07/11/2007

Les moines de Maredsous et l'enseignement

1° Le collège St-Benoît.

Maredsous ecole    Fondée en 1881 par le Père Gérard van Caloen, l’école abbatiale proposa, au départ, un centre d’enseignement traditionnel : un collège d’humanités gréco-latines, à laquelle on ajouta un internat. Le collège accueille actuellement quelque 300 élèves. Depuis l’année 1996, il est mixte, en externat, dans un premier temps. Les moines estiment que leur école doit combiner une formation à la fois humaniste et scientifique.

2° L’école des Métiers d’Art St-Joseph.

Maredsous abbaye 026 éc métiers art

    Le bâtiment rappelle le style des manoirs anglais des XVe - XVIe siècles.

    En 1903 fut créée l’école des Métiers d’Art, dont les bâtiments se situent à 200 mètres à droite de l’abbaye.

    Fin 1890, Dom Hildebrand, second abbé, soumet à la communauté son vœu de faire construire à Maredsous un établissement d’enseignement dans lequel des enfants défavorisés pourraient être initiés à la menuiserie, plomberie, cordonnerie, … ; le but caché étant de susciter l’éveil de nombreuses vocations religieuses.

    Le Père Pascal Rox fit évoluer le projet initial de son abbé vers l’établissement d’une école d’art à l’instar des abbayes du Moyen-âge qui formaient des jeunes à l’orfèvrerie sacrée, à l’émaillerie religieuse, à la reliure des manuscrits liturgiques, à la sculpture, à l’ébénisterie et à la confection des ornements destinés au culte. C’est en 1903 que le Père Pascal Rox devint directeur de l’école St-Joseph et donna son impulsion à l’établissement.

De 1903 à 1914.

maredsous accueil    L’école s’ouvre avec 9 élèves inscrits et ne comporte encore que le bâtiment central actuel. Dom Hildebrand, d’origine anglaise, la voulut dans le style des manoirs anglais des XVe – XVIe siècles. Deux ailes latérales vinrent s’ajouter au bâtiment principal en 1908, suivant les plans du Père Sébastien Braun. Ces deux annexes abriteront les ateliers de modelage et de dessin. Le but recherché était de former de bons artisans dotés d’une bonne culture générale destinés à exécuter les projets d’œuvres d’art fournis par des artistes. Des réalisations remarquables ont été réalisées à cette époque, non seulement pour l’abbaye, mais encore pour des clients extérieurs. La guerre de 14 mettra un terme à cette belle expansion.

De 1919 à 1939.

Maredsous abbaye 021 bibliothèque    Suite aux restrictions dues à la guerre, l’école ne peut rouvrir immédiatement ses portes, faute d’argent, celle-ci étant entièrement subsidiée par l’abbaye. On songea même à la supprimer complètement. L’école est placée sous la direction du Père Laurent Matthieu.

    En 1919, Dom Célestin Golenvaux, qui était à même de donner des cours d’orfèvrerie, proposa alors une solution alternative et d’attente : Il s’agissait d’engager d’anciens élèves qui avaient été formés à l’école et de réaliser des commandes pour des clients extérieurs. Les travaux de broderie et de reliure se sont plus poursuivis ; ne seront conservés que l’orfèvrerie, l’émaillerie, l’ébénisterie et la sculpture des pièces de bois.

    C’est la période de reconstruction des lieux de culte dévastés par la guerre, notamment en Flandre et en Hainaut, ainsi que l’époque de la construction de nouvelles églises en Campine où se développe l’industrie charbonnière et l’implantation de nouvelles cités ouvrières. Aussi, « les commandes affluent et stimulent l’esprit de créativité du personnel d’encadrement de l’Ecole où règne, depuis son atelier de dessin, le Père Sébastien Braun ».

    A la même époque, le Père Remacle Rome lance sur le marché des produits de lutherie tels que violons, violoncelles notamment appréciés par Eugène Ysaïe. Ce fut un fiasco du point de vue commercial et la production dû être interrompue.

