15/10/2007

Le petit granit

carrière petit granit 2    Bien que le petit granit n'ait pas été exploité en Entre-Sambre-et-Meuse, on va en l'ajouter à la liste des produits de carrière. Le petit granit est un calcaire crinoïdique que l'on exploite principalement pour en tirer des pierres de taille, des bordures et des dalles de trottoirs. Il se présente sous forme de bancs bien stratifiés et d'épaisseurs variables. On le découvre en de nombreux endroits et notamment à Ecaussines, Feluy-Arquennes, Ligny, Maffle, Soignies, Yvoir, Spontin, Comblain-au-Pont, Les Avins, Sprimont, etc... 

carrière petit granit bloc    Le petit granit fournit également, après polissage, un marbre commun, appelé parfois "Marbre Granité" ou "Marbre Empire", du fait qu'il fut utilisé au cours de cette période pour couvrir les dessus de meubles. Son fond noir ou gris est agrémenté de petites taches blanches formées de coupes de crinoïdes. Les pierres destinées à cette utilisation sont choisies parmi les bancs qui présentent la texture la plus serrée, le grain le plus fin et la couleur la plus foncée, tout en éliminant celles qui contiennent des géodes ou des clous.

    La qualité de cette pierre était déjà reconnue sous le régime français, comme en témoigne un extrait tiré de la "Statistique du Département de Sambre-et-Meuse":

    "En 1807, on a découvert dans une ancienne carrière de pierres calcaires à Ligny, quelques bancs d'une espèce de marbre, aujourd'hui très recherché; il est dur, compact, et prend très bien le poli; il est parsemé sur un fond presque noir, d'une infinité de taches blanches qui paroissent comme autant de perles ou écailles de poissons et présentent différentes facettes qui jettent beaucoup d'éclat; il s'en fait un grand commerce dans les départements du nord de la France et avec Paris, où on en fait beaucoup de cas; il est connu sous le nom de granit de Flandres"

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14/10/2007

Le grès

Durnal carrière    Les grès sont largement exploités en Wallonie, dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, la vallée du Houyoux, du Bocq et du Samson, la vallée de l'Emblève de l'Ourthe et l'Ardenne sous le nom générique de leur lieu d'extraction. Ci-contre, vue d'une ancienne carrière de Durnal.

    Il s'agit de roches détritiques formées par des grains de sable, enrobés dans un ciment. On distingue différents types de grès en fonction de la finesse des grains et de leur teneur en argile et en quartz et en d'autres minéraux silicatés. On trouvera donc des grès schisteux, des psammites, des quartzites, l'arkose, etc...

    On les trouve en abondance dans les assises du Dévonien et du Jurassique. Ce sont des grès très fins, argileux et légèrement micacés, emsiens à ciment siliceux dans lesquels des grains de quartz sont cimentés par de la silice ou encore les grès calcaires du sinémurien.

Thy Pairelle 1929    L'exploitation des grès est liée particulièrement à la confection de tous les types de moëllons, de pierres de parement, de dalles, de marches et de concassés. Ils peuvent être également utilisés pour la décoration intérieure et notamment pour réaliser des murs, des voûtes des dallages ou des cheminées rustiques. Le grès étant très robuste, on l’a surtout exploité pour le revêtement des routes au cours des XIXe et XXe siècles, avant qu’on ne lui préfère le recouvrement en asphalte. On remarque, à l'avant-plan de la carte postale ci-contre la route couverte de gros pavés de grès.

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13/10/2007

Les marbres noirs

Noir demi fin    Les marbres noirs belges figurent parmi les plus beaux et les plus purs d'Europe. Ils sont très prisés pour la facilité avec laquelle ils se laissent travailler, pour la finesse de leur grain qui permet de recevoir le plus beau poli et pour l'uniformité de la couleur qui est d'un noir parfait. L'échantillon ci-contre est un noir demi-fin et présente quelques imperfections.

    La pierre se présente souvent en bancs de faible épaisseur, d'allure régulière et parfaitement stratifiés. Son exploitation s'effectue à ciel ouvert ou souterrainement au moyen de puits ou de plans inclinés.

    En Belgique, ces marbres sont ou ont été exploités au nord de Namur, à Golzinne et à Mazy et plus au sud, à Dinant et à Denée et ont servi à la réalisation de sculptures et d'articles de luxe.

    Les produits des bancs les plus minces sont utilisés comme dalles et portaient jadis l'appellation de "carreaux de Dinant". Les bancs au grain plus gros fournissaient des carreaux de qualité inférieure et portaient l'appellation de "carreaux de paysans".

