09/06/2007

La constitution d'une S.A.

    L'étape suivante fut la constitution d'une société anonyme sous le nom de "Société du chemin de fer de la Sambre à la Meuse". Les statuts furent déposés devant notaires à Bruxelles le 29 mars 1838. Ces statuts furent reconnus conformes au cahier des charges du 10 mars 1857, ainsi qu'aux articles additionnels et approuvés par le ministre de l'intérieur et des affaires étrangères, De Theux, le 9 avril 1838. Par cet acte, MM. Remi de Puydt et Gustave Lebon cédaient à la société anonyme constituée tous les droits et actions qui leur avaient été accordés par le gouvernement belge et s'engageaient à obtenir du gouvernement français la concession sur son territoire  du prolongement de ligne depuis la frontière franco-belge jusqu'à Vireux-de-CY pour la remettre immédiatement à la nouvelle société anonyme.

    Cinq administrateurs furent nommés ainsi que dix commissaires. On remarquera parmi ces derniers, à côté de banquiers, magistrat, militaire et parlementaire deux industriels: M. Carion Delmotte, maître de forges à Thy-le-Château et M. Auguste Goffart, maître de forges à Monceau. A la tête de ce conseil d'administration se tenait M. le comte de Limburg-Stirum.

    Les statuts de la société anonyme parurent au journal du Moniteur Belge en date du 20 avril 1838.

    Le 31 décembre de la même année, M. Vanderlinden, notaire à Bruxelles recevait un acte par lequel une modification était apportée aux statuts de la société anonyme d'après laquelle les statuts ne pouvaient être modifiés et la dissolution prononcée que par une résolution de l'assemblée générale des actionnaires à la majorité des deux tiers des voix.

(A.R. du 6 janvier 1839, Moniteur Belge du 13 même mois)

    Le cas de la dissolution de la société n'avait, en effet, pas été prévu lors de l'établissement des statuts de la société anonyme et il était urgent d'y ajouter un article comblant cette lacune car celle-ci se trouvait face à de graves difficultés financières. En effet, lors de l'assemblée générale du 30 décembre 1838, tenue à Bruxelles, il ne restait plus des 24,000 actions mises en circulation que 17,792; les porteurs des 6,308 autres en avaient perdu la propriété pour n'avoir pas effectué le second versement dans le délai prescrit.

    La dissolution de la Société anonyme du chemin de fer de Sambre et Meuse fut prononcée au cours de la séance de l'assemblée générale du 8 janvier  1839. Celle-ci fut approuvée par A.R. du 22 janvier suivant et parut au Moniteur Belge du 9 février 1839:

    "... Sur le rapport de notre ministre de l'intérieur et des affaires étrangères,

    Nous avons arrêté et arrêtons:

    Art. 1er. La résolution de l'assemblée générale des actionnaires de la Société anonyme du chemin de fer de Sambre et Meuse, portant dissolution de cette société, est approuvée, telle qu'elle résulte de l'acte du 9 de ce mois, sous la réserve suivante:

    Il ne pourra être donné suite à la concession, à moins qu'elle ne soit confirmée par le gouvernement, avec ou sans modification, endéans le terme de 18 mois, à partir de la date du présent arrêté.

    Art. 2. La présente approbation sera considérée comme nulle et non avenue, si cette réserve n'est pas fidèlement observée.

    Art. 3. Notre ministre de l'intérieur et des affaires étrangères est chargé de l'exécution du présent arrêté.

    Donné à Bruxelles, le 22 janvier 1839..."

    Les travaux furent donc suspendus pour de longs mois jusqu'à ce qu'un nouveau candidat sollicite l'attribution de la concession du chemin de fer à développer dans l'entre Sambre et Meuse.

                                                                                                                                          (à suivre...)

