03/10/2007

La Sambre (2e partie)

Sambre Charleroi    Sur le territoire belge, le cours de la Sambre fut canalisé sous le régime hollandais, depuis la frontière française jusqu'à Namur. La concession d'amélioration du parcours et de construction des 22 écluses et barrages qui la jalonnaient date de 1825 (les derniers travaux datent de 1829). La navigation fut concédée à une société qui perçut un péage de 12 centimes par tonneau et par lieue parcourue. Il s'agissait de la Société Rémy De Puydt, Lebon & Cie, qui était également concessionnaire des travaux. Dix ans plus tard, par la loi du 26 septembre 1835, le Gouvernement belge programma le rachat de la concession contre paiement de la somme de 13.071.311,74 francs et fit baisser le droit de péage de 12 à 9 centimes. L'Etat repris les droits de la société concessionnaire au 31 décembre 1847 et supprima le péage sur la Sambre.

    Afin de pouvoir maintenir la navigation sur la Sambre durant les travaux de canalisation, on ne procéda à l'approfondissement que d'une partie du lit de la rivière

Charleroi Sambre et bassin nat 1908    L'Etat entreprit d'améliorer le cours de la Sambre et consacrait à cet effet un budget annuel de 50.000 francs. Suite à la crue de 1850 qui avait emporté cinq ouvrages d'art de la ligne Braine-le-Comte à Namur, le Gouvernement décida, par la loi du 21 décembre 1851 d'octroyer une somme de 650.000 francs pour intensifier les travaux. Les travaux incomplets pratiqués sous le régime hollandais entravaient l'écoulement rapide au cours de chaque inondation et la profondeur de 1,80 mètres, nécessaire à la navigation ne parvenait pas à se maintenir.

Tamines écluse de Grogneau    De 1854 à 1860, des travaux d'amélioration furent entrepris, pour la province de Namur, aux déversoirs de Grogneaux, Auvelais, Mornimont, Floriffoux, Beauce et Namur. De 1860 jusqu'en 1914, on apporta encore des perfectionnements avec notamment la reconstruction de certains ponts. Des dépenses extraordinaires de l'ordre de neuf millions de francs furent nécessaires, entre 1921 et 1927, pour réparer les dommages causés par la première guerre mondiale.

    On envisagea alors l'aménagement de la Sambre pour admettre la navigation de bateaux de 600 tonnes. C'est la Commission nationale des Grands Travaux, instituée par l'A.R. du 1er mars 1927, qui fut chargée du projet.

Sambre Namur color    Tout au long du XXe siècle, on poursuivit les travaux d'approfondissement et d'élargissement de la rivière de manière à faciliter l'écoulement des eaux de crue, puis la loi du 23 juillet 1959 imposa la mise de la rivière au gabarit de 1350 tonnes. Les vieilles écluses de 1825 furent démontées et remplacées par des écluses de plus grande capacité, voire purement et simplement supprimées telle celle du Pont-à-Biesmes, à Auvelais, démontée en 1955.

                                                                                                                                           FIN.

02/10/2007

La Sambre (1ère partie)

Sambre à Landrecies     La Sambre prend sa source en France, près du Nouvion, sur le plateau de Thiérache. En France, elle est canalisée à partir de Landrecies, comme on peut le constater sur la première carte postale ci-contre; la seconde présente la Sambre à Boussois. Son nom apparaît en 840 sous la forme de "Samera" et proviendrait du celte, dont le préfixe "Sam" signifierait tranquille et le suffixe "Ara", eau courante. Il est vrai que le cours de cette rivière est relativement calme et décrivait, à l'origine, d'amples méandres au coeur de vallées sinueuses et profondes. En saison sèche, on pouvait la passer à gué en certains endroits. R. de Puydt notait, en 1834, que la Sambre, avant sa canalisation, ne disposait que de 40 à 60 centimètres d'eau en période normale.

Tamines écluse dite de Moignelée    Très tôt, des écluses primitives et barrages furent installés sur le cours de la rivière, comme celle implantée à la limite entre les communes de Tamines et de Moignelée, communément appelée "écluse de Moignelée (illustration ci-contre) ou de Grogneau, à la limite des communes de Tamines et d'Auvelais qui date du XIIIe siècle. En 1296, cette écluse disposait de deux portes et était située à proximité Tamines moulin de grogneauxd'un moulin. Au XVe siècle, il dut être reconstruit; son entretien incombait à l'abbaye de Floreffe. On connaît peu de chose des premiers bateaux qui sillonnèrent la Sambre au cours du moyen-âge. Au XVIIIe siècle, descendre la rivière de Charleroi jusqu'au point de confluence de Namur prenait deux jours de navigation, sans assistance de moyens de traction. Par contre, on comptait trois jours pour effectuer le parcours en sens inverse et il fallait en outre un attelage de cinq à six chevaux pour Lobbes pt de Sambreprocéder au halage du bateau. Un chemin de halage longeait la rive droite de la Sambre de Namur jusqu'à Couillet. Les bateaux qui parcouraient la rivière à cette époque étaient appelées "Sambroises" ou "Sambresses" et comptaient une capacité de 40 à 50 tonneaux. On en connaît les dimensions par le "Livre des comptes" de la famille Cuissart. Le 17 juillet 1759, Jean-Remy Cuissart et Lambert Danly, maîtres-pontonniers à Thuin, livraient à Gilles Lespagne, de Namur, un bateau fabriqué sur leurs "jantiers". Cette Sambroise mesurait "74 pieds de long, 8 et Sambre Namur colordemi de large et 3 et demi de hauteur, en dedans". Chaque bateau portait un nom; en 1831, l'ingénieur qui était chargé de la vérification des travaux de canalisation de la Sambre avait pris note du nom et du tonnage de ceux qu'il avait rencontré: Le Rat, 47 t.; L'Amitié, 38 t.; Le Petit, 44t.; Le Chat, 47 t., ... A la même période circulaient sur la Meuse, déjà canalisée, des bateaux de 100 à 130 t.. C'est ainsi que cet ingénieur repéra sur la Sambre déjà canalisée la présence de La Néda, 127 t..

                                                                                                                                            (à suivre...)