    Au XVIIIe siècle, les carreaux en marbre noir de Denée étaient sciés à Thon-Samson où, associés avec des carreaux gris en provenance des carrières de la localité, ils constituaient les carrelages près prisés des églises.

    On peut encore rencontrer d'autres marbres noirs à Basècle et ses environs, à Theux, dans la région de Liège, dans les carrières de Grand Malades et d'Herbatte, près de Namur.

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12/10/2007

Le marbre "Florence"

 

marbre Florence    Le marbre Florence est un marbre de teinte grise, avec un mélange de gris jaunâtre, d'âge frasnien. Il est essentiellement constitué de stomatopores.

    Ce marbre se présente en un banc intercalé de 50 centimètres d'épaisseur. Il a été exploité dans la région de Namur, à Mettet, Biesme, Profondeville, Tailfer-Lustin et Evrehailles-Bauche.

    Egalement très estimé en marbrerie, on le retrouvait souvent dans la confection des cheminées.

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11/10/2007

Le marbre "Bleu Belge"

marbre bleu belge 2    Le Bleu Belge date du viséen supérieur. Il s'agit d'un marbre noir, légèrement bleuâtre, veiné de larges bandes de calcite qui se croisent en tous sens. Il présente le défaut de contenir des "clous", petites particules siliceuses très dures.

    Il se présente en bancs nettement stratifiés, dont l'épaisseur varie de 30 à 80 centimètres. Il était principalement exploité à Bioul, Falaën et Haut-le-Wastia, ainsi qu'à Bouffioulx.

    Il existe également un banc de pierre auquel on attribua le même nom à Burnot-Profondeville à cause de la ressemblance qu'il présente.

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10/10/2007

Les marbres rouges

    Les marbres rouges sont principalement localisés dans l'Entre-Sambre-et-Meuse et dans la région de Rochefort. Leur production annuelle atteignait, avant 1930 quelque 20.000 m³ et représentait les trois-quart de la consommation des marbres rouges d' l'Europe.

    Ils appartiennent à l'étage frasnien et sont principalement constitués de coraux et de fossiles réunis par une pâte calcareuse rouge. Contrairement au marbre noir ou au petit granit, les gisements de marbres rouges ne sont pas formés de bancs, mais se présentent sous forme de masses ou en récifs.

Carrières marbre rouge    Le marbre extrait de ces amas offre, après polissage, un bel aspect décoratif: un réseau de veines et de taches blanches ou grises se détachent sur le fond rouge. Comme les divers amas n'ont pas été imprégnés avec la même quantité de matière ferrugineuse, il se présente une gamme très étendue de marbres rouges. la totalité peut varier du gris clair au rouge brun, en passant par le rose ou le rouge vif. On peut encore rencontrer des nuances bleutées, des taches noires et des veines de couleur blanche ou grise. Le dessin, quant à lui, il peut être, entre autre, veiné, fleuri, flammé ou tigré.

    Pour ce qui concerne les régions étudiées ici, on notera la "Griotte Saint-Hubert" et le "Saint-Martin" à Humain, près de Rochefort; le "Rotal Saint-Remy" à Rochefort, ...

    Dans ces marbres rouges sont inclus des marbres bleus qui étaient très recherchés autrefois. Il s'agit en fait des griottes du niveau inférieur qui se sont chargées de restes organiques gris et blancs et qui du fait de cet apport considérable, le rouge de la pâte a fini par disparaître. on peut notamment citer le "Bleu de Saint-Remy" pour  Rochefort.

    Les noms attribués aux différentes teintes des marbres a évolué avec le temps et les endroits. En 1770, on parlait à Bruges de "St-Remy Bleu" et de "St-Remy Rouge", du "Merlemont"  imitant le "St-Remy Rouge",...

    Dans un rapport rendu au ministre de l'Intérieur à Paris le 4 Ventôse de l'an neuf sur les carrières du département de l'Entre-Sambre-et-Meuse, on signalait que dans le canton de Rochefort, on rencontrait six variétés de ce marbre, à savoir: le "Bleu D'iris" dit "fin", le rouge belge"Bleu Terne", le "Bleu mélangé de Blanc", le "Rouge" et le "Gros Rouge"; à la carrière de Soulme, du "Blanc" et du "Bleu Pâle", d'une couleur fort approchante des marbres de Saint-Remy.

    Ces marbres rouges étaient encore dénommés aux XVIIe et XVIIIe siècles "Marbres Jaspés" ou "Jaspes" ou plus communément appelés "Rouges Belges". En France, ils étaient encore connus sous le nom de "Rouges de Flandre(s)". Ci-contre une plaque de marbre "Rouge Belge".

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