31/08/2007

La collégiale de Fosses

Fosse collégiale    La collégiale a été construite sur un emplacement où existait auparavant une villa gallo-romaine. C'est cette construction primitive que sainte Gertrude donna au moine irlandais saint Feuillen pour y fonder une abbaye. Bientôt s'élevèrent dans la vallée une église entourée de quelques maisons confectionnées en bois et torchis destinées à abriter les moines qui l'avaient suivi à "brebona". A l'époque carolingienne, celle-ci fut remplacée par un édifice de pierre, bâti suivant un plan basilical et dédié à saint Pierre. Un oratoire contenant les restes du martyr saint Feuillen était situé du côté est de l'édifice.

Fosse intérieur collégiale    La terre de Fosses devint dépendance de l'évêché de Liège au Xe siècle dans les circonstances que nous avons vu dans la partie historique. C'est sous le prince-évêque Notger, vers 974, que la collégiale fut agrandie pour atteindre ses dimensions actuelles. Il fit également accoler une tour romane de quatre niveaux et le rempart. A son niveau supérieur, cette tour en moellons de calcaire est percée de larges ouïes géminées et cintrées. Elle est surmontée d'une flèche baroque qui fut couverte d'ardoises en 1708. Le bas de la tour servit de chapelle paroissiale de 1318 à 1723.

    L'élévation des reliques de Saint Feuillen vers 1086 entraîna la construction d'une crypte située autour du choeur surélevé. Un escalier permettait d'approcher des reliques. Cet escalier donne aujourd'hui accès à la sacristie.

Fosse collégiale jubé 1907    Les pillages, incendies successifs et les bombardements occasionnèrent pas mal de transformations, puis entre 1721 et 1723, sous l'instigation du chanoine de Liège, Matthias Clerckx, également prévôt de Fosses, seigneur d'Aigremont et des Awirs, la collégiale subit une restauration en profondeur: les trois nefs et les chapelles qui les bordent furent quasiment reconstruites intégralement.

    L'église est actuellement accessible par un porche accolé au bas-côté sud de l'édifice. Celui-ci renferme un maître hôtel baroque, une clôture du choeur en marbre avec une grille qui date du XVIIIe siècle, de même que le buffet d'orgue et la balustrade du jubé. De nombreuses peintures des XVIIe et XVIIIe siècles, dont celles évoquant la vie de saint Feuillen, ornent les murs à côté de statues de bois et de pierres tombales des XVIe et XVIIe siècles.

    Un système d'horlogerie suisse avec tambour et roues dentées ainsi que relais aux quatre cadrans, surmonte la tour carrée. Cet équipement fut offert en 1930 par Madame Delmotte-Lemaître en même temps que le monument à la mémoire du roi Albert Ier et que le kiosque qui orne le centre de la place du marché.

                                                                                                                                         (à suivre...)

30/08/2007

La ville de Fosses, son histoire

Fosse remacle leloup    Le site de la ville de Fosses fut occupé dès la préhistoire, comme en témoigne la consonance celtique de certains noms de lieu. Tel que le nom de la rivière qui l'arrose, La Biesme qui vient de Bebrona, "la rivière des castors" ou celui d'un quartier, En Leiche, qui signifie "banc de pierre". A l'époque Gallo-romaine quelques villas s'implantèrent sur le site ainsi que dans les villages environnants, à Aisemont et à Le Roux. Un cimetière gallo-romain fut mis au jour au lieu-dit "Taravisée" et une partie des bâtiments, datés du IIe siècle furent retrouvés lors de campagnes de fouilles entreprises dans la localité.

    Ce n'est qu'au haut moyen-âge que le petit village prit de l'extension, lorsque Saint-Feuillen, moine et missionnaire irlandais, vint y ériger une église et quelques habitations pour loger les moines. A cette époque encore, la localité portait toujours son appellation celtique: "...atque in villa, quae ex nomine fluminis decurrentis nuncupatur Brebona...", appellation qu'elle gardera encore durant près de deux siècles.

