11/01/2008

Nuit d'horreur à St Lambert, les photos

    En août dernier, je rapportais l'article relatant l'accident de chemin de fer qui eu lieu voilà une cinquantaine d'années, sur la ligne 136, à Saint-Lambert. A l'époque, je n'étais pas en mesure de fournir les photographies qui avaient été prises de l'accident et qui figuraient dans le journal "Le Rappel". J'ai pu remettre la main dessus et les voici ci-dessous:

Photo 4

Il s'agit de la voiture qui fut prise en écharpe au passage à niveau de St-Aubin par la micheline, accident qui nécessita l'envoi d'une micheline de secours à l'origine du second accident ferroviaire.

Photo 1

Une vue des deux michelines qui se sont encastrées l'une dans l'autre jusqu'au niveau de la première banquette.

Photo 2

Les secouristes enlèvent les blessés des michelines à l'aide de civières.Photo 3
Photo 5

Le chef-garde qui accompagnait la micheline de secours, M. André Scieur, blessé dans l'accident.

10/08/2007

Les conséquences de l'accident de St-Lambert

    Les deux michelines s’étaient encastrées l’une dans l’autre jusqu’à la première banquette ; par bonheur, le conducteur et son chef garde avaient pu quitter l’avant de la micheline avant le choc car il n’en restait plus rien qu’un amas de ferrailles enchevêtrées.

    Voici l’interview que le chef garde de la micheline de secours accorda au journaliste du journal « Le Rappel » :

    « Lorsque j’ai aperçu, à quelque cent mètres de nous la micheline venant de Florennes, j’ai averti mon conducteur qui stoppa sur quelques mètres, donnant ordre aux passagers de se maintenir solidement aux banquettes. La collision s’est produite à 21h22 et nous avions quitté la gare de St-Lambert à 21h17, soit cinq minutes pour parcourir un peu plus d’un kilomètre. »

    Dans une micheline, il n’y avait que des banquettes de bois et pas de ceintures de sécurité ni d’air-bags, alors on peut imaginer le tableau qui s'offrait aux regards dans la micheline qui descendait de St-Aubin, d’autant plus que bon nombre de personnes pressentant l’accident s’étaient levées pour tenter de fuir l’inévitable. On ne comptait plus le nombre des hématomes, contusions, fractures et plaies béantes. Ce n’était que cris et gémissements dans la micheline en provenance de Florennes. Dans l’autre, les traumatismes étaient moins graves et les passagers purent être dégagés assez facilement.

    Heureusement, l’accident eut lieu à proximité d’habitations et l’alerte put être donnée rapidement d’une villa toute proche. Les voisins accoururent pour porter secours et parmi ceux-ci un médecin qui donnait une réception dans sa villa toute proche, suivi du médecin d’Yves-Gomezée et d’un médecin de la SNCB. Les sauveteurs bénévoles prêtèrent main forte pour sortir les blessés du train accidenté et les transporter dans la villa de M. Renson d’où on avait donné l’alerte et qui fut rapidement transformée en ambulance de campagne. On dégagea en premier lieu les blessés les moins atteints à la faible clarté de la lune et ils purent recevoir les premiers soins sur place. Puis ce fut au tour des grands blessés à être extraits de l’enchevêtrement des banquettes, coincés par des débris de toute nature. Maintenant la scène était éclairée par les phares des voitures de police et des ambulances. Ces dernières, en provenance du champ d’aviation de Florennes, de Philippeville et des hôpitaux de Couvin, de Charleroi et de Jumet avaient été rapidement dépêchées sur les lieux. Ce travail dura encore une bonne partie de la nuit.

    Ce fut la gendarmerie de Philippeville qui procéda aux constations aidée par les responsables des chemins de fer descendus de Charleroi. Le Parquet de Dinant, sous la conduite du procureur du Roi arriva sur les lieux de l’accident vers minuit trente pour procéder à l’enquête qui amena l’arrestation de Mr. Armand Louis, le chef de gare de St-Lambert dont la responsabilité était mise en cause pour ne pas avoir respecté les consignes de sécurité en ce qui concerne la circulation des trains sur voie unique. En fait, il semblerait qu’il avait reçu l’ordre de la gare de Walcourt d’arrêter, soit la micheline de secours, soit la micheline accidentée.