    La renommée de leur savoir-faire s’étend de plus en plus et leur participation à différentes expositions et toujours très remarquée.

De 1939 à 1964.

Maredsous StJoseph2    Le Père Ambroise Watelet prend la direction de l’école en 1939 et, avec le Père Anselme Gendebien, directeur chargé de la formation générale des élèves de l’époque, ils vont insuffler une orientation nouvelle à l’Ecole. Le but initial recherché par les moines, qui était de ne former que des artisans, va s’orienter vers la formation d’artistes. De cette Ecole de Métiers d’Art sortiront des Flix Roulin, Jean Williame, Emile Souply , …

    1951 vit s’ouvrir une nouvelle section : la céramique, dirigée par le professeur Owczarek, de Paris. La réputation de l’école dépasse les frontières et nombre de réalisations présentées dans les expositions recueillent de Grands Prix.

    Le Père Grégoire Watelet prend la succession à la tête de l’Ecole en 1958 et l’ouvre à des échanges internationaux, notamment avec la Suisse.

    1964 verra la fin de l’Ecole des Métiers d’Art de par sa fusion avec l’Ecole artisanale de Namur. Cette fusion verra la création de l’Institut des Arts et Techniques Artisanales (I.A.T.A.).

    De toutes les disciplines enseignées à Maredsous, il ne reste plus, actuellement, que la céramique sous l’impulsion d’Antonio Lampecco, maître-potier de renommée internationale.

La reconversion des locaux.

Maredsous fossiles    Une première partie des locaux libérés abriteront, à partir de 1973, les collections scientifiques rassemblées par le Père Grégoire Fournier afin de les mettre en valeur et d’en faire profiter le public au cours d’expositions temporaires organisées par l’A.S.B.L. « Centre Grégoire Fournier »

    Une autre partie des locaux désertés seront occupés, dans un premier temps, à partir de 1984 par le « Centre informatique Biblique », qui sera transféré, un peu plus tard, à « Emmaüs », en face de l’Ecole.

    En 1996, les locaux de l’ancienne école remplacent ceux de la « Clairière » et du « Foyer ».

                                                                                                                                         (à suivre...)

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05/11/2007

Maredsous et la règle de St-Benoît

Maredsous st benoit    Au VIe siècle de notre ère, St-Benoît de Murcie qui a établi une communauté au Mont Cassin en Italie, écrit une « Règle » applicable pour les moines chrétiens. Il s’agit, en quelque sorte, d’un ensemble de conseils destinés à régler l’organisation matérielle du monastère et à diriger l’animation spirituelle de la communauté monastique. Calquée sur les principes de l’évangile cette règle propose aux moines qui ont opté pour ce mode de vie, une ligne de conduite à suivre tout au long de leur vie.

    Les bénédictins ne sont pas les seuls à suivre cette Règle. Cisterciens et Trappistes ont également adoptés la règle de St-Benoît. La vie du moine se partage donc entre prière et travail manuel.

Maredsous cour école    Pour ce qui concerne la communauté de Maredsous, bien intégrée dans la société contemporaine, elle a organisé son économie en fonction des exigences du sacré et des besoins de la communauté. Centre d’enseignement, elle est aussi un centre d’artisanat d’art et d’édition.

    Comme la tradition bénédictine le souhaite, l'abbaye doit également être un foyer culturel. Elle réalisa cet objectif déjà en 1882 en éditant le premier missel latin-français, puis en publiant à partir de 1884 la Revue bénédictine et en traduisant en 1950 la Bible en français.

Maredsous abbaye 009 SE & cheval    Au sein de la communauté, chacun vaque à sa tâche : certains sont enseignants ou éducateurs au Collège St-Benoît. D’autres travaillent à la bibliothèque, dans divers secteurs de la recherche scientifique, au Centre Informatique et Bible ou s’occupent du service d’administration et de fonctionnement de l’abbaye. D’autres encore, collaborent aux ateliers d’art ou à la fromagerie ; certains s’occupent de l’accueil des clients à l’hôtellerie « Au Monastère », au camp permanent, au service Accueil et Conseil, au Centre d’Accueil Saint-Joseph. Quelques-uns, enfin, occupent des postes à l’extérieur, dans la pastorale ou dans l’enseignement.

    Les moines de Maredsous mettent donc en pratique, depuis la fondation de l'abbaye, la règle principale de leur ordre: "Ora et Labora". Ils mènent de front, journellement activités spirituelles et matérielles.

Maredsous abbaye ferme    Pour faire face au gouffre financier que représente l’entretien des bâtiments et les nombreuses œuvres dont l’abbaye s’occupe, les moines tirent un complément de revenu de la commercialisation sous le nom de Maredsous de la bière, du fromage et du pain de l’abbaye. De plus, les différentes activités de l'abbaye offrent une centaine de postes à des laïcs de la région, employés à tous les niveaux de cette PME.

    Au cours des années, l’abbaye de Maredsous procéda à de nouvelles fondations : l’abbaye bénédictine du Mont César à Leuven, Glenstal en Irlande, Gihindamuyaga au Rwanda, Quévy dans le Hainaut.

                                                                                                                                         (à suivre...)

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04/11/2007

L'abbaye de Maredsous, les premiers moines

    Dès le début des travaux en 1872, Dom Hildebrand accompagné de huit  moines de Beuron, parmi lesquels le prieur dom Placide Wolter, vinrent s’installer à Maredsous au château Desclée.

    En 1876, l’aile sud du monastère étant terminée, ils purent s’y installer. Dom Gérard de Caloen devint leur nouveau prieur et le réfectoire actuel leur servit temporairement d’église.

    En 1878, l’abbaye de Maredsous reçut son autonomie et le premier prieur, dom Placide Wolter devint le premier abbé.

marmionagif    Hildebrand de Hemptinne, décédé en 1913 fut élu, en 1890, second abbé de Maredsous (premier abbé belge). Il était Premier Primat de la Confédération bénédictine. Il fut l’architecte de l’abbaye de Maredret et de celle de Saint-Anse    lme à Rome.

Dom Columba Marmion, né à Dublin en 1858, décédé en 1923 et de nationalité irlandaise, devint moine de Maredsous en 1888. Il sera le troisième abbé de Maredsous de septembre 1909 à sa mort le 30/01/1923.Il est connu pour ses ouvrages spirituels traduits dans de nombreuses langues. Son procès de canonisation a été introduit à Rome. Il a été béatifié le 03/09/2000 par le Pape Jean-Paul II.

Célestin Golenvaux (1923-1950) fut, pour sa part un administrateur perspicace.

Olivier du Roy (1969-1972) procéda à une réforme audacieuse.

Dom Nicolas Dayez, septième abbé de Maredsous, dirige la communauté depuis une trentaine d'années.

 

Quelques noms de moines célèbres peuvent être rappelés:

Anselme Deprez (+1928) qui fut un grand organiste et un compositeur de chants

     sacrés en français.

Grégoire Fournier (+1931), moine de Maredsous qui a constitué un musée d’histoire naturelle d’une très grande richesse. Ce musée est installé dans les bâtiments de l’école des Métiers d’Art, où sa conservation est assurée par une asbl qui porte le nom de Grégoire Fournier.

Usmer Berlière (+1932). Historien renommé de l’histoire bénédictine, il a été directeur de l’Institut Historique Belge à Rome.

Germain Morin (+1946). Célèbre savant dans le domaine des textes latins anciens. Il a découvert de nombreux documents anciens, parmi lesquels certains de Saint-Augustin.

Cyrille Lambot (+1968). Grand spécialiste de Saint-Augustin, dont il a, entre autres, entrepris une édition critique des sermons.