    Il est fort probable que ce soient les moines irlandais qui érigèrent la chapelle dédiée à Sainte Brigide, abbesse de Kildare, en Irlande, dénommée en wallon Sainte Bie, le pendant féminin de Saint Patrick. Une pierre gravée d'une croix incluse dans un cercle, à la manière celtique, peut toujours être vue au chevet de la chapelle.

    Au Xe siècle, la localité de Fosses était incluse dans la Lotharingie et se trouvait, de ce fait, sous l'autorité des rois de Germanie. Louis l'Enfant offrit le monastère à sa cousine Gisèle (Kisala) qui, dans la foulée le céda en rente viagère à l'évêché de Liège. C'est de cette façon que la terre de Fosses devint liégeoise.

Fosses blason    La "Bonne ville" de Fosses acquit peu à peu de la renommée. Le monastère passa aux mains d'un chapitre de chanoines. Le prince évêque de Liège, Notger fit agrandir la collégiale au Xe siècle. L'édifice religieux et les bâtiments claustraux furent enfermés dans une enceinte. Puis, vers 1149, l'ensemble formé par l'abbaye et la "ville des bourgeois" qui s'était constituée de bourgeois et de paysans venus s'établir au pied de l'enceinte de l'abbaye, fut à son tour ceint de remparts.

NOTGER    Les rapports étaient parfois houleux entre les chanoines et le prince évêque, d'une part, et les bourgeois de la ville, d'autre part. En 1302, suite à une énième mésentente entre la ville et le chapitre, les bourgeois décidèrent d'obstruer la porte de l'enceinte de l'abbaye donnant accès à la ville. Il s'ensuivit une réaction musclée de la part de Liège qui se concrétisa par la suppression, pour la "Bonne ville", de leurs privilèges: entre autres, franchise, échevinage, jurés, ban-cloke, cimetière, sceau, fossés, étangs, maladrerie et le bois banal de Bambois.

    Par la suite, la ville de Fosses, comme toute la région, subit toutes les guerres de succession et les guerres de religion. C'est ainsi que  le Comte de Hainaut saccagea la cité en 1408. Quelques années plus tard, Philippe le Bon vint mettre le siège devant Fosses, ville Liégeoise, en 1430, qui se solda par un pillage en règle et l'incendie de la ville, à l'exception de l'église.

    1554 vit arriver les soldats français en guerre avec Charles-Quint qui incendièrent Fosses les 5 et 19 juillet. La décade suivante, ce furent les Huguenots qui s'abattirent sur le monastère de Fosses. Le 15 octobre 1568, le baron de Genlis s'y livra à des "pillerges, bouttements de feu, violations d'églises, cloistres et maisons".

    Au XVIIe siècle, la ville connut encore pas mal d'occupations au cours des guerres de Louis XIV sur notre territoire, avec ses réquisitions ruineuses pour les populations et les pillages réguliers des troupes disparates de passage. On peut notamment épingler l'année 1636 avec le sac de la ville par les troupes espagnoles du marquis de Gonzagua, après avoir pratiqué une brèche dans les murailles de la ville; 1653 avec le pillage de la ville et l'incendie de l'hôpital par les troupes de Condé, après avoir forcé une brèche à la porte "Al Froissin"; 1678 avec le séjour des troupes françaises durant la période hivernale. La ville ne retrouva sa quiétude qu'après le "Règlement de 1684" qui concernait la principauté de Liège, puis le traité d'Utrecht en 1713.

    Suite à la révolution française et l'invasion de notre pays, une municipalité fut instaurée à Fosses le 10 janvier 1793. En 1794, après la victoire de Fleurus, la principauté de Liège fut dissoute et la ville de Fosses fit dorénavant partie de l'arrondissement de Namur et devint le chef-lieu du 6e canton du département de Sambre et Meuse.

                                                                                                                                          (à suivre...)

29/08/2007

La brasserie "Caracole" de Falmignoul

Données pratiques:

Visites:

caracole plan accès   La Brasserie Caracole est visitable tous les jours de juillet, août et septembre, à 14, 15, 16 et 17 heures, en groupe et sur rendez-vous. La visite, d'une durée de 45 minutes, se termine par une dégustation à laquelle on consacre également 45 minutes.

Adresse:

Brasserie Caracole, 86 Côte Marie-Thérèse à Falmignoul (Dinant).

Tel.: 082/74.40.80.

Fax.: 082/74.52.38.

Gsm : 0475/51.42.54

Tarif:

5,00 €, dégustation comprise

                                                                                                                                             Bonne visite...

21/08/2007

Le village de Sosoye

Sosoye panorama et PA    Le petit village de Sosoye est une ancienne possession de l'abbaye Saint-Gérard de Brogne. Il se blottit autour de son église, du presbytère et de sa grange aux dîmes. Cette dernière est classée tout comme l'église Notre-Dame.

    L'habitat, assez homogène et en pierre bleue, remonte pour l'essentiel au XIXe siècle. On remarquera au passage l'école du village et l'ancienne brasserie Baudart.

    L'église Notre-Dame de la Nativité de Sosoye a été édifiée, vers 1764-1765, en moellons calcaires du pays, sur un petit promontoire, non loin de la Molignée, suivant les plans de l'entrepreneur namurois Dieudonné-Joseph Gérard et aux frais de l'abbaye de Saint-Gérard et du chapitre de Fosses.

Sosoye route vers Maredret    Cette construction classique homogène est constituée d'une tour carrée à trois niveaux surmontée d'un clocher à petit bulbe, au sud et d'une nef à trois travées reliées par des pans obliques au choeur plus étroit et à chevet semi-circulaire. L'ensemble est recouvert d'ardoises.

    A l'intérieur, on remarquera les importants pilastres toscans qui supportent les voûtes d'arrêtes et le mobilier remarquable que l'église renferme. On s'attardera plus particulièrement devant un des autels latéraux et un confessionnal contemporain de l'église. D'autres éléments en provenance d'autres édifices religieux sont encore à épingler, notamment le maître-autel de 1754 venant de Tongres ainsi que les stalles et des lambris du XVIIIe issus de l'abbaye du Jardinet à Walcourt.

Sosoye vue du village    L'église a été classée en 1975 et des travaux de restauration visant principalement en la remise en état de l'électricité, de la toiture et de la peinture intérieure, qui durèrent cinq années furent entreprises en 1992. C'est notamment la Région wallonne qui prit totalement en charge la restauration des peintures intérieures. Le coût de l'opération se montait à environ 15.400 euros.

                                                                                                                                       Bonne ballade...

20/08/2007

Les jardins d'Annevoie

Annevoie cour du château    C'est vers 1930 que les jardins d'Annevoie furent ouverts au public. Le château, pour sa part, le fut à partir de 1969. C'est la S.A. Servais-Montpellier qui assume la gestion et l'entretien du site. Le domaine a été classé comme Monument des jardins du XVIIIe siècle (A.R. du 29/10/1981).

    Une série de services à vocation touristique et commerciale ont été aménagés dans les dépendances et sur un terrain voisin des jardins. On peut y organiser des réceptions. Des activités à caractère culturel, tels que théâtre, concerts, expositions y ont régulièrement lieu.

Visites:

        Les jardins sont accessibles au public du01/04 au 02/11, en permanence de 09h30 à 18h30.

Adresse:

Les Jardins d'Annevoie, rue des Jardins d'Annevoie à 5537 Annevoie. (Tel.: 082/61.15.55). 

                                                                                                                                        Bonne visite...