    Ce terrible accident se solda par une trentaine de blessés dont onze étaient considérés comme gravement atteints ; parmi ceux-ci, un jeune homme âgé de 26 ans, Michel Desmet d’Yves-Gomezée, qui, atteint d’une fracture du crâne et transporté dans un état très grave, décéda à l’hôpital dans les jours qui suivirent.

    On retiendra encore le cas de Mme Lamort d’Yves-Gomezée, enceinte de sept mois et atteinte d’une double fracture aux deux jambes qui failli être amputée de la jambe droite à cause de sa fracture ouverte. Le bébé qu’elle portait était toujours vivant, mais il décéda lors de l’accouchement un mois plus tard des suites de l’accident.

                                                                                                                                         (à suivre...)

09/08/2007

"Nuit d'horreur à St-Lambert"

    C’est sous ce titre que le journal « Le Rappel » relatait, voici 50 ans, un terrible accident ferroviaire qui eut lieu sur l’ancienne ligne 136 reliant la ville de Walcourt à Florennes. Comme c’est souvent le cas, c’est un concours de circonstances malheureux qui occasionna la catastrophe le soir de ce dimanche 7 juillet 1957.

    Un premier accident avait eu lieu ce jour-là vers 20h15 entre une voiture « coccinelle » conduite par un habitant de Florennes et une micheline, effectuant la relation Walcourt Florennes, au passage à niveau de Saint-Aubin. Il semblerait que les hautes herbes qui bordaient la route empruntée par la voiture aient gêné la visibilité du conducteur qui n’aperçut le véhicule ferroviaire en approche qu’assez tard. Afin de dégager le passage, il donna un coup d’accélérateur, mais il semble que la voiture ait calé sur place et, occupant le gabarit de passage de la micheline en provenance de Florennes, la Volkswagen fut prise en écharpe par cette dernière.

    Le conducteur s’en tira à bon compte, si ce n’est une bonne frayeur et quelques tôles froissées pour son automobile, mais cet accident plutôt bénin allait avoir des conséquences tragiques à quelque deux kilomètres de là.

    En effet, la police fut dépêchée sur les lieux pour effectuer les constats d’usage et la micheline, avec ses quelques passagers à bord, resta bloquée au passage à niveau durant une heure environ, pendant laquelle il fallut encore dégager la voiture endommagée.

    Pendant ce temps, le chef de gare de Walcourt, soucieux d’assurer le transport des voyageurs occupant la micheline immobilisée, avait envoyé une micheline de secours à bord duquel avait pris place du personnel habitant Florennes. Quelques passagers en attente avaient été autorisés à prendre place dans cette seconde micheline.

    Depuis quelques années, cette ligne avait été remise à voie unique dans un souci d’économie, aussi la micheline de secours emprunta-t-elle la ligne 136 à vitesse réduite. Arrivé dans le virage au lieu-dit Crève-cœur, le conducteur de la micheline montante aperçut la micheline accidentée qui avait repris son parcours à vive allure, sans doute dans l’espoir de réduire son retard de quelques minutes. Voyant que l’inévitable allait se produire, le conducteur de la micheline de secours effectua un freinage d’urgence qui immobilisa la micheline sur quelques mètres et ouvrit les portières en hurlant un « sauve qui peut! ». Mais déjà la micheline en provenance de Florennes était toute proche et entra en collision avec le véhicule à l’arrêt dans un fracas épouvantable.

    J’étais à bord de la micheline tamponneuse et je pense qu’il s’agit du plus vieux souvenir dont je me souvienne : j’avais deux ans et demi. Le craquement des deux michelines qui s’emboutissent, les ampoules qui s’éteignent, mon père qui se noue son foulard autour de sa jambe blessée, puis la longue attente avec ma mère dans le noir, assis dans l’herbe sur le bas côté de la voie, dans l’attente des secours et puis, horreur, l’hôpital avec ces grands lits tout blanc...

                                                                                                                                        (à suivre...)