08/06/2007

La concession De Puydt, Peruez & Lebon

    On avait quitté l'épopée de la construction de la ligne au moment où un second projet, proposé par M. Splingard, entrait en compétition et était proposé à la consultation populaire. Le projet de ce M. Splingard ne fut finalement pas retenu et c'est l'itinéraire proposé par M. Peruez qui obtint la faveur des autorités.

     En effet, la concession pour la construction d'un chemin de fer en Entre-Sambre-et-Meuse fut accordée à MM. De Puydt, Peruez et Lebon pour une période de 90 ans, par arrêté royal du 13 juin 1836, paru au Moniteur  le 16 du même mois.

    Par pétition du 29 juillet 1836, adressée à M. le préfet des Ardennes, ils sollicitaient la concession "de la partie de la route de fer située sur le territoire français, depuis la frontière belge à Molhain jusqu'à la Meuse à Vireux-de-Cy, sur une longueur de dix-huit cent cinquante mètres." Leur demande, ayant traversé les divers degrés d'instruction prescrits par la législation française, fut arrêtée pour un moment par les exigences du génie militaire français, demandant que les ouvrages proposés reçoivent "quelques accroissemens dans l'intérêt de la défense."

    Cependant, les concessionnaires demandèrent bientôt d'apporter quelques modifications au cahier des charges qui avait été approuvé et paru au Moniteur du 20 mai 1836. L'Etat dénonça donc la convention passée entre les parties et procéda à une nouvelle mise en adjudication du projet.

    "Vu notre arrêté du 31 juin dernier, qui accorde aux sieurs de Puydt, Peruez et Lebon, la concession du chemin de fer d'entre Sambre et Meuse et de ses embranchements;

    Considérant qu'à raison des modifications demandées par les concessionnaires au cahier des charges de leur entreprise, il y a lieu d'ordonner une réadjudication;

    Sur la proposition de notre ministre de l'intérieur,

    Nous avons arrêté et arrêtons:

    Art. 1er. Notre arrêté du 13 juin 1836, qui accorde aux sieurs De Puydt, Peruez et Lebon la concession du chemin de fer d'entre Sambre et Meuse, est révoqué.

    Art. 2. Il sera procédé à la réadjudication de la concession du chemin de fer susindiqué, sur un nouveau cahier de charges, à arrêter par notre ministre de l'intérieur.

    Notre ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera inséré au Bulletin officiel.

Donné à Bruxelles, le 28 décembre 1836..."

(Moniteur Belge du 4 janvier 1837).

    La réadjudication sur  base d'un nouveau cahier des charges eut lieu le 4 avril suivant à midi, à l'hôtel du ministère situé rue de la Loi à Bruxelles.

(Moniteur Belge du 12 mars et 1er avril 1837).

    Il s'en suivit que les concessionnaires primitifs restèrent les seuls soumissionnaires. La décision parut au Moniteur du 14 avril 1837, accompagnée de la transcription du devis et du nouveau cahier des charges.

                                                                                                                                            (à suivre...)

07/06/2007

Les voitures du train royal en quelques chiffres

loco t 12 conv royal avt    Pour la seule construction des caisses et bogies, il a fallu mettre en oeuvre 3.300 mètres de profilés, 1400 mètres carrés de tôles d'acier et 15 tonnes de pièces en acier moulé.

    Les installations de freinage, de chauffage, de distribution d'eau, de ventilation et d'éclairage ont nécessité le placement de plus de 2 kilomètres de tuyaux en acier et de 800 mètres de tuyaux en cuivre, ainsi que plus de trois kilomètres de canalisations électriques.

    En outre, il a fallu utiliser plus de 200 m² de tôles en aluminium et 300 m² de tôles en cuivre. Les blochets de fixation des panneaux de revêtement ont exigé le débitage de 20 m³ de bois, ouvrage exécuté par 40 ébénistes.

    L'aspect extérieur de ces voitures diffère sensiblement de celui des voitures métalliques ordinaires de la SNCB; ainsi les revêtements des parois latérales sont-ils plus bas, les bandes sous les fenêtres et en bordure du toit sont chromées; les portières d'about sont quant à elles frappées de la couronne royale.

                                                                                                                                  Fin.

06/06/2007

Les caractéristiques techniques des voitures

    Les bogies d'origine étaient du type Pensylvania courant, équipés d'un frein à haute pression, de boîtes à rouleaux et d'amortisseurs de trépidation. En 1965, ces bogies Pensylvania furent remplacés par des Schlieren de type 26 à deux étages de suspension et à frein à disque incorporé.

    L'aération et le chauffage des voitures ont fait l'objet de longues études, de sorte que l'on peut envoyer à volonté de l'air chaud ou de l'air refroidi dans les compartiments. Trois sources de chauffage ont été prévues à cet effet: la vapeur, l'électricité et le fuel. L'énergie thermique est obtenue grâce à la conduite générale de chauffage à vapeur ou par du fuel. Le réservoir de fuel de 190 litres est logé sous le toit adossé à l'une des parois d'about; il alimente le brûleur de la chaudière.

    Le chauffage, la réfrigération et la ventilation sont assurés par un équipement de conditionnement d'air Westinghouse. Un ventilateur aspire l'air extérieur à travers un filtre et le refoule vers les diffuseurs du plancher ou du plafond selon qu'il s'agisse respectivement d'air chaud ou d'air froid. un second ventilateur refoule l'air à l'extérieur. Dans le circuit des diffuseurs du plafond se trouve un échangeur de chaleur contenant de l'eau glacée qui a pour but de rafraîchir l'air, des thermostats assurant la constance de la température souhaitée.

    C'est l'installation électrique qui règle la ventilation, le chauffage, le chauffage à vapeur et au fuel ainsi que le rafraîchissement de l'air, le chauffage de l'eau de distribution et qui assure l'éclairage du train.

                                                                                                                                         (à suivre...)

05/06/2007

Les voitures accompagnant le train royal

    A côté de ces trois voitures réservées à la Cour, le convoi comporte encore d'autres voitures, en l'occurence:

La voiture n°4:

2 Tr Roy int voit n4 L II    Cette voiture de 1933, qui a subi quelques transformations, est réservée aux fonctionnaires de la SNCB qui accompagnent le train royal. Une salle de conférence y a été aménagée. La reproduction ci-contre nous permet de voir l'intérieur d'un compartiment de cette voiture n°4 en Limba bariolé, anciennement répertoriée II.

    Les parois de cette pièce, ainsi que la table adossée à la paroi, côté couloir, sont recouvertes de panneaux en acajou. Deux tables en teck rabattantes sont disposées sous chaque fenêtre. De chaque côté, contre chaque paroi d'about du compartiment sont disposés deux grands fauteuils-clubs à oreillettes, recouverts de velours bleu. Les rosaces de ventilation sont en bronze et le sol est agrémenté d'un tapis de teinte bleue à motifs blancs. Les banquettes sont recouvertes de velours bleu, les paneaux des parois sont en limba bariolé et les tablettes sous la fenêtre, en limba frisé.

Les fourgons n°8 & 9:

    Ces deux wagons sont sortis des atelier de Haine-Saint-Pierre en 1838. Le fourgon n°8 comporte le bureau du Roi ainsi qu'une chambre à coucher, un bureau et un compartiment pour entreposer les bagages.

    C'est dans le fourgon n°9 qu'on entrepose le reste de bagages, à côté d'une chambre à coucher, d'un compartiment avec glacière et d'un office avec WC attenant.

La voiture d'inspection n°10:

    Cette ancienne voiture 10.008 a été construite en 1939 par la Brugeoise à Bruges, puis transformée en voiture panoramique comportant un salon d'extrémité, une chambre, un second salon, deux compartiments, un office, un compartiment cuisine et un WC.

                                                                                                                                      (à suivre...)