Hilaire Duesberg (+1969). Auteur de nombreux ouvrages autour de la Bible, il était membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature française.   

Georges Passelecq (+1999) décédé à un mois de son 90e anniversaire, il fut une grande figure du dialogue judéo-chrétien. Il fut également le traducteur de la première Bible en français – la Bible « de Maredsous ».

 Fils d’un grand avocat bruxellois, entré à l’abbaye de Maredsous en 1925, il se distingua durant la seconde guerre mondiale au sein des services secrets du colonel Daumerie.

Prisonnier de guerre en 1940, évadé la même année, arrêté et relâché en 1941, il fut repris en octobre 1941 par les Nazis qui le condamnèrent à quatre ans de prison. Il fut déporté au camp de Dachau où il fut libéré par les Alliés le 29 avril 1945, après quoi il repris de suite ses activités en temps que capitaine du Service de renseignements de l’armée. Cette position lui permit de retrouver les cloches de l’abbaye dans la ville de Hambourg. A son retour en Belgique, il fut encore aumônier général de la Croix-Rouge de Belgique jusqu’en 1974.

Autodidacte, outre la traduction de la Bible en 1950, il participa avec Ferdinand Poswick à sa publication sur support informatique en 1974.

                                                                                                                                  (à suivre...)

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28/10/2007

L'abbaye de Maredous, un peu d'histoire

Son origine.

Maredsous tableau projet       Les moines de l’abbaye bénédictine de Beuron, fondée en 1863 par Catherine de Hohenzollern et implantée dans le sud de l’Allemagne, en Prusse, ressentent de plus en plus péniblement l’influence anti-catholique du chancelier Bismarck (kulturkampf) et s’efforcent de créer des centres de repli hors des frontières de l’empire allemand.

    Un jeune moine de cette congrégation originaire de Gand, Félix de Hemptinne, en religion Dom Hildebrand, voulait à tout prix établir un monastère bénédictin en Belgique et parvient d’en convaincre son abbé.

Ci-dessus, un tableau du projet d'abbaye.

Abbaye panorama    En cette fin du XIXe siècle, notre région connaît un vaste mouvement de renaissance catholique et les Desclée, famille de riches industriels tournaisiens envisagent d’implanter un couvent sur les terres qu’ils détiennent à Denée. Leur régisseur, Victor Mousty, ami de Dom Hildebrand, organise leur rencontre. Henri-Philippe Desclée et ses deux fils, Henri et Jules, se déclarent prêt à céder des terrains à Maredsous afin d’y ériger une nouvelle abbaye.

    C’est ainsi que le 15/10/1872 est scellée l’association entre des laïques et des religieux, entre la famille Desclée et l’abbaye de Beuron.

 

Sa construction.

Maredsous abbaye 003 NE color 1904    Les plans furent élaborés par le baron Jean-Baptiste Béthune, fondateur des Ecoles Saint-Luc. L’architecte choisit le style néo-gothique qui rappelle les bâtiments grandioses des anciennes abbayes de Villers-la-Ville et d’Aulne. L’abbatiale et le cloître furent terminés en 1888. Les travaux dureront vingt ans.

    L’ensemble est réalisé en pierre calcaire du pays. La teinte grise, légèrement bleutée de ces pierres lui confère un aspect simple, sobre et austère. La basilique d’une longueur de 76 mètres et large de 28 mètres est surmontée de deux tours de 54 mètres de haut. La nef comportant huit travées est éclairée par des vitraux créés, pour la plupart, par le maître-verrier Colpart.

Maredsous école métiers d'art    Par la suite différents bâtiments y furent adjoints : l’école abbatiale en 1881 ; l’école des Métiers d’Art en 1903, dont les bâtiments sont regroupés à quelque 200 mètres à droite de l’abbaye et qui renferment actuellement le Centre Grégoire Fournier et le siège du Centre Informatique et Bible ; une nouvelle bibliothèque en 1947 (dessinée par l’architecte J.Schumacker), située derrière les bâtiments principaux et un centre d’accueil, appelé la « Clairière » en 1948.

