26/06/2007

En conclusion

Furnaux ancien château actu face    Furnaux est un petit village aux maisons en pierre calcaire, accroché au versant d'un plateau, non loin de Maredsous. Situé sur le cours de la Molignée, ou plutôt du ruisseau de Biesmerée, qui s'appelle à partir de Falaën la Molignée, ses chemins se prêtent à un itinéraire varié au long duquel on rencontrera des fermettes tricellulaires, la ferme de l'ancien château et des maisons de maître.

fonds blason ds fb 1    En arpentant les berges de la rivière, on ira à la découverte des traces d'anciens biefs et d'anciens moulins, tels qu'on en rencontre partout dans la vallée. Un cultivateur a encore profité de terrains marécageux pour y créer une cressonnière. Cette exploitation, plutôt originale s'étend sur une superficie de quelque 85 ares.

 

                                                                                                                                            Bonne visite...

25/06/2007

L'arrivée du chemin de fer à Furnaux, quelques souvenirs...

    Une habitante de la localité a relaté les événements principaux qui ont marqué le passage du chemin de fer par le village de Furnaux. Voici ce qu'elle écrivait vers 1953:

    "Le 24 octobre 1886, la commune demande l'autorisation de céder une parcelle de 42,50 ares pour la construction du chemin de fer de la Molignée (404,03 frs + 544 frs pour les mélèzes).

    Le 30 mars 1887, nouvelle demande de pouvoir céder aux entrepreneurs Cousin une nouvelle emprise dans la montagne de Chaumont d'une contenance de 1,94 ares afin d'aplatir le talus du côté le plus élevé de la tranchée (18 frs + 2,50 frs pour les mélèzes).

    Le premier train roule à Furnaux en 1890. Les habitants doivent aller le prendre à la gare d'Ermeton s/Biert, à 3 kilomètres de l'église de Furnaux, qui est d'ailleurs située sur le territoire de notre commune, sauf le pignon du côté d'Ermeton.

    En 1893, on construit la ligne Ermeton - Florennes, qui passe au sud du village. En 1894, on inaugure le point d'arrêt de Furnaux, où tous les trains s'arrêtent. La demande de la commune avait été appuyée par le chanoine Demanet, professeur à l'Université de Louvain et originaire de Furnaux. A l'occasion de cette inauguration, la commune organisa des festivités qui coûtèrent 75 frs.

    Pendant la guerre de 14, les Allemands ont démonté la ligne. Actuellement, comparé aux villages de Graux, Denée et Saint-Gérard, Furnaux est privilégié au point de vue communications par chemin de fer. Toutes les maisons du village se trouvent à moins de 10 minutes de marche du point d'arrêt de Furnaux, situé sur la ligne Jemelle - Tamines.

    Les trains sont nombreux, une douzaine dans chaque direction. Le premier train passe à 4h11 vers Tamines et le dernier en direction de Dinant à minuit (1 h le matin, le dimanche), ce qui est exceptionnel pour une ligne secondaire. En 40 minutes, on est à Dinant; en 1h10 à Charleroi; en 1h1/2 à Namur; en 2 h à Bruxelles. Une micheline nous transporte à Florennes, au centre commercial en 1/2 heure.

    Grande facilité pour les étudiants qui continuent leurs études après l'école primaire, ainsi que pour les ouvriers travaillant en dehors du village. Aussi le nombre d'abonnés est grand. Ils prennent pour la plupart la direction de Tamines. J'ai dénombré les abonnés de Furnaux à certains trains.

Vers Tamines

Venant de Tamines

5h20: 10 hommes

17h10: 14 hommes + 6 étudiants

6h20: 30 hommes

18h00: 19 hommes

8h09: 6 étudiants

19h30: 7 hommes + 1 étudiant

 

Vers Florennes et Dinant

Venant de Florennes et Dinant

7h20: 8 étudiants

16h45: 7 étudiants

    On pourrait souhaiter un train en direction de Tamines vers les 10h du matin, mais on ne peut l'obtenir car il n'est pas rentable. On pourrait aussi voir relever les quais pour faciliter aux vieillards la descente et la montée dans le train.

Remarque: les colis doivent être déposés à la gare d'Ermeton. Ceux à destination de Furnaux sont déposés par le camion  du chemin de fer dans un magasin du village.

Les cultivateurs chargeant ou déchargeant des wagons de marchandises, doivent se rendre à Ermeton.

                                                                                                                                            (à suivre...)

