23/09/2007

Félicien Rops à Mettet

Rops    Félicien Rops est né à Namur en 1833 et fréquenta le collège des Jésuites et l'Athénée de Namur, puis l'université de Bruxelles où il passa de ses talents de caricaturiste, qu'il exerçait au détriment de ses professeurs, à la réalisation de dessins pour les revues estudiantines. Il suivra ensuite les cours de l'Académie de Namur.

    En 1856, il fondra avec Charles De Coster  "L'Uylenspigel, journal des ébats artistiques et littéraires" et créera la Société Libre des Beaux-Arts où il côtoiera Artan, Baron, Meunier; puis dans la demeure familiale de Thozée, qui lui vient de son épouse Charlotte, il accueillera bon nombre d'artistes dont l'écrivain Baudelaire.

Rops 2    Félicien Rops sera très vite attiré par Paris, où il séjournait plusieurs mois par an. Il s'y intéressa à la technique de l'eau-forte et il deviendra un spécialise et créera, en 1868, en Belgique, la Société Internationale des Aquafortistes. Il illustrera encore les publications de bon nombres d'auteurs de l'époque et notamment le recueil de Beaudelaire "Les fleurs du Mal". Par après, se sentant prisonnier de la ville lumière, il voyagera beaucoup en Europe et aux Etats-Unis.

    Il passa les dernières années de sa vie à la Demi-Lune à Corbeil, non loin de Paris, où il décèdera le 23/08/1898, entouré de sa fille Claire et de ses amis et amies.

Quelques-unes de ses oeuvres:

atelier

La mort qui danse

La tentation de St Antoine

Le bouge à matelotsL'attrapadepornokrates enterrement en pays Wallon                                                                                                                                         Bonne soirée...

20/09/2007

Ste Brigide et Fosses-la-Ville

    Sainte Brigide était abbesse de Kildare et patronne de l'Irlande au même titre que saint Patrick. Elle serait décédée le premier février de l'an 523.

    Une première chapelle élevée en bois sur un soubassement de pierre aurait été érigée par les moines irlandais, compagnons de saint Feuillen et résidant à l'abbaye de Fosses au cours du VIIe siècle. Elle aurait été remplacée avant la fin du premier millénaire par un édifice en pierre.

Fosses chap ste brigide    Cette chapelle de pierre fut détruite par les Huguenots en 1568, puis restauré en 1659 par le chanoine Gille Tabollet, doyen du chapitre de Fosses, dont on peut voir les armes et les dates sculptées sur les clefs de voûte des deux porches. Il ordonna que les deux parvis soient rehaussés de chambrettes pour un ermite.

    Sainte Brigide est invoquée pour la protection du bétail. Chaque premier dimanche de mai, a lieu le "pèlerinage aux baguettes". Au cours de cette manifestation, les pèlerins achètent aux enfants des baguettes de coudrier pelées qu'ils font bénir après avoir effectué trois rotations autour de la chapelle dédiée à la sainte, tout en frottant, lors de chaque passage, la statue de sainte Brigide de ces baguettes qui seront déposée par après dans les étables.

    La chapelle renferme une tourelle eucharistique monolithe du XVe siècle provenant de la collégiale ainsi que deux statues polychrome de la sainte, l'une du XVIIe, la seconde du XVIIIe siècle. on peut encore y rencontrer un jubé de bois et un autel de pierre du XVIIIe siècle.

                                                                                                                                        Bonne journée...

19/09/2007

St Feuillen et Fosses-la-Ville

    A l'époque mérovingienne, les missionnaires irlandais jouèrent un rôle capital dans l'histoire religieuse de notre pays. Venus nombreux d'Irlande, dénommée à cette époque "l'île des saints", ces moines ont contribué à la conversion des derniers païens au VIIe siècle.   

chasuble St Feuillen    Saint Feuillen était le chef d'une communauté de moines irlandais. Au milieu du VIIe siècle, ceux-ci, persécutés par le roi Penda de Mercie, n'eurent d'autre choix que de quitter la verte Irlande pour se rendre sur le continent. Ils avaient été chassés de leur monastère de Cnobheresburgh, en Est-Anglie.

    Au terme de son voyage, saint Feuillen trouva refuge auprès de la première abbesse de Nivelles, sainte Gertrude, qui s'assura de ses services comme conseiller spirituel. Elle lui permit également de fonder une nouvelle communauté pour ses compagnons de route dans le domaine de Fosses. C'est ainsi que "Bebrona", Fosses de son nom celtique, devint leur centre de rayonnement et leur centre d'activité.

