14/07/2007

Relevé géologique et industriel de l'E-S-M (suite et fin)

    On en arrive à la dernière partie de l’énumération des produits pouvant être transportés par les chemins de fer projetés et les industries pouvant leur confier les produits finis

 

Localités

Productions locales & industries 

Pesches

Mines de fer

Gonrieux

Hauts fourneaux, minerais de fer, ardoisières

Dailly

Carrières de marbres, mines de fer, mines de plomb

Aublain

Mines de fer, carrières de marbre, moulin à 2 tournants

Lompret

Forges à 2 feux, scierie et carrières de marbres,

mines de fer

Boutonville

Mines de fer

Vaux

Mines de fer, carrières et scieries de marbre

Virelles

Forges à 2 feux, carrières de marbre, mines de fer

Chimay

Carrières de marbre, ardoisières

St Remy

Haut fourneau

Seloigne

Haut fourneau

Momignies

Forge dite Maquenoise

Cul-des-Sarts

Ardoisières

Le Brurly

Ardoisières

Petigny

Mines de fer, moulin à 2 tournants

Nismes

Haut fourneau, mines de fer, 3 moulins

Dourbes

Mines de plomb, mines de fer, carrières de marbres,

2 moulins

Fagnolles

Mines de fer, mines de plomb

Olloy

Mines de fer, mines de plomb, 3 moulins

Vierves

Mines de fer, de plomb, de baryte sulfatée,

Moulin à 3 tournants

Treigne

Mines de fer, de plomb, de baryte, 2 moulins

Mazée

Mines de fer, de plomb, de baryte, 2 moulins

Matagne

Carrières de marbre, mines de fer

Molhain

Scierie de marbre, moulin à 2 tournants

                                                                                                                                          Passez un bon week-end...

13/07/2007

Relevé géologique et industriel de l'E-S-M en 1836 (2e partie)

    Voici encore une série de communes longeant les futures lignes susceptibles de parcourir l'Entre-Sambre-et-Meuse. L’orthographe des lieux, communes, hameaux et lieux-dits est telle que figurant sur la carte.

 

Localités

Productions locales & industries 

Boussu-lez-Walcourt

Carrières de marbre, mines de fer

Battefer

Haut fourneau, forge à 2 feux

Silenrieux

Moulin à 2 tournants, mines de fer

Feronval

Forge à 2 feux, moulin à 2 tournants

Falemprise

2 hauts fourneaux

Daussois

Moulin à 2 tournants, mines de fer

Jamagne

Mines de fer

Jamiolles

Mines de fer, 2 machines à épuiser les mines

Philippeville

Mines de fer et de plomb, carrières de marbre

Villers-le-Gambon

Carrières de marbre

Franchimont

Carrières de marbre, scierie de marbre, moulin

Surice

Carrières de marbre

Cerfontaine

Carrières de marbres, moulin à 2 tournants

Froidchapelle

Carrières de marbres

Senzeilles

Carrières de marbres, 2 moulins

Neuville

Carrières de marbres, mines de fer

Sautour

Haut fourneau, mines de fer, mines de calamine, moulin

Samart

2 moulins, mines de fer

Merlemont

Carrières de marbre, mines de fer

Roly

Haut fourneau, 2 moulins

Mariembourg

Moulin à 2 tournants

Boussu en Fagne

Haut fourneau, forge

Frasnes

Moulin à 2 tournants, mines de fer

Couvin

2 hauts fourneaux dits de St Roch, 2 forges à 2 feux,

Affinerie, 4 autres hauts fourneaux, 2 autres forges,

Scierie, atelier de construction, 1 tréfilerie,

Machine à épuiser les minières,

2 moulins à 3 tournants, laminoir à 4 trains

 

                                                                                                                                           (à suivre…)

12/07/2007

 Relevé géologique et industriel de l'E-S-M en 1836 (1e partie)

    Pour soutenir le projet de création du railway dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, une carte géologique et industrielle de la région avait été dressée, relevant, à côté du tracé de la ligne de Charleroi à Vireux concédée à MM. De Puydt et consorts et du tracé projeté par M. Splingart, ce que les villages situés à proximité de ces tracés pouvaient offrir au nouveau moyen de transport.

