10/10/2007

Les marbres rouges

    Les marbres rouges sont principalement localisés dans l'Entre-Sambre-et-Meuse et dans la région de Rochefort. Leur production annuelle atteignait, avant 1930 quelque 20.000 m³ et représentait les trois-quart de la consommation des marbres rouges d' l'Europe.

    Ils appartiennent à l'étage frasnien et sont principalement constitués de coraux et de fossiles réunis par une pâte calcareuse rouge. Contrairement au marbre noir ou au petit granit, les gisements de marbres rouges ne sont pas formés de bancs, mais se présentent sous forme de masses ou en récifs.

Carrières marbre rouge    Le marbre extrait de ces amas offre, après polissage, un bel aspect décoratif: un réseau de veines et de taches blanches ou grises se détachent sur le fond rouge. Comme les divers amas n'ont pas été imprégnés avec la même quantité de matière ferrugineuse, il se présente une gamme très étendue de marbres rouges. la totalité peut varier du gris clair au rouge brun, en passant par le rose ou le rouge vif. On peut encore rencontrer des nuances bleutées, des taches noires et des veines de couleur blanche ou grise. Le dessin, quant à lui, il peut être, entre autre, veiné, fleuri, flammé ou tigré.

    Pour ce qui concerne les régions étudiées ici, on notera la "Griotte Saint-Hubert" et le "Saint-Martin" à Humain, près de Rochefort; le "Rotal Saint-Remy" à Rochefort, ...

    Dans ces marbres rouges sont inclus des marbres bleus qui étaient très recherchés autrefois. Il s'agit en fait des griottes du niveau inférieur qui se sont chargées de restes organiques gris et blancs et qui du fait de cet apport considérable, le rouge de la pâte a fini par disparaître. on peut notamment citer le "Bleu de Saint-Remy" pour  Rochefort.

    Les noms attribués aux différentes teintes des marbres a évolué avec le temps et les endroits. En 1770, on parlait à Bruges de "St-Remy Bleu" et de "St-Remy Rouge", du "Merlemont"  imitant le "St-Remy Rouge",...

    Dans un rapport rendu au ministre de l'Intérieur à Paris le 4 Ventôse de l'an neuf sur les carrières du département de l'Entre-Sambre-et-Meuse, on signalait que dans le canton de Rochefort, on rencontrait six variétés de ce marbre, à savoir: le "Bleu D'iris" dit "fin", le rouge belge"Bleu Terne", le "Bleu mélangé de Blanc", le "Rouge" et le "Gros Rouge"; à la carrière de Soulme, du "Blanc" et du "Bleu Pâle", d'une couleur fort approchante des marbres de Saint-Remy.

    Ces marbres rouges étaient encore dénommés aux XVIIe et XVIIIe siècles "Marbres Jaspés" ou "Jaspes" ou plus communément appelés "Rouges Belges". En France, ils étaient encore connus sous le nom de "Rouges de Flandre(s)". Ci-contre une plaque de marbre "Rouge Belge".

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