    Un jour qu'il avait quitté sa communauté de Fosses pour se rendre à Nivelles avec trois compagnons de route, il dut demander son chemin à un individu mal intentionné qui les aiguilla dans une mauvaise direction. La nuit étant venue, les quatre moines furent contraints d'accepter l'hospitalité suspecte d'un habitant du hameau où ils se trouvaient. Leur méfiance était justifiée car, au petit matin, les quatre voyageurs furent égorgés par leurs hôtes. Ceux-ci enterrèrent les cadavres dans une porcherie après les avoir dépouillés de leurs vêtements. Ils s'en allèrent ensuite au loin vendre chevaux et bagages.

    Les sources historiques les plus sérieuses s'accordent pour situer la mort de saint Feuillen en date du 31 octobre 655, victime d'une agression dans la forêt charbonnière du Roeulx

    Ne voyant pas les moines arriver, sainte Brigide entreprit des recherches avec des moines de la communauté de Fosses. les cadavres ne furent retrouvés que septante-sept jours plus tard.

plan cadstral de 1812    Les écritures rapportent que les dépouilles furent ramenées solennellement à Nivelles, portés toute la nuit à la lueur des cierges et des flambeaux en présence de nombreux laïcs et de clercs. Le cortège funèbre était attendu dans la périphérie de Nivelles par  l'évêque de Poitiers, Dion et par Grimoald, maire du palais, deux personnages importants qui résidaient dans la région au moment des faits.

    Dès que les reliques pour Nivelles furent prélevées, la dépouille mortelle de saint-Feuillen fut reconduite en procession au monastère qu'il avait fondé à Fosses, selon le souhait qu'il aurait formulé avant son départ pour Nivelles.

    Huit grands tableaux datant de 1765, fixés aux murs du choeur de la collégiale de Fosses relatent la vie de saint Feuillen.

·         La mère de St Feuillen, condamnée au bûcher à cause de sa conversion au christianisme et de son mariage secret avec un prince irlandais, est sauvée par une fontaine jaillie du sol ;

·         Feuillen, Fursy et Ultain sont baptisés par leur oncle, l’évêque saint Brendan, abbé du monastère irlandais de Clainfurt ;

·         Feuillen est sacré évêque par le pape Martin V à Rome (selon un épisode l égendaire de la vie de St Feuillen) ;

·         Feuillen, passé en Gaule, est accueilli par Ste Gertrude de Nivelles, fille de Pepin de Landen, maire du palais, qui lui donne la terre de Fosses ;

·         Feuillen construit le monastère et l’église de Fosses (par anachronisme, l’artiste a représenté l’église telle qu’elle se présentait en 1765) :

·         Feuillen et ses trois compagnons sont massacrés au Roeulx, en revenant de Nivelles en 655 ;

·         Ste Gertrude, guidée par une colonne de fumée, retrouve le corps de St Feuillen ;

·         les restes de St Feuillen sont ramenés, selon son désir, à Fosses : le chariot traverse le gué de la Sambre à Franière.

    Des panneaux sculptés ornant les stalles datant de 1524 représentent également des scènes de la vie du saint fondateur de l'abbaye de Fosses.

    Vous retrouverez la légende de St Feuillen dans la catégorie « Légendes » de ce blog.

                                                                                                                                         Bonne journée...

02/08/2007

La famille des du Jacquier de Rosée

    La famille des du Jacquier de Rosée occupait des postes de maîtres de forges depuis plusieurs générations dans l'Entre-Sambre-et-Meuse. Un de leurs ancêtres, Collart Jacquis ou Jacquier prit en 1516 en "arrentement" du seigneur de Trélon, Louis de Blois, un fief à Eppe-Sauvage. {1} Ce fief comprenait notamment une grosse forge avec un marteau et des affineries.

Antoine L Jacquier de Rosée    En 1651, Laurent Jacquier, un de ses descendants, épousait Catherine Godart, la fille de Maurice Godart, maître de forges à Anthée et vint s'établir auprès de sa belle-famille. Il y exerça la profession de maître de forges. En 1674, il acheta la forge de l'Agnelée, ainsi que la terre de Rosée, en 1688. En 1705, il fut anobli par Philippe V et son fils Jacques Gabriel fut créé baron en 1726.

    Le petit-fils de ce dernier, Antoine-Laurent fit atteindre des sommets à  l'entreprise familiale. Il s'apercevait que les minières de fer dans l'Entre-Sambre-et-Meuse commençaient à s'épuiser et pensa à reconvertir son entreprise dans l'industrie du cuivre.  