24/06/2007

Le château de Furnaux

    L'ancien manoir de Furnaux, qui fut incendié en même temps que l'église du village au cours du XVIIe siècle, datait du XIIIe siècle. Il ne fut reconstruit qu'au cours du siècle suivant. A cette époque, la seigneurie de Fenal se composait du château, d'une ferme, d'une brasserie et d'un moulin banal avec 175 bonniers de terres cultivables, 30 bonniers de prairies, et 140 bonniers de bois.

Furnaux ancien château anc entrée    Cette première photo, prise  du cimetière, à l'arrière de l'église, nous montre la façade principale de l'époque, actuellement disposée côté jardin. On peut encore distinguer l'ancienne porte d'entrée, actuellement condamnée.

 

Furnaux ancien château XIXe    Y habitèrent successivement, les familles de Fenal et de Herkof ainsi que la famille d'Oultremont de Presles; puis, à partir de 1821, les propriétaires n'utilisèrent plus les lieux que comme seconde résidence. A partir de la première guerre mondiale, les lieux ne furent plus entretenus et le château fut vendu à un fermier en 1930. La galerie qui reliait le château à l'église et qui menaçait ruines fut supprimée après la seconde guerre mondiale. Il s'agit de la partie comprenant les trois fenêtres (reprise par une accolade) du bâtiment situées à la droite de la reproduction ci-contre , d'une photographie de 1860.

Furnaux ancien château actu angle    Cette aile mutilée fut également transformée de fond en comble et reçut une nouvelle affectation. Le fenêtres furent condamnées par une maçonnerie en briques. On peut toutefois encore remarquer les pierres de taille qui soulignaient ces ouvertures.

Furnaux église fen chât    Une des pièces du château, située dans la partie démolie, disposait d'une fenêtre qui s'ouvrait directement sur le choeur de l'église et qui permettait ainsi, aux châtelains de suivre la messe sans quitter leurs appartements. La photographie ci-contre, montre cette fenêtre, disposée au-dessus d'un bas-relief montrant les châtelains agenouillés, et qui subsiste toujours dans le choeur de l'église. Le moment de la communion arrivé, les seigneurs descendaient au rez-de-chaussée par un escalier et pénétraient dans le choeur de l'église par la porte que l'on peut également apercevoir sur cette photo.

    Les différentes salles étaient tapissées de riches tentures et les plafonds couverts de stucs de style Louis XV.

    Les chênes et les hêtres séculaires qui bordaient l'allée menant au manoir furent abattus en 1930 ainsi que les deux tilleuls plantés près de la maison du régisseur.

Furnaux ferme du château cour    La ferme du château fut vendue à plusieurs reprises. Les bâtiments sont disposés autour d'une cour carrée à laquelle on peut accéder en franchissant une large arcade. Le corps de logis, que l'on voir sur la photographie ci-contre, est disposé au fond de cette cour.

Furnaux ancienne brasserie    La photo suivante nous montre l'ancienne brasserie désaffectée, qui se trouvait le long de la route de Mettet. Il s'agit du bâtiment comportant deux niveaux et une porte centrale à deux battants. Comme on peut le constater, elle fait actuellement partie des dépendances de la ferme.

Furnaux ancien moulin entrée    Le moulin à eau était mû par les eaux de la Molignée et implanté au sud de la commune. Le bâtiment subsiste toujours et a été reconverti en ferme. La photographie ci-contre montre le bâtiment pris depuis la route, au niveau du pont sous lequel passe la Molignée.

Furnaux ancien moulin bief    A la sortie de ce pont, un bief, actuellement comblé, amenait l'eau à la roue du Moulin. Cette seconde photo laisse difficilement entrevoir l'endroit d'où partait le bief d'amenée d'eau au moulin. Il ne subsiste de l'ouvrage que ce mur couvert de dalles de pierre qui se perdent très vite sous la végétation. 

 

 

 

 

Furnaux ancienne grange aux dîmes    La grange aux dîmes, par contre, longeait la route de Denée. Celle-ci existe toujours et sert de remise, comme on peut le constater sur cette vue prise depuis le vieux cimetière, ce dernier toujours disposé sur le côté droit ainsi qu'à l'arrière de l'église.

                                                                                                                                             (à suivre...)

23/06/2007

 Les fonts baptismaux

Cette page provient du site internet:

http://www.culturoscope.be/articles.php?&mod=show_article&artid=117

Le site "culturoscope" semble cependant ne plus être actif.

