l'ordre de Cîteaux comptait 343 abbayes et pas moins de 694 en 1300.

    L'Evêque de Liège, Jean d'Eppes, qui avait confirmé cette fondation, prit le monastère et le domaine sous sa protection.

    Baudouin de Courtenay, comte de Namur et Empereur de Constantinople, avait prit l'abbaye en affection. Il offrit notamment à l'abbaye les cinquante anguilles qu'il percevait, chaque année, sur sa vanne dans la Meuse.

    Cependant l'abbaye vivotait et ne prospérait nullement, d'autant plus que l'ordre était loin d'y régner. Aussi, les abbés de Clervaux, de Villers-la-Ville et de l'abbaye d'Aulne, diligentés sur place par le Chapitre général de Citeaux, décidèrent-ils de destituer l'abbesse le 24 mars 1414. Il fut décidé que l'abbaye serait occupée dorénavant par des moines cisterciens, au nombre de douze, en provenance des abbayes d'Aulne et de Villers-la-Ville.

    Dès ce moment, l'abbaye se mit à prospérer. Cependant elle connut les affres de la guerre. La première fois, lors de celle qui opposait Liégeois et Bourguignons, les Dinantais incendièrent le domaine. Les bâtiments ayant été reconstruits furent à nouveau incendiés par les Français en 1555. Les moines la remirent à nouveau sur pied.

                                                                                                                                            (à suivre...)

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