    En 1787, il reçut de Joseph II l'autorisation de construire au village d'Anthée une batterie et une fonderie de cuivre. Il reçut en outre l'exemption des droits d'entrée sur le cuivre brut et les autres matériaux nécessaires au traitement du cuivre.

    Parallèlement à ses activités industrielles, Antoine-Laurent menait une carrière politique et était Député au corps législatif. Marié deux fois, il eut dix enfants.

    C'est son neuvième fils, Alphonse, né à Anthée en 1801, qui racheta Moulins en 1826 en vue d'y  fonder un laminoir à cuivre.


{1}  Eppe-Sauvage est située à la frontière franco-belge, au Sud de Beaumont

                                                                                                                                          FIN

10/07/2007

Remy De Puydt

depuydt    Nous allons faire un peu plus connaissance avec un personnage très important pour le génie civil et pour le chemin de fer, auteur du second projet destiné à relier la Sambre à la Meuse en traversant l’Entre-Sambre-et-Meuse.

    Rémy De Puydt est né à Poperinge le 3 août 1789. Il entreprit à Paris des études d'architecture et de génie civil, puis s'engagea à l'armée où il obtint rapidement le grade de capitaine d'infanterie. En juin 1815, après Waterloo, il intégra l'armée des Pays-Bas avec le même grade. Il participa à la guerre en Saxe et en Silésie, puis blessé, il retourna à la vie civile. Il quitta l'armée vers 1817 pour gagner l'administration des droits et accises avant d'entreprendre des études d'ingénieur et d'architecte. Il exerça ensuite son métier d'architecte et d'entrepreneur de 1819 à 1830, principalement dans les régions de Mons et de Charleroi. Il y construisit des écoles, des maisons communales, des casernes, des routes et des ponts.

    Dans le courant du mois de septembre 1830, il participa activement aux manoeuvres du groupe radical montois. Après la révolution belge, le gouvernement provisoire, sous l'influence de Gendebien, ne manqua pas d'en tenir compte. Remy De Puydt réintégra l'armée avec le grade de Lieutenant-Colonel et le commandement des troupes du Génie. Il occupa le poste de commandant en chef de la jeune armée belge et siégea à la Chambre des représentants.

    Parmi ses grandes réalisations, on compte la canalisation de la Sambre, mais aussi la réalisation partielle du canal de Meuse et Moselle qui fut interrompue par la Révolution belge. Il proposa encore la canalisation de la Meuse et la création d'un canal dans l'Entre-Sambre-et-Meuse. Les circonstances dues à la Révolution et quelques rivalités contrarièrent ses plans.

    Il fut choisi par le roi Léopold Ier en 1841 pour négocier une éventuelle colonisation du Guatémala par la Belgique. Il y obtint toutes les garanties, mais l'entreprise capota à son retour.

    Il rédigea encore de nombreux mémoires et rapports sur des projets de génie civil, mais également sur des sujets directement liés à l'armée tels que la création d'une école militaire, des propositions de lois sur l'avancement et les pensions militaires, l'emploi de troupes aux travaux publics, ...

    Il décéda à Schaerbeek le 20 septembre 1844.

                                                                                                                                       Bonne soirée.

06/07/2007

Les seigneurs de Montaigle

Les premiers châtelains :

 

1355 : Jehan de Hanecke ;

1371 : Willaume de Liebincs ;

1395 : Renichon delle Haye ;

1440 : Bureal de Huz ;

1456 : Guillaume de Rosinbois ;

1479 : Godefroy Deve ;

1489 : Jacques de Senceille ;

1505 : François de Hontoir ;

1542 : Godefroy de Hontoir ;

1554 : Etienne de la Jocquière.

 

Le bailliage de Montaigle.

 

Montaigle gravure anc    En 1786, on comptait sur le domaine du bailliage de Montaigle huit forges et deux fourneaux. Le châtelain, sorte de commissaire d’arrondissement remplissait la haute surveillance. Le premier connu fut Jehan de Hanecke, en 1355 (cf. « quelques châtelains de Montaigle au Moyen-Âge »), et le dernier, de Monpellier, en 1794. Il exerçait en même temps la charge de bailli et avait en main le gouvernement particulier et l’administration de la justice.

    Le 24 juin 1793, la haute cour du bailliage de Montaigle comptait encore huit forges.

                                                                                                                                             (à suivre...)