Les photographies sont personnelles

Historique de l'oeuvre

Furnaux fb 1    Il est assez inhabituel de trouver une cuve baptismale de cette importance dans un petit village tel que Furnaux. Or, les fonts baptismaux ont toujours été connus à cet emplacement. Les archives ne nous apprenant rien sur la provenance de cette oeuvre, nous devons nous contenter d'hypothèses. La plus ancienne église dont nous pouvons retrouver des traces à Furnaux daterait du XVIe siècle. Des empreintes d'une chapelle baptismale datant de cette époque sont visibles dans le mur d'escalier qui mène au jubé. Il faudrait peut-être chercher dans les archives des églises des alentours afin de voir si l'une d'elles aurait pu se séparer de fonts romans au XVIe siècle pour les remplacer par des fonts gothiques. Mais cela reste une suggestion.

Description

Furnaux fb 2    Les fonts de Furnaux se composent de trois éléments superposés : une cuve cylindrique large et profonde, ornée d'une frise historiée; un socle composé d'une moulure saillante évasée dans le bas, elle aussi ornée d'une frise historiée; quatre lions disposés dos à dos en forme de croix et supportant la cuve et son socle.
    Ces lions offrent quelques variantes : deux, visibles de l'entrée, tiennent chacun un homme entre leurs griffes et le lion de gauche se tourne vers l'autre; le troisième porte un livre ouvert et le dernier serre un rouleau.
Les lions androphages ainsi que le quatrième lion portent une crinière à larges boucles, à la différence du porteur du livre.  

 

Furnaux fb 3    La base en saillie de la cuve est décorée de trois personnages et de deux dragons ailés.
Les corps des dragons s'enlacent, se terminant par une queue en forme de serpent. Le premier dragon, à gauche, entoure de sa patte le cou d'un homme couché sous lui et qui lui tient la patte.

    Un vieillard barbu coiffé d'un bonnet rond et vêtu d'un manteau est allongé et agrippe sa main droite au bord de la cuve comme s'il voulait y accéder. En face de lui, un personnage barbu, vêtu d'une tunique, d'un manteau et d'un bonnet, semble venir à sa rencontre, les mains jointes.

 

 

Furnaux fb 4     Quant à la cuve, elle comprend cinq scènes et un total de onze personnages.
Le Baptême du Christ figure un Christ jeune et imberbe dont les cheveux tombent jusqu'aux épaules. Auréolé et nu, il se cache la poitrine de la main droite. Saint-Jean, à gauche de la scène, pose la main droite sur la tête du Christ et, de la gauche, retient un manteau de poil lui arrivant jusqu'au-dessus des genoux.
De part et d'autre de ces personnages un ange, tourné vers la scène, présente des attributs. Le Saint-Esprit, représenté par un oiseau aux ailes repliées, tient une ampoule.

Furnaux fb 5     La première scène à gauche du Baptême du Christ est composée de deux personnages : celui de gauche est semblable au second personnage du socle, il pointe la main droite vers vers le personnage en face de lui; ce dernier s'appuie sur un bâton et soulève un long phylactère dépourvu d'inscription.

    La scène qui précède comprend également deux personnages : un ange, dont le visage et le corps sont tournés vers la droite, présente un phylactère sans inscription à un homme barbu qui semble désigner l'ange de la main droite.
    La dernière représentation, à droite du Baptême, se compose de trois personnages dont un ange. A gauche, l'ange saisit un personnage par le poignet et, de la main, semble désigner quelque chose. Le personnage qu'il tient pointe le doigt vers le haut. A sa droite, un personnage se voile les yeux de la main droite et, de l'autre, se tient l'estomac.

    Des traces de restauration sont fort apparentes sur tout le pourtour inférieur de la cuve.

Iconographie

Furnaux fb 6    Pour comprendre le sens des scènes, il convient de corriger une restauration erronée afin de modifier le groupement des personnages. Ainsi, il faut placer la scène du Baptême du Christ exactement au-dessus du groupe des dragons enlacés de la base saillante et déplacer le tout de façon à ce que la scène principale s'inscrive entre les deux lions androphages.

    Les lions, porteurs de la cuve, signalent le sacré : ils sont le signe avertisseur que l'on passe d'un espace religieux à un espace plus religieux encore.

Les lions androphages ont une origine païenne : ils sont le symbole de mise à mort et d'engendrement. Ce sont eux qui mènent les âmes jusqu'à la vie nouvelle : et de ce fait, ils ne sont pas menaçants. C'est pourquoi la scène du Baptême doit se trouver entre ces deux lions, le Christ vainquant la mort par le sacrement du Bapte.
Le livre et le rouleau tenus par le troisième et le quatrième lion représentent le livre de la Loi. La religion de l'Ancien Testament, comme celle du Nouveau, est une religion historique qui se fonde sur la révélation faite par Dieu à certains hommes, dans certaines circonstances. Le livre de la Loi retrace ces relations de Dieu avec le monde. Les scènes de la cuve représentent des événements décrits dans le livre de la Loi.
    Les lions sont disposés dos à dos en forme de croix et placés aux quatre points cardinaux, ce qui évoque la vie du Christ.

    La représentation du Baptême du Christ telle qu'on la voit ici avec le Christ plongé dans l'eau jusqu'aux hanches, semble avoir une origine syrienne. En effet, le Jourdain est représenté sous forme de dôme et cette conception de la nature est familière aux égyptiens et aux assyriens qui ont une vision verticalisante de l'eau. Les artisans mosans ont pû s'inspirer de cette iconographie orientale à travers les manuscrits latins. L'Esprit-Saint est représenté sous la forme d'une colombe venue apporter à Saint-Jean-Baptiste l'ampoule qui va servir à baptiser le Christ. Il est donc baptisé à la fois par immersion et par onction. Saint-Jean-Baptiste lui impose les mains en signe du don de l'Esprit-Saint.

    Dans la deuxième scène, l'homme tenant son manteau représente Abraham devant le Seigneur venu lui apporter la promesse d'une descendance nombreuse d'où sortira le Christ : 'Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d'une multitude de nations...'(Gen; 17, 4-5).

    La troisième scène semble figurer la rencontre de Lot avec l'ange lui annonçant la destruction de Sodome : 'As-tu encore quelqun ici ? Tes fils, tes filles, tous les tiens qui sont dans la ville, fais-les sortir de ce lieu, car grand est le cri qui s'est élevé contre eux à la face de Yavhé, et Yahvé nous a envoyé pour les exterminer'(Gen; 19, 12-24).

    Dans la dernière scène, l'ange invite Lot à le suivre et, comme il hésite, l'ange prend Lot par le poignet. Le personnage que Lot indique à sa doite est sa femme qui, ayant désobéi à l'ordre des anges, est changée en statue de sel. Sa main gauche posée sur son ventre exprime la douleur et le fait de cacher ses yeux montre qu'elle a désobéi en se retournant sur la ville qu'elle devait quitter : 'Or, la femme de Lot regarda en arrière, et elle devint une colonne de sel'(Gen; 19,26).

    Nous retrouvons dans cette frise le système typologique qui mêle un événement du Nouveau Testament avec un événement de l'Ancien, ainsi que les lions porteurs l'annonçaient déjà. De plus, les scènes représentées sur la cuve ont trait au livre de la Loi : alliance entre Dieu et Abraham et alliance entre Dieu et le Christ.

    Sur la base de la cuve, on retrouve Lot et Abraham qui, prosternés, admirent les messagers de Dieu.
Les dragons, tout comme les lions, représentent la mort et, placés sous le Baptême, ils montrent que celui-ci sauve de la mort.

    L'ensemble des fonts parle donc : non seulement de la victoire sur la mort et de la continuation de la vie, mais aussi des rapports entre Dieu et les hommes (rapports avec le livre de la Loi). Le Christ vainc la mort, représentée par les lions et dragons androphages, par le Baptême; Dieu promet à Abraham une descendance importante; les anges sauvent Lot suivant l'ordre de Yavhé; seule l'épouse de Lot est transformée pour avoir désobéi à la volonté du Seigneur.

Matière et technique

    Les fonts de Furnaux ont été taillés dans le calacaire bleu de Meuse. Dans l'ensemble du bassin mosan, les sculpteurs du Moyen-Age utilisent, de préférence, la pierre locale. Les bancs de pierre sont importants sur les rives de la Meuse et de la Sambre. Il s'agit surtout de carrières de calcaire à ciel ouvert, fournissant des pierres faciles à extraire. L'Entre-Sambre-et-Meuse, riche en calcaire carbonifère, jouissait en outre d'une vie religieuse intense à l'époque moyenâgeuse.

    Le bloc de pierre, destiné à la fabrication des fonts qui se trouvent à Furnaux, a sans doute d'abord été extrait d'une carrière ouverte par des ouvriers. L'épannelage se faisait la plupart du temps sur place et était confié à des artistes assez qualifiés : ils dégrossissaient le bloc à l'aide de la masse et du ciseau et dégageaient, d'après les instructions du sculpteur, le relief général de la sculpture.

    Le bloc dégrossi était ensuite transporté jusqu'au lieu où il devait prendre place : aucune trace ni document ne prouve l'existence d'une église à Furnaux au moment où les fonts ont été faits. Nous pouvons donc émettre l'hypothèse que la sculpture aurait été créée au départ pour une autre destination, toutefois proche de Furnaux.
    Une fois l'épannelage terminé, c'était généralement le sculpteur qui poursuivait le travail. Les fonts de Furnaux ont été exécutés en taille directe, c'est-à-dire que la taille a été directement faite sur le bloc. Le sculpteur connaissait alors les qualités physiques de la pierre : sa dureté, sa texture, sa couleur, sa résistance aux intempéries,...Le sculpteur semble avoir utilisé le ciseau plat, tige d'acier dont une extrémité est aplatie et terminée par un tranchant droit à double biseau, pour obtenir la surface plane du fond du relief de la cuve, et la surface courbe de la cuve en saillie.

    La pointe a dû être utilisée pour éliminer le matériel exédentaire et ensuite approcher les formes assez larges. La pointe est constituée d'une tige d'acier à section octogonale, dont l'une des extrémités se termine par une pointe pyramidale. Au fur et à mesure que le travail avançait, des pointes de plus en plus fines auront été utilisées. Nous pouvons en voir des traces, en forme de stries parallèles, en ce qui concerne les cheveux des divers personnages, le manteau de Saint-Jean, les eaux du Jourdain et les ailes des anges par exemple. On a employé des masses pour percuter l'extrémité aplatie des pointes et des ciseaux. Les plus lourdes étant utilisées pour le dégrossissage et pour le travail des pierres les plus dures, les plus légères étant réservées à la finition.
    Les lions ont été travaillés en ronde-bosse dans des blocs monolythes. La cuve est posée sur leurs dos.
    Certaines parties de l'oeuvre ont été polies.

Etat de conservation et restauration

    Des traces de restauration sont fort visibles sur la cuve. En effet, tout le pourtour inférieur de la cuve est grossièrement maçonné et la moulure est plus saillante à l'endroit du Baptême. De plus, les trois éléments de la cuve ont été mal remis en place et plusieurs éléments doivent être déplacés pour une meilleure compréhension de l'iconographie.

Etude stylistique

    Plusieurs éléments byzantins se retrouvent sur les fonts de Furnaux. Le Christ y est anormalement petit et maigre, sa tête, grossière est enfoncée dans les épaules de manière malhabile : il s'agit d'une caractéristique de l'art byzantin de déformer le corps afin de s'attacher principalement à la force intérieure de l'âme. Les byzantins s'attachent essentiellement à la représentation de l'âme mais représentent cependant la forme extérieure lorsqu'elle a sa raison d'être, comme dans la représentation d'anges, beaux par principe.
    Le Christ est représenté de face car, dans l'art byzantin, l'expression du sentiment se concentre sur le visage.

    Dans l'art mosan, le sujet sculpté a pour but d'enseigner une vérité ou de narrer un événement historique : c'est un art proche du peuple, auquel il sert de leçon permanente. Pour cette raison, les maladresses stylistiques ont peu d'importance pourvu que la scène soit facilement reconnaissable.

    Le répertoire mosan reprend le plus souvent des scènes typologiques : à Furnaux, parallélisme entre le patriarche Abraham et saint-Jean baptisant Jésus, tous deux annonciateurs de l'acte de foi essentiel que constitue le premier sacrement.

    A Furnaux, tous les éléments nécessaires à une compréhension du sujet sont clairement indiqués, principalement dans les gestes des personnages qui traduisent l'état d'âme et le rôle de chacun : le sculpteur mosan supprime les détails accessoires pour ne garder que ce qui est utile à une lecture correcte des sujets.

    Enfin, les sculptures sur pierre à l'époque mosane étaient destinées à être vues à distance et dans l'atmosphère d'une église du XIIe siècle. C'est pourquoi, à Furnaux, la partie visible de l'oeuvre a été la plus travaillée et l'autre côté est moins chargé.

Attribution et datation

    Les fonts baptismaux de Furnaux semblent provenir de l'atelier de l'Entre-Sambre-et-Meuse. En effet, ils présentent des similitudes avec le bas-relief du Baptême du Christ, conservé à l'abbaye de Maredsous, sculpté par ce même atelier : même composition de la scène du Baptême, même Christ anormalement petit et maigre. L'Entre-Sambre-et-Meuse est de plus riche en calcaire carbonifère et jouissait d'une vie religieuse intense au Moyen-Age. Le sculpteur qui a fait les fonts est toutefois méconnu.

    Pour ce qui est de la datation, nous pouvons penser que la cuve de Furnaux daterait de 1135-1150. En effet, il semblerait qu'il y ait eu deux génération intéressante dans les ateliers mosans; la première allant de 1130 à 1150, la seconde à partir de 1180.

    Nous situons la cuve de Furnaux dans la première génération, qui se caractérise par des sculptures chargées d'un décor historié simple mais lourd de sens profond.

    De plus, les fonts les plus anciens se reconnaissent généralement à l'importance du décor d'inspiration orientale.

                                                                                                                                          (à suivre...)

22/06/2007

L'église de Furnaux

fonds baptismaux    La visite de l'église de Furnaux et de ses fonds baptismaux est par contre incontournable. De style gothique du milieu du XVIe siècle, elle a été restaurée au XVIIIe siècle et renferme des fonds baptismaux de style mosan en marbre noir de Dinant datant du XIIe siècle (1135 - 1150). L'oeuvre exceptionnelle est composée de trois éléments superposés:

 

 

 

  • une cuve cylindrique large et profonde en calcaire viséen de Meuse et ornée d'une frise historiée;
  • un socle composé d'une moulure saillante évasée vers le bas et décorée d'une autre frise historiée;
  • quatre monolithes en forme de lions portants, disposés dos à dos en forme de croix et supportant cette cuve et son socle.

fonds baptismaux croquis    On peut encore y rencontrer des statues gothiques  et un bénitier ogival du XVe siècle, une croix de cimetière en fer du XVIe siècle, la célèbre statue de "Sinte Brèyaude" en chêne fonds baptismaux croquis2polychromé également du XVIe siècle ainsi que des confessionnaux et des dalles funéraires du XVIIIe siècle.

                                                                                                                                            (à suivre...)

21/06/2007

Furnaux, un peu d'histoire.

Furnaux carte d'acces    Le village de Furnaux était déjà habité dans les premiers siècles de notre ère. On retrouva en effet dans une pairie de la Presles, située au Nord de la commune, des vestiges d'une villa romaine et des fragments de poteries.

    Une ancienne seigneurie féodale était implantée sur le territoire de la commune. Son origine se perd dans la nuit des temps et l'un des plus anciens seigneurs connus était un certain Godefroid, fils de Jean de Fénal qui y vivait au XIVe siècle. En 1372, celui-ci reçut du sire de Morialmé "la ville de Fénaul, avec toute hauteur, justice, seigneurie, biens, rentes et tous autres revenus".

    A cette époque, le seigneur de Morialmé était Jean II de Condé, de 1359 à 1391, qui jouissait d'une grande considération dans la noblesse de son temps. Il était à la fois vassal du Prince-Evêque de Liège, du comte de Hainaut et du comte de Namur.

    Godefroid de Fénal était le descendant d'un "milite"  [1] du comte de Namur, et lui-même servait Guillaume le Riche qui vécut de 1337 à 1391 et qui obtint de la cour de Rome l'attribution de 17 villages qui étaient objet de contestation entre le comté de Namur et la principauté de Liège. Ce conflit opposa les protagonistes de 1343 à 1417.

    En 1395, Marie de Luxembourg, veuve de Jean de Condé et dame de Morialmé octroya, par testament, à Guillaume de Fénal de disposer de la seigneurie de Furnaux, qui continua jusqu'à la fin de l'ancien régime de relever de Morialmé.

    A la fin du XVIIIe siècle, le village et la seigneurie de Furnaux firent l'objet de longues contestations entre le comté de Namur et la principauté de Liège. Ils furent finalement cédés au Prince-Evêque par l'empereur Joseph II, le 26 août 1780 à la conférence de Bruxelles, en même temps que Ambly, Daussois et Soumoy.


[1]  Les milites étaient des gens d'arme non nobles qui servaient le comte de Namur à cheval ou gardaient ses forteresses.

                                                                                                                                           (à suivre...)