    La chapelle St-Benoît, but de promenade de nombreux pèlerins, est située au pied de la tour de droite.

 

La basilique.

    L’église abbatiale, qui a rang de basilique, domine la vallée de la Molignée, juchée au sommet de la colline. Des transformations furent apportés à l’édifice entre 1956 et 1957.

 

« En élévation deux étages : grandes arcades surmontées d’un mur blanc, fenêtres hautes en tiers point. En façade, l’éclairage est assuré par trois fines lancettes. A l’extrémité du choeur et des deux bras du transept, trois autres lancettes, mais surmontées d’une rose. La voûte en bois imite le ciel d’un bleu nuit profond piqueté d’étoiles d’or. Au-dessus du choeur, elle est agrémentée d’anges en buste d’un dessin ravissant. Les vitraux donnent la touche de couleur. Certains illustrent les grands mystères chrétiens : la Pentecôte, l’Eucharistie, la Vierge, les Ordres Religieux.

Dans les chapelles latérales, ona représenté les saints patrons des donateurs : Desclée, de Mérode, de Montpellier, de Limminghe, van Caloen, de Moreau, de Hemptinne, de Brouwer, Casier, de Meester, de Kerkhove, del Marmol,… »

 

Le cimetière.

Maredsous vue d'avion    Le cimetière, implanté tout le long du chevet de l’église, domine la vallée de la Molignée. Il renferme une centaine de tombes surmontées d’une simple croix de chêne reprenant les noms et les dates de décès des moines défunts.

    Les caveaux des Pères abbés de Maredsous et des membres de la famille Desclée, fondatrice de l’abbaye, sont abrités dans la crypte de la chapelle romane.

                                                                                                                                         (à suivre...)

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27/10/2007

Pâté au fromage d'abbaye de Maredsous

Maredsous recette photo patéIngrédients:
  • 750 gr. de haché porc et veau
  • 3 oeufs
  • 1 échalotte
  • 150 gr. de champignons
  • 250 gr. de fromage d'abbaye ou de Raclette de Maredsous
  • du persil haché
  • 16 baies de genévrier
  • sel, poivre et muscade.

Préparation:

  • Préchauffer le four à 190°
  • Dans un grand saladier, mélanger le haché, le sel, le poivre et la muscade.
  • Emincer les champignons et les insérer au mélange;
  • Bien enlever ou gratter, selon le goût, la croûte du fromage. Raper le fromage d'abbaye et mélanger avec le haché.
  • Dans une terrine, déposer la préparation en tassant à la main (jusqu'à 1 cm du bord). Garnir avec des baies de genévrier.
  • Enfourner et laisser cuire pendant 45 minutes. Terminer par 5 minutes supplémentaires de grill, afin de donner une belle couleur à la croûte.
  • Préparer une planchette de dimensions légèrement plus petites que le pourtour intérieur de la terrine et recouvrir cette planchette d'une feuille d'aluminium.
  • Sortir la terrine du four et évacuer l'excès de jus. Presser le pâté en posant la planchette dessus et en y plaçant un poids de 2 à 3 kg par dessus.
  • Laisser tiédir ou refroidir, selon le type de service souhaité.
  • Servi tiède, il sera accompagné de croquettes de pommes de terre et de chicons braisés, ou de gratin dauphinois au fromage d'Abbaye de Maredsous.
  • Servi frais, il servira d'entrée savoureuse et très remarquée.
  • Vin conseillé: Pinot Noir.

                                                                                                                                       Bon appétit...

22/10/2007

La fabrication du fromage de Maredsous

La confection du fromage de Maredsous:

 

maredsous fromag traiteGIF

     A l’origine, le fromage de Maredsous était confectionné à partir du lait produit par les vaches de la ferme de l’abbaye. Toutes les étapes de transformations étaient effectuées sur place. Ensuite, pour faire face au succès, il fallut faire acheter du lait en provenance du Pays de Herve, et les moines firent appel à des professionnels pour produire le fromage. Seules les opérations d’affinage sont toujours effectuées dans les caves de Maredsous.

     Actuellement, la fromagerie de Maredsous s’approvisionne en caillés auprès de l’une des laiteries du groupe BEL, à Cléry, dans la Meuse française.

 

Le caillé :

 

maredsous caillé     10 litres de lait sont nécessaires pour obtenir un kilo de caillé. Le processus est accéléré par l’adjonction de présure (enzyme sécrété par l’estomac des veaux) au lait, ce qui provoque la précipitation des protéines et de la matière grasse en une masse compacte et gélatineuse: le caillé. On en extrait ensuite le lactosérum par rinçage et pressage dans des moules aux formes du fromage que l’on désire obtenir.

     Le caillé est ensuite plongé dans une solution de saumure qui va entamer le processus de formation de la croûte et permettre d’éliminer le lactosérum encore présent dans la pâte. Après cette dernière étape de transformation réalisée en usine, les pains sont acheminés vers l’abbaye pour les opérations d’affinage.

 

La spécificité des caves de l’abbaye :

 

maredsous équipe    Les caves de l’abbaye sont maintenues à une température constante de 12°C. et à un taux d’humidité de 95% afin de favoriser le développement de la flore typique du lieu. C’est cette flore qui va transformer les pains de caillé en un véritable fromage d’abbaye.

     Des échantillons de cette précieuse moisissure sont prélevés régulièrement et congelés afin de parer à une éventuelle extinction de la flore des caves ou à une contamination accidentelle. Ces échantillons permettraient de réensemencer les caves et de relancer la production.

    Le maître affineur va rechercher, en permanence, l’équilibre entre les différents composants de la flore (corynéformes, fusarium tabainum, levures, …) et  aura pour objectif d’en écarter tous les éléments nuisibles à la qualité du produit fini, en s’entourant d’un luxe de protection pour ce qui concerne l’hygiène et la qualité du fromage.

 

L’affinage :

 

maredsous affinage     La flore typique de l’abbaye de Maredsous se dépose sur les pains de fromage dès leur arrivée dans les caves. Les affineurs ont pour tâche d’aider le processus naturel en ensemençant en permanence les pains les plus jeunes avec les souches prélevées sur des fromages plus mûrs. Ce travail manuel consiste à laver, tous les deux jours, tous les fromages (en commençant par les plus vieux et en terminant par les plus jeunes), avec de la morge. {1}   Celle-ci se charge, au fur et à mesure du lavage, des micro-organismes qui se développent au niveau de la croûte. Les blocs sont ensuite retournés et déposés sur des planches de bois de sapin, afin d’en réguler l’humidité. Chaque affineur traite de cette manière, journellement, 6 tonnes de fromage. La période d’affinage s’étend sur 22 jours, après quoi les fromages sont emballés. Ils poursuivent alors leur évolution, sans aucune manipulation et renforcent leur caractère.

 

La transformation du fromage au cours de l’affinage :

 

Le développement du goût, de la texture et de la couleur du fromage. 

 

maredsous affinage 2    Les levures, travaillant à partir de la croûte, permettent de réduire l’acidité du fromage, créant les conditions optimales pour permettre le développement des corynéformes. 

    A partir du troisième jour d’affinage, sous l’action des levures, ces corynéformes débutent leur action, au niveau de la croûte également, pour gagner peu à peu l’intérieur du fromage. Ce type de bactéries contribue à trois transformations essentielles :

  • Développer le goût du fromage.
  • Donner une texture plus onctueuse et moins crayeuse à la pâte.
  • Donner un aspect orangé à la croûte (présence de pigments rouges).

La formation des trous :

    Dès le troisième jour d’affinage, sous l’action de bactéries hétérofermentaires, qui se développent à une température comprise entre 12° et 14°C., le pâte va présenter de petites poches de dioxyde de carbone. Ces bulles donneront naissance à de petits trous qui n’évolueront que peu au fil du temps.

Le contrôle de la qualité :

 

maredsous controle qual     Un laboratoire installé sur le site de la fromagerie procède à des contrôles, dès l’entrée des caillés à l’abbaye et tout au long de l’affinage. Des analyses de texture, de taux de matière grasse et de qualité microbiologique sont effectués sur des échantillons prélevés à différents stades de l’affinage.

     Un « Jury d’analyse sensorielle », composé d’un collège de huit  experts issus des membres du personnel et d’un moine de l’abbaye, est garant de la constance du goût authentique du fromage de Maredsous. Ce collège goûte le produit, non seulement à différents stades de l’affinage, mais encore lorsqu’il se trouve déjà dans les rayons de la distribution. Le jury contribue également à la dynamique de la production en donnant un avis souverain à toute évolution du fromage, notamment sous de nouveaux conditionnements.


{1}  La morge est une solution constituée à base d’eau de source puisée à 91 mètres sous le niveau des caves de l’abbaye de Maredsous. L’absence de chlore permet la prolifération des micro-organismes au niveau de la croûte des fromages.

                                                                                                                                         (à suivre...)

20/10/2007

Le fromage de Maredsous, un peu d'histoire

Maredsous fromag     Le terme moine évoque généralement, dans l’esprit du public, le mot abbaye aussitôt associé à la production de bière et de fromage, si bien que l’on pourrait croire que la vocation première de certains ordres, tels que prémontré, trappiste ou bénédictin, est la production et la commercialisation de produits alimentaires à caractère populaire. Cette association d’idées est cependant assez récente et ne date que d’un siècle et demi, pour la plupart de ces ordres cités; parfois même d’une cinquantaine d’années seulement et c’est le cas de Maredsous.

maredsous ferme     Il faut voir l’origine de ces productions plus intensives dans la nécessité, pour ces communautés, qui ont perdu la plupart de leurs biens lors de l’occupation française à la fin du XVIIIe siècle, de trouver les ressources nécessaires à leur fonctionnement, après leur rétablissement. Les productions les plus aisées à réaliser étaient, bien entendu, celles basées sur l’élevage et ses dérivés, et l’industrie brassicole. Les communautés productrices directes telles que les monastères trappistes d’Orval, Rochefort, Scourmont … ont bientôt été imitées par d’autres abbayes, même disparues, qui se bornèrent à prêter leur nom à des produits fabriqués dans l’industrie traditionnelle. Ces produits, portant le nom d’abbayes célèbres, virent leur développement s’accentuer avec l’extension du tourisme de masse, à partir de la seconde moitié du XXe siècle.

maredsous vaches     La ferme de l’abbaye de Maredsous produisant du lait en quantité abondante, il fut décidé, en 1953, de créer un fromage du type Port Salut, produit par l’abbaye d’Entrammes en Mayenne, selon des méthodes d’affinages traditionnelles. C’est en 1959, que les moines confièrent la production de leur fromage à des professionnels et que vit le jour la Société coopérative de l’abbaye. En 1982, la coopérative devint la Fromagerie-Brasserie de Maredsous S.A. (FOBRA), qui fut reprise en 1990 par le groupe BEL.

    Depuis 1953, d'autres fromages sont venus étoffer la gamme, répartis dans trois segments du marché:

Les fromages affinés:

  • en 1985 le Maredret;
  • en 1989 le Fagnard;
  • en 1993 le Maredsous Raclette.

Les fromages fondus à tartiner:

    Dans les années 60, Maredsous fut notamment la première marque à introduire en Belgique les barquettes de fromage fondu.

Les fromages frais.

                                                                                                                                         (à suivre...)