 

Localités

 Productions locales & industries

Montignies le Tilleul

Moulin à 2 tournants, mines de fer

Bomerée

Moulin à 2 tournants, forge à 3 feux

Jamioulx

2 moulins à 2 tournants, platinerie

Biatroz

Forge à 2 feux

Ham-sur-Heure

Moulin à 3 tournants

Hameau

Forge à 2 feux

Thuillies

Mines de fer

Cour-sur-Heure

Mines de fer

Berzée

Moulin à 2 tournants, platinerie, carrières de marbre

2 hauts fourneaux projet projetés par M. de Cartier

Thy-le-Château

Moulin à 3 tournants, 3 hauts fourneaux,

forge à 2 feux, carrières de marbre, mines de fer

Gourdinne

Moulin à 2 tournants, mines de fer

Somzée

Mines de fer

Laneffe

Moulin à 2 tournants, haut fourneau,

carrières de marbres, mines de fer

Tarcienne

Moulin à vapeur, mines de fer

Hansinne

Mines de fer

Thy-le-Baudhuin

Moulin à 2 tournants, 1 forge, mines de fer

Hansinelle

Moulin à 2 tournants, haut fourneau, mines de fer

Morialmé

Moulin à 2 tournants, 2 hauts fourneaux, mines de fer, machine d’épuisement pour les minières

Rognée

Carrières de marbre

Castillon

Carrières de marbre

Fontenelle

Carrières de marbre

Pry

Moulin à 2 tournants, mines de fer,

carrières de marbre

Chastrès

Mines, carrières de marbre

Jardinet

Maka, forge à 2 feux

Walcourt

4 moulins à 2 tournants, mines de fer,

carrières de marbre

Vogenée

Moulin à 2 tournants, 2 hauts fourneaux,

2 forges à 2 feux, mines de fer

Féroul

Laminoir à 3 trains, haut fourneau

Yves-gomezée

Moulin, haut fourneau, forge à 3 feux,

Mines de fer

Fraire

Mines de fer

St Lambert

Haut fourneau

Froidmont

Haut fourneau

St Aubin

3 moulins à 3 tournants, 2 hauts fourneaux,

carrières de marbre, mines de fer

Florennes

Haut fourneau (dit de la Lavellerie),

4 platineries, mines de fer

 

                                                                                                                                        (à suivre…)

11/07/2007

Notice historique

plan cor015    En feuilletant l’ « Annuaire spécial des chemins de fer de 1835-1865 » édité en 1866 par F. Loisel, on peut lire, dans la notice historique relative au chemin de fer de l’Entre-Sambre-et-Meuse, tout l’intérêt qu’apportait l’implantation d’une ligne de chemin de fer dans cette région :

 

    "Ce réseau de chemin de fer traverse un pays boisé, fort riche en minerais de fer, de plomb, en carrières de marbres, en ardoisières, et renfermant une grande quantité de hauts-fourneaux, de laminoirs, de scieries, etc., à l’époque de sa construction.

    Les usines situées entre la Sambre et la Meuse exigeaient une consommation considérable de combustible et augmentait tous les ans avec l’emploi plus répandu des fers de fonte ; la quantité de bois destinée aux forges, étant limitée, le prix de ce combustible s’élevait tellement, qu’il était urgent de lui substituer la houille. On va maintenant chercher ce combustible minéral à Charleroi, une des têtes de la ligne principale, mais la consommation des usines a beaucoup diminuée dans le pays, l’industrie s’étant reportée en partie dans le bassin de la Sambre.

    Les grands transports de charbon, sur cette ligne, vont approvisionner les forgeries de la Meuse, les Ardennes françaises, Mézières, Charleville, Sédan et même le département de la Meuse.

    Le pays traversé procure des chargements en retour vers la Sambre : le minerai, la fonte, les marbres, les ardoises, les bois, etc."

 

    Il ne reste plus maintenant qu'à faire un inventaire des ressources que renfermait les terres de l'Entre-Sambre-et-Meuse à l'époque de l'établissement de la ligne.

                                                                                                                                             (à suivre...)

10/07/2007

Remy De Puydt

depuydt    Nous allons faire un peu plus connaissance avec un personnage très important pour le génie civil et pour le chemin de fer, auteur du second projet destiné à relier la Sambre à la Meuse en traversant l’Entre-Sambre-et-Meuse.

    Rémy De Puydt est né à Poperinge le 3 août 1789. Il entreprit à Paris des études d'architecture et de génie civil, puis s'engagea à l'armée où il obtint rapidement le grade de capitaine d'infanterie. En juin 1815, après Waterloo, il intégra l'armée des Pays-Bas avec le même grade. Il participa à la guerre en Saxe et en Silésie, puis blessé, il retourna à la vie civile. Il quitta l'armée vers 1817 pour gagner l'administration des droits et accises avant d'entreprendre des études d'ingénieur et d'architecte. Il exerça ensuite son métier d'architecte et d'entrepreneur de 1819 à 1830, principalement dans les régions de Mons et de Charleroi. Il y construisit des écoles, des maisons communales, des casernes, des routes et des ponts.