04/06/2007

La voiture-lits

Tr Roy cahmbre 2    La voiture-lits possède deux chambres à coucher royales dont les lits sont disposés dans le sens de la longueur de la voiture. Ces deux chambres sont disposées de part et d'autre d'un salon servant aussi de salle de petit déjeuner.

    Les parois ainsi que la porte d'entrée du salon sont décorées de pavés en chêne ornés d'un cabochon carré au centre et entourés d'une moulure en palissandre. Le salon contient une table en marqueterie de chêne scié sur quartier en forme de demi-ovale et un meuble de coin également en chêne. Le plafond est de couleur blanc cassé et le plancher est recouvert de tapis plain de teinte beige.

Tr Roy lit 8    La chambre du Roi ainsi que celle de la Reine sont équipées d'un lit, d'un fauteuil, d'une armoire ainsi que d'un secrétaire. Un grand miroir pivotant forme un angle sur une des cloisons. Toutes les boiseries, les meubles et les soubassements des parois sont décorés de panneaux flammés en Avodiré à la chaude teinte jaune or. La partie de la paroi située au-dessus du lit est recouverte de panneaux en cuir doré, de teinte assortie. Les cache-radiateurs sont composés d'une plaque de cuivre.

Tr Roy cabinet toilette 14    Tant la chambre du Roi que celle de la Reine sont suivies d'une salle de bain équipée d'une baignoire, d'un lavabo surmonté d'un miroir, d'un tabouret ainsi que d'un WC. A ces compartiments royaux succède un compartiment pour le personnel de service. Deux compartiments   pour la suite du Roi et de la Reine ainsi qu'un office complètent la voiture. Les deux chambres aboutissent à un salon servant également de salle à petit déjeuner, celui-ci pouvant être préparé dans l'office situé à l'extrémité de la voiture et qui renferme une armoire, des étagères, un évier et un réchaud au gaz butane, ainsi que l'armoire de l'appareillage électrique..

    Le couloir donnant accès aux divers compartiments a ses parois recouvertes de panneaux en sapelli.

                                                                                                                                         

(à suivre...)

03/06/2007

La voiture-restaurant

Tr Roy s a m 20   Cette voiture est équipée d'une grande salle à manger à douze places et d'une autre, plus petite, à quatre places. 

 

 

Tr Roy s a m  tropique 12    Les deux tables fixes de la grande salle à manger sont parquetées en noyer du Caucase. Les douze fauteuils sont recouverts de peau de porc beige. La salle est ornée de part et d'autre de deux panneaux en bois de sycomore. Les motifs stylisés représentant une antilope, un bouquet, des oiseaux et des plantes tropicales, bananiers et autres, aux contours entaillés dorés. Les tentures garnissant les fenêtres sont en velours et soie de teinte brune. Un petit meuble surmonté d'une applique en cristal est disposé entre les deux fenêtres. Le sol est recouvert d'un tapis plain de teinte bleue.

 

Tr Roy pte s a m  13    La petite salle à manger est également revêtue de panneaux en noyer du Caucase. Elle est dotée de deux niches à parois concaves recouvertes de cuir doré et dont l'une est rehaussée d'une lampe à pied en cristal. L'ensemble donne en quelque sorte l'image d'un écrin dans lequel sont blottis la table en noyer et les quatre fauteuils, également en peau de porc beige.

 

 

 

Tr Roy s a m  antilope11    La voiture comporte encore des compartiments de service, dont une grande cuisine et un office, de sorte qu'un repas peut y être servi à tout moment.

 

On peut notamment y trouver:

  • deux compartiments réservés à la suite royale, identiques à ceux de la voiture-salon;
  • un WC comportant un lavabo et une armoire;
  • une cuisine équipée d'armoires, de deux éviers en inox, d'une cuisinière au charbon et d'un réchaud au gaz butane;
  • l'office comprend un lavabo, un réfrigérateur, des armoires et étagères ainsi qu'une armoire avec appareillage électrique.

                                                                                                                                       (à suivre...)