27/07/2007

Le village de Warnant

Warnant panorama    Le village de Warnant est implanté sur le versant nord de la vallée de la Molignée et se trouve partagé en deux par la petite vallée du ruisseau du Bati. Côté ouest, sur un petit promontoire, se sont regroupées les habitations autour de leur église dédiée à Sainte-Adèle. Côté est et vers le nord, l'habitat est dispersé le long de la rue du Fond, où l'on rencontre la fontaine Sainte Adèle datée de 1864. On y note encore la présence d'une maison toute en longueur à deux niveaux, construite en deux temps en pierre calcaire et pierre bleue, dans la seconde moitié du XVIe siècle et au début du XVIIe.

Warnant village    La plupart des maisons construites en pierre calcaire datent cependant du XIXe siècle. L'église est un édifice de faction classique en moellons de calcaire, dont la mono-nef à trois travées fut construite en 1764 par l'entrepreneur J. F. Cézar. En 1841, on y ajouta un choeur carré dans le même style, puis en 1887 une travée côté ouest, suivant les plans de l'architecte Luffin.

    Au centre de la localité, l'oeil est attiré par une ferme imposante, clôturée, dont le corps de logis, de facture traditionnelle,  date du début du XVIIe siècle. On peut encore y rencontrer le presbytère, la maison communale et son école.

                                                                                                                                     Bonne visite...

26/07/2007

Le classement du site

    Du haut de Montagne-aux Buis, également appelée le Tienne aux Pauquys et de la Roche à l’Homme, on découvre une plaine d’une superficie d’environ 250 hectares particulièrement intéressante au point de vue de la flore et de la faune. Cette étendue fait partie du parc naturel Viroin-Hermeton qui couvre une partie du Condroz, de la Fagne schisteuse, de la Calestienne et de l’Ardenne occidentale. On peut y découvrir un nombre important de plantes et d’animaux rares. C’est ainsi qu’on y a repéré pas moins de 500 espèces de plantes différentes, parmi lesquelles beaucoup d’espèces rares, dont quelques-unes y possèdent leurs principales stations belges. Parmi ces espèces, on notera la fétuque hétérophylle et le buphtalme, dont on peut voir les illustrations ci-dessous. A droite de la fétuque et du buphtalme, une illustration de la colchique.

01 99 fétuque

02 99 buphthalmum_salicifolium_1

99 colchique1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    35 espèces protégées s’y retrouvent également, dont 20 espèces différentes d’orchidées.

    Pour ce qui concerne la faune, on peut y rentrer six des sept espèces de reptiles indigènes et différentes espèces d’amphibiens protégées. Cette quantité d’espèces différentes est due à la situation géographique particulière du site, à la variété du relief et aux différents types de végétation que l’on peut y rencontrer.

    Les versants escarpés exposés au nord sont couverts notamment par une érablière de ravin, des fougères telles la « langue de cerf » et des espèces de type montagnarde.

99 Buxus    Sur les plateaux, on rencontre la primevère officinale, des chênaies à buis, des arbustes épineux et des pelouses qui croissent sur des sols de types variés et dont la composition floristique varie selon l’humidité du sol, son exposition et l’épaisseur du substrat. On peut encore notamment y rencontrer plusieurs espèces d’orchidées, la succise des prés, le colchique, … Les floraisons s’y succèdent au cours des saisons et les criquets, sauterelles et grillons y font entendre leurs musiques.  On y a également découvert des espèces d’insectes nouvelles ou très rares pour la Belgique.

    Vu l’intérêt exceptionnel de la Montagne-aux-Buis et de la Roche à l’Homme, ces deux sites sont classés par Arrêté du Régent depuis 1947 et réserve naturelle par l’association « Ardenne et Gaume ». L’entretien du site a été confié depuis 1973 au Centre Marie-Victorin de Vierves-sur-Viroin afin de conserver leur intérêt biologique.

    Une visite guidée des sites est possible et est assurée sur demande au Centre Marie-Victorin.

                                                                                                                                            Bonnes découvertes...