    Dans le courant du mois de septembre 1830, il participa activement aux manoeuvres du groupe radical montois. Après la révolution belge, le gouvernement provisoire, sous l'influence de Gendebien, ne manqua pas d'en tenir compte. Remy De Puydt réintégra l'armée avec le grade de Lieutenant-Colonel et le commandement des troupes du Génie. Il occupa le poste de commandant en chef de la jeune armée belge et siégea à la Chambre des représentants.

    Parmi ses grandes réalisations, on compte la canalisation de la Sambre, mais aussi la réalisation partielle du canal de Meuse et Moselle qui fut interrompue par la Révolution belge. Il proposa encore la canalisation de la Meuse et la création d'un canal dans l'Entre-Sambre-et-Meuse. Les circonstances dues à la Révolution et quelques rivalités contrarièrent ses plans.

    Il fut choisi par le roi Léopold Ier en 1841 pour négocier une éventuelle colonisation du Guatémala par la Belgique. Il y obtint toutes les garanties, mais l'entreprise capota à son retour.

    Il rédigea encore de nombreux mémoires et rapports sur des projets de génie civil, mais également sur des sujets directement liés à l'armée tels que la création d'une école militaire, des propositions de lois sur l'avancement et les pensions militaires, l'emploi de troupes aux travaux publics, ...

    Il décéda à Schaerbeek le 20 septembre 1844.

                                                                                                                                       Bonne soirée.

09/07/2007

Une excursion, au temps jadis, dans l'Entre-Sambre-et-Meuse

    Nous allons revenir pour un temps aux lignes de l’Entre-Sambre-et-Meuse et nous replonger au temps de la vapeur, en plein milieu du XIXe siècle. Ce sont les vacances et le soleil étant revenu, nous allons rallier la frontière française, au départ de la gare de Charleroi, en traversant l'Entre-Sambre-et-Meuse au moyen de ce "nouveau" moyen de locomotion pour l'époque.

    M. A. Borgnet, professeur à l'Université de Liège, écrivait en 1897, sous le pseudonyme Jérôme Pimpurniaux, le "Guide du Voyageur en Ardenne" duquel est extrait ce qui suit:

001 Charleroi int gare du sud color    "Enfin, le quinze de ce mois, un vendredi, ayant mis la main sur un compagnon de route, j'ai pu partir pour cette excursion projetée depuis plusieurs semaines. Comme il s'agit surtout de parcourir la vallée de la Semois, et de gagner l'embouchure de cette rivière en côtoyant une partie de la Meuse, nous choisissons Charleroi pour lieu de rendez-vous. Le chemin de fer récemment livré à la circulation, nous conduira jusqu'à Vireux...

002 Cerfontaine environs du moulin & rails    Après Silenrieux vient Cerfontaine, qui a fourni bon nombre de médailles romaines aux numismates de la province. Ce village, la dernière station avant Mariembourg, est situé à trois lieues d'ici. Pas une habitation, des bois, toujours des bois. Nous rencontrons des remblais assez élevés, accompagnés de courbes assez hardies et d'un tunnel assez long. Le convoi marche à toute vapeur. Sur un chemin neuf, partant mal tassé, le procédé me paraît quelque peu américain, et plein de danger pour les voyageurs. Afin de nous rassurer, sans doute, des gens du pays, qui voyagent avec nous, signalent deux endroits où il y a eu des déraillements à peu de jours d'intervalle. Le renseignement n'est pas de nature à inspirer de la confiance, et notre physionomie assombrie ne s'éclaircit qu'en apercevant la station de Mariembourg

Mariembourg PN    Je n'ai pas revu cette petite ville depuis plusieurs années. Quel changement! C'était alors une place forte - si toutefois il est permis de donner ce nom à un village entouré d'une enceinte bastionnée - où les monuments étaient moins communs que les fumiers étalés le long des rues. Il y avait cependant là, si pas une merveille comme le colosse de Rhodes ou le phare d'Alexandrie, au moins une singularité qui n'échappait jamais à l'attention du voyageur: c'est que la même porte par laquelle il était entré dans la place, lui servait nécessairement pour en sortir.

Mariembourg inauguré 1864    Aujourd'hui, Mariembourg rendu à sa première destination est redevenu un modeste village, et ne s'en trouve probablement pas plus mal. Comme Philippeville, sa voisine, il a perdu ses remparts; ils ont été, sans plus de façons, culbutés dans les fossés. Les habitants n'ont pas, ce me semble, à se plaindre de l'insistance du gouvernement français, qui a pressé le démantèlement; je connais plus d'une ville fortifiée, où on ne demanderait pas mieux que de voir appliquer le même traitement aux murailles de l'enceinