24/11/2007

Le combat de Denée, le 15 mai 1940

467_nivernais2_01    "Le 15 mai 1940, la 3e compagnie reçoit ordre de rejoindre  Somtet, un village au sud de Mettet. Sur la N51, le NIVERNAIS II et le POITOU II neutralisent un antichar. A Ermeton, les chars sont bloqués par un ruisseau et s'engagent vers le nord pour rejoindre la route principale à Denée. Aux environs de Denée, les chars français attaquent des soldats allemands de la 8. Infanterie Division. L'artillerie allemande réagit rapidement avec plusieurs dizaines de canons dont des 88 et 105mm qui tirent presque à bout portant sur les chars français.

 

    Le NIVERNAIS II est touché à plusieurs reprises : chenille droite coupée, tourelleau arraché puis le char prend feu.

 

Chef de char : Lieutenant Maurice Perrier, blessé et fait prisonnier

Pilote : Sergent Coquart, fait prisonnier

Radio : Caporal chef Hameger, fait prisonnier

Aide pilote : Caporal Petit, fait prisonnier

2e Aide pilote : Chasseur Rebiffe, fait prisonnier

"Le char POITOU II passe devant moi. Ne voyant pas venir les chars de la 1ère section, je dis à mon pilote de se placer derrière le char du capitaine. Les autres chars arrivent en colonne. Nous traversons le village d’Ermeton-sur-Biert.

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Parvenu à la hauteur du pont du chemin de fer, la colonne s’arrête quelques instants. Le capitaine demande des renseignements à des fantassins du 77e régiment d’infanterie et nous repartons en direction de Mettet. Comme nous allions atteindre la route nationale bordée d’arbres, je vois distinctement à la lunette, sur ma droite, à deux cents mètres, une arme anti-char qui émerge d’une haie et qui est dirigée sur le char du capitaine. Je fais stopper et pointe, et, comme je vais tirer, je vois que l’arme anti-char a fait feu exactement au même instant que le 75 du char POITOU II ; le capitaine tire aussitôt après un coup de 47, ainsi que moi-même. L’arme anti-char est neutralisée.

La colonne tourne aussitôt à droite et s’engage sur la route nationale. Elle est alors prise à partie par de nombreuses pièces anti-char. Mon char reçoit des coups venant de toutes parts ; ces coups ne percent pas le blindage. J’observe avec attention dans le tourelleau. Les chars de la compagnie ont abandonné la route et engagé le combat. Mon pilote et moi repérons des objectifs nombreux, sur lesquels nous tirons l’un et l’autre sans répit.

Nous longeons, en tirant, les lisières du bois, toujours sous le feu intense des batteries ennemies. Bientôt, la compagnie se dirigeant sur Mettet parait hors de portée des armes anti-char, mais le capitaine Lehoux (qui devait trouver, quelques instants plus tard, la mort en pleine action) ne veut sans doute pas arriver au point de ralliement sans avoir anéanti les batteries ennemies déjà dépassées, car il fait demi-tour. La compagnie suit l’exemple du capitaine et se dirige à toute vitesse sur les lisières du village de Denée où la résistance allemande paraît le plus solidement organisée. Les sept chars sont alors complètement isolés et sans appui.

467_nivernais2_03    Le combat se poursuit avec le même acharnement, mais bientôt, mon pilote me signale qu’un obus a rendu le 75 inutilisable. Je continue de tirer, à la mitrailleuse et au 47. Quelques instants plus tard, j’aperçois à cinq cents ou six cents mètres une batterie de deux pièces de 77 ou 88 (une troisième se trouvait à droite en flanquement, à cent mètres des premières, et une quatrième derrière) dont les servants sont debout, et qui, vraisemblablement, prend mon char pour cible. Je tire, arrêté, un premier coup de 47, puis je décide de foncer sur la batterie à toute vitesse afin que, parvenu tout près, je ne puisse manquer mon but. Mes moyens sont très limités mais je compte beaucoup sur l’effet moral produit par l’arrivée rapide du char.

Mon pilote, qui a fait preuve depuis le début de l’engagement du plus grand sang-froid et qui, comme nous tous, a une confiance illimitée dans son matériel, exécute mon ordre avec rapidité. (...) Les coups pleu­vent sur la tourelle et le blindage. Mon char atteint la route, à cent cinquante mètres de la batterie ; je fais stopper, pointe et fais feu. Que se passe-t-il alors ? Je n’ai pas vu l’obus arriver, et cependant je n’ai pas tiré long. D’ailleurs je ne vois plus l’objectif (après le combat, je me suis rendu compte qu’un obus ennemi avait cassé ma chenille gauche, déportant le char sur la gauche). Je remonte rapidement dans le tourelleau pour repérer de nouveau la batterie ; j’y suis à peine installé qu’un nouvel obus atteint de plein fouet le tourelleau, le faisant sauter.

Je suis atteint moi-même près de l’oeil gauche par un éclat ou un boulon cisaillé par le choc, et je m’écroule au fond du char, perdant mon sang en abondance. Lameger, Petit et Rebiffé s’empressent autour de moi, mais je ne perds pas connaissance. Dans l’impossibilité de continuer le combat, je dois au moins sauver mon équipage.

De nouveaux obus, tirés à moins de deux cents mètres, tombent sur le char immobilisé. Je me glisse vers la porte latérale et me laisse tomber à l’extérieur. Suivant mon exemple, mon équipage sort à son tour. L’ennemi tire maintenant sur nous à la mitrailleuse. Nous rampons dans le fossé de la route. Je quitte le fossé dans l’espoir de trouver un petit bois qui surplombe la route mais, en relevant la tête, je vois à une dizaine de mètres un soldat allemand qui, debout, me vise avec son fusil. Mon pistolet est resté dans le char. Je n’ai que le temps de baisser la tête pour parer le coup. Je redescend alors vers le fossé où je retrouve mon équipage indemne.

Le sergent Caquard panse avec dévouement ma blessure. Je suis alors dans un grand état de faiblesse. Quelques secondes après, deux Allemands, pistolet au poing, nous cernent. Il n’y a plus qu’à se rendre, la mort dans l’âme. Il est environ 18 heures. Mon char, à trente mètres de là, flambe, sans tourelleau, la chenille gauche cassée, le bouclier du 75 démoli, traversé par plusieurs obus; il est gravement mutilé. Tout près aussi, le char du capitaine, toutes portes tombées, flambe et explose.”

D’après les témoignages des officiers survivants, il faut estimer à dix ou quinze le nombre des pièces anti­char (d’un calibre de 77 à 105) qui étaient en batterie devant nous, sur un front de un à deux kilomètres. La moitié au moins a été neutralisée au cours du combat, sans compter les canons de petit calibre et les mitrailleuses.

J’ajoute qu’après le combat, le commandant allemand des batteries anti-char, s’adressant aux membres survivants des équipages de la 3e compagnie, pour la plupart blessés, s’est exprimé ainsi, en français: “Vous êtes des soldats braves, vous vous êtes battus merveilleusement"."

Cette narration de cet épisode de la seconde guerre mondiale du Lieutenant Perrier commandant le char NIVERNAIS II (NIVERNAIS II  37e BCC      3e compagnie   Lt Maurice Perri 467       Code : U       Photos : E.CP.A.  Rottgardt) provient du site internet :

http://www.info-micro.com/engins/archives/recits/le_combat_de_denee.htm,

actuellement désactivé.

                                                                                                                                          FIN.

22/11/2007

Les ressources du village de Denée

Denée color TB moulin cor    Le nom du village de Denée n'a plus changé depuis au moins le XIIIe siècle et, selon Jules Herbillon, il serait dérivé du verbe latin "donare", donner, dans sa forme conjuguée au participe passé, "donné", ce qui laisse à penser que cette terre fut donnée à une certaine époque, peut-être à l'église de Liège.

    Dans la foulée, on apprendra que le nom de Maredret proviendrait du nom latin "merendricum" qui signifie "le lieu près de la rivière où le bétail de la horde communale prenait son repas du soir". De la même manière, Maredous serait un diminutif qui désignerait le "petit Marederet".

    Il y a peu de temps, dix fermes étaient encore en activité, je ne peux certifier qu’elles le sont encore toutes. L'architecture des plus anciennes correspond au type condrusien, caractérisé par la masse imposante des bâtiments formant un quadrilatère.

    Le village de Denée n'est pas seulement à caractère agricole: bien que en déclin, on peut encore rencontrer des sites d'exploitation de pierre bleue, appelée "petit granit" et de pierre noire, dénommée le "noir de Denée". Autrefois, on exploitait encore le célèbre marbre noir de Denée. Son exploitation vécut son apogée vers 1870 pour connaître ensuite sa période de déclin après la première guerre mondiale, jusqu'à son extinction entre 1926 et 1934.

      Dans des temps plus anciens encore, on y exploitait des minières de fer, pour lesquelles ont trouve des traces dans des écrits datant de 1441 et 1462, par lesquels on sait que les moines de l'abbaye de St-Gérard percevaient des "droits de terrage". Au point de confluence du ruisseau de Denée avec la rivière Molignée, on trouvait un fourneau et un "maka". Près du château, le seigneur de Denée possédait également une forge. A notre époque, il ne subsiste plus rien de cette industrie du fer. Sur une carte présentant un projet de construction de la ligne du Grand Central devant relier les sites industriels de l'Entre-Sambre-et-Meuse au réseau ferré de l'Etat, on constate que l’Ingénieur Magis renseigne pour Denée la présence de :

  • carrières de pierres de taille;
  • carrières de marbres calcaires;
  • mines de fer.

    On peut par contre encore distinguer les nombreux sites industriels disséminés sur toute la région et notamment le long des rivières et plus particulièrement du ru de Biesmerée et de la Molignée.

                                                                                                                                       (à suivre...)

21/11/2007

Le village de Denée, un peu d'histoire...

    A l'époque gallo-romaine, des domaines agricoles vinrent s'implanter dans la vallée de la Molignée, sur des terres déjà défrichées et très fertiles.

Maharenne ferme    Il est probable qu'entre le Xe et le XIe siècle, la terre de Denée était un alleu, propriété d'un homme libre qui le détenait par héritage de ses ancêtres. C'est ainsi que Baudouin le Pottier, portant le titre de chevalier en était propriétaire, d'après une charte datée de 1229. En 1372, un certain Renier est cité comme seigneur de Denée. Un des descendant de cette lignée épousa en 1762 Guillaume Joseph de Corswaren, comte de Looz.

maredsous moulin    Au Moyen-Âge, le village de Denée ainsi que Furnaux et Mettet, ses voisins, constituaient une enclave dépendant de la Principauté de Liège, en plein coeur du comté de Namur. Entre 1087 et 1372, la terre de Denée relevait de la Cour féodale de Morialmé. Elle en demeura le fief jusqu'en 1795, puis sous la période française, le village sera intégré avec les hameaux de Maredsous et de Maharenne au département de Sambre-et-Meuse.

    Le château-ferme fut construit dans la seconde moitié du XVIe siècle. Les habitants disposaient d'un moulin banal et les terres de la communauté avaient une superficie de 39 bonniers.

                                                                                                                                      (à suivre...)

04/10/2007

La Meuse

Yvoir 2004 rive de Meuse & voiture    D'une longueur d'environ 900 kilomètres, la Meuse prend sa source à Pouilly en Bassigny, sur le plateau de Langres en France, à une altitude de 409 mètres. Elle traverse alors la France sur une distance de 490 kilomètres, la Belgique sur 170 kilomètres et les Pays-Bas sur 290 kilomètres pour se déverser dans le Haringvliet, via le Hollands Diep. La Meuse forme la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas durant 45 kilomètres.

    On compte parmi ses principaux affluents, sur le territoire

  • français: la Chiers, la Semois et le Viroin;
  • belge: la Lesse, la Sambre et l'Ourthe;
  • des Pays-Bas: le Geer, la Gueule, la Roer, le Niers, la Dieze et la Donge.

    La Meuse constitue une importante réserve d'eau potable pour quelque six millions d'habitants et à usage industriel pour les usines qui bordent son sillage.

carte cours de Meuse    Importante voie de navigation, elle relie les villes portuaires de l'intérieur des terres, depuis la France, aux ports de mer de Rotterdam et d'Anvers. Pour la portion qui nous intéresse, la Meuse traverse les roches dures du plateau ardennais, ce qui engendre un cours d'eau étroit à forte dénivellation de 0,23 pour mille. Son cours moyen est pourvu de barrages, complètement canalisé et donc navigable.

     Le fleuve est principalement alimenté par les précipitations du bassin de la Meuse qui rejoignent assez rapidement le cours d'eau, ce qui entraîne d'importants débits de crue, généralement en hiver et au printemps, qui peuvent s'étendre de plusieurs jours à plusieurs semaines. Par contre, pendant les périodes de sécheresse, le débit se restreint fortement de par  le déficit de stockage de l'eau de pluie dans le sol du cours moyen.

Yvoir Meuse bateau villas de Fidevoie 8     C'est pour cette raison que, jusqu'en 1850, la Meuse n'était navigable que de 8 à 10 mois par an sur un chenal creusé naturellement au milieu du fleuve.  Afin de remédier à cet inconvénient,  la portion de Meuse comprise entre la frontière française et Namur, est divisée en neuf biefs permettant la retenue des crues et la navigation de bateaux, au départ de 1350 tonnes, et après modernisation des barrages-écluses de la haute-Meuse de ceux de 2000 tonnes.

Yvoir Meuse vue des rochers de Champalle 1    Alors que la rive gauche est bordée d'un perré presque continu, la rive droite a gardé un aspect beaucoup plus naturel où berges naturelles et enrochements permettent le développement de la végétation rivulaire. Sur cette rive droite, on ne rencontre des perrés pratiquement qu'en bordure des agglomérations.

    Un prélèvement d'eau de 3m³/seconde a lieu au niveau de Tailfer pour la production d'eau potable destinée à la population non seulement bruxelloise, mais également wallonne et flamande. D'autres prélèvements ont encore lieu tout au long de son cours pour alimenter en eau potable d'autres villes et maintenir à niveau canaux et autres cours d'eau.

Yvoir Meuse attelage Fidevoie 5    De nombreux sites remarquables pour leur intérêt écologique sont classés en réserves naturelles. La population piscicole de cette partie du fleuve reste constante grâce à l'absence d'agglomérations importantes et d'industries lourdes.

    Les richesses architecturales qui bordent le fleuve sont un régal pour les yeux, parmi lesquelles on compte de vieilles forteresses en ruines ou restaurées, des abbayes, des demeures seigneuriales entourées de jardins, villages coquets, ...

                                                                                                                                        .

03/10/2007

La Sambre (2e partie)

Sambre Charleroi    Sur le territoire belge, le cours de la Sambre fut canalisé sous le régime hollandais, depuis la frontière française jusqu'à Namur. La concession d'amélioration du parcours et de construction des 22 écluses et barrages qui la jalonnaient date de 1825 (les derniers travaux datent de 1829). La navigation fut concédée à une société qui perçut un péage de 12 centimes par tonneau et par lieue parcourue. Il s'agissait de la Société Rémy De Puydt, Lebon & Cie, qui était également concessionnaire des travaux. Dix ans plus tard, par la loi du 26 septembre 1835, le Gouvernement belge programma le rachat de la concession contre paiement de la somme de 13.071.311,74 francs et fit baisser le droit de péage de 12 à 9 centimes. L'Etat repris les droits de la société concessionnaire au 31 décembre 1847 et supprima le péage sur la Sambre.

    Afin de pouvoir maintenir la navigation sur la Sambre durant les travaux de canalisation, on ne procéda à l'approfondissement que d'une partie du lit de la rivière

Charleroi Sambre et bassin nat 1908    L'Etat entreprit d'améliorer le cours de la Sambre et consacrait à cet effet un budget annuel de 50.000 francs. Suite à la crue de 1850 qui avait emporté cinq ouvrages d'art de la ligne Braine-le-Comte à Namur, le Gouvernement décida, par la loi du 21 décembre 1851 d'octroyer une somme de 650.000 francs pour intensifier les travaux. Les travaux incomplets pratiqués sous le régime hollandais entravaient l'écoulement rapide au cours de chaque inondation et la profondeur de 1,80 mètres, nécessaire à la navigation ne parvenait pas à se maintenir.

Tamines écluse de Grogneau    De 1854 à 1860, des travaux d'amélioration furent entrepris, pour la province de Namur, aux déversoirs de Grogneaux, Auvelais, Mornimont, Floriffoux, Beauce et Namur. De 1860 jusqu'en 1914, on apporta encore des perfectionnements avec notamment la reconstruction de certains ponts. Des dépenses extraordinaires de l'ordre de neuf millions de francs furent nécessaires, entre 1921 et 1927, pour réparer les dommages causés par la première guerre mondiale.

    On envisagea alors l'aménagement de la Sambre pour admettre la navigation de bateaux de 600 tonnes. C'est la Commission nationale des Grands Travaux, instituée par l'A.R. du 1er mars 1927, qui fut chargée du projet.

Sambre Namur color    Tout au long du XXe siècle, on poursuivit les travaux d'approfondissement et d'élargissement de la rivière de manière à faciliter l'écoulement des eaux de crue, puis la loi du 23 juillet 1959 imposa la mise de la rivière au gabarit de 1350 tonnes. Les vieilles écluses de 1825 furent démontées et remplacées par des écluses de plus grande capacité, voire purement et simplement supprimées telle celle du Pont-à-Biesmes, à Auvelais, démontée en 1955.

                                                                                                                                           FIN.

02/10/2007

La Sambre (1ère partie)

Sambre à Landrecies     La Sambre prend sa source en France, près du Nouvion, sur le plateau de Thiérache. En France, elle est canalisée à partir de Landrecies, comme on peut le constater sur la première carte postale ci-contre; la seconde présente la Sambre à Boussois. Son nom apparaît en 840 sous la forme de "Samera" et proviendrait du celte, dont le préfixe "Sam" signifierait tranquille et le suffixe "Ara", eau courante. Il est vrai que le cours de cette rivière est relativement calme et décrivait, à l'origine, d'amples méandres au coeur de vallées sinueuses et profondes. En saison sèche, on pouvait la passer à gué en certains endroits. R. de Puydt notait, en 1834, que la Sambre, avant sa canalisation, ne disposait que de 40 à 60 centimètres d'eau en période normale.

Tamines écluse dite de Moignelée    Très tôt, des écluses primitives et barrages furent installés sur le cours de la rivière, comme celle implantée à la limite entre les communes de Tamines et de Moignelée, communément appelée "écluse de Moignelée (illustration ci-contre) ou de Grogneau, à la limite des communes de Tamines et d'Auvelais qui date du XIIIe siècle. En 1296, cette écluse disposait de deux portes et était située à proximité Tamines moulin de grogneauxd'un moulin. Au XVe siècle, il dut être reconstruit; son entretien incombait à l'abbaye de Floreffe. On connaît peu de chose des premiers bateaux qui sillonnèrent la Sambre au cours du moyen-âge. Au XVIIIe siècle, descendre la rivière de Charleroi jusqu'au point de confluence de Namur prenait deux jours de navigation, sans assistance de moyens de traction. Par contre, on comptait trois jours pour effectuer le parcours en sens inverse et il fallait en outre un attelage de cinq à six chevaux pour Lobbes pt de Sambreprocéder au halage du bateau. Un chemin de halage longeait la rive droite de la Sambre de Namur jusqu'à Couillet. Les bateaux qui parcouraient la rivière à cette époque étaient appelées "Sambroises" ou "Sambresses" et comptaient une capacité de 40 à 50 tonneaux. On en connaît les dimensions par le "Livre des comptes" de la famille Cuissart. Le 17 juillet 1759, Jean-Remy Cuissart et Lambert Danly, maîtres-pontonniers à Thuin, livraient à Gilles Lespagne, de Namur, un bateau fabriqué sur leurs "jantiers". Cette Sambroise mesurait "74 pieds de long, 8 et Sambre Namur colordemi de large et 3 et demi de hauteur, en dedans". Chaque bateau portait un nom; en 1831, l'ingénieur qui était chargé de la vérification des travaux de canalisation de la Sambre avait pris note du nom et du tonnage de ceux qu'il avait rencontré: Le Rat, 47 t.; L'Amitié, 38 t.; Le Petit, 44t.; Le Chat, 47 t., ... A la même période circulaient sur la Meuse, déjà canalisée, des bateaux de 100 à 130 t.. C'est ainsi que cet ingénieur repéra sur la Sambre déjà canalisée la présence de La Néda, 127 t..

                                                                                                                                            (à suivre...)

01/10/2007

La Molignée

Sosoye vanne du grand pré    D'une grande beauté naturelle, la Molignée, longue de 23 kilomètres prend sa source dans le petit village de Stave dans l'entité de Mettet. Petit affluent de la rive gauche de la Meuse dans laquelle elle se jette à Anhée, elle trace son chemin dans les calcaires du Condroz. Sur ses versants alternent bois, prairies et vergers.

    Très encaissée, la vallée de la Molignée, les courtes perspectives qu'elle offre à la vue accentuent les différences de saisons. Elle invite à la ballade, à celle qui vous amènera à la magnifique pelouse calcaire de Sosoye, au lieu-dit Ranzinelle, réserve domaniale où poussent des plantes rares et des prunelliers à petites baies dont nos grand-mères confectionnaient des liqueurs aux vertus "médicinales".

Montaigle ruines par Davair    D'autres promenades, à pied ou en VTT, vous conduiront à la ferme carrée de Maharenne, datée du XIIIe siècle, aux ruines du château de Montaigle, au bois de Serinveau, au tilleul multiséculaire de Bioul...

    Différents ouvrages hydrauliques se succèdent sur la Molignée : {1} le moulin Bauchau en briques orphelines de leur minoterie, où s'est installé le syndicat d'initiative d'Anhée, les ruines du moulin à papier situé au lieu-dit du Varoy, le moulin Floye à Haut-Le-Wastia, qui s'est tu à jamais, le moulin de Montaigle transformé en gîtes ruraux pour amateurs de fantômes et de légendes, le moulin de Maredret, producteur d'électricité pour les occupants des gîtes construits sur le site par Hubert de Dorlodot. la route des moulins vous procurera une joie insigne en remontant les courants.

Maredsous abbaye et pont chf    C'est au coeur de cette vallée que se nichent encore les abbayes de Maredret et de Maredsous ainsi que le château-ferme de Falaën. Les ruines du fier château de Montaigle, perchées sur une arête de calcaire, veillent toujours sur un méandre particulièrement vaste de la rivière.

    Les draisines de la Molignée à Falaën vous feront parcourir un tronçon de l'ancienne voie de chemin de fer et mettront à vos pieds des décors inoubliables. Les anciennes usines de Warnant, vaste ensemble industriel installé sur le site d'une ancienne abbaye cistercienne, attendent encore le visiteur.

    Au plaisir des yeux, on peut encore allier le plaisir du palais car, à côté des produits classiques tels que la bière et le fromage de Maredsous, on peut également s'arrêter pour déguster les fameuses truites de la Molignée et les farios élevés dans la pisciculture d'Ermeton-sur-Biert, le cresson, les escargots de Warnant, "Li Crochon", la boulette de Chertin à Falaën, le Sommière, le Molignard et encore bien d'autres succulents mets... 


{1} On pourra trouver des informations sur les moulins de Wallonie dans la brochure intitulée "Treize ouvrages hydrauliques restaurés ou mis en valeur", ainsi que dans le livre produit par l'association Qualité Village, signé Nathalie de Harlez, paru aux Editions du Perron et que l'on peut acquérir pour moins de € 25,00.

                                                                                                                                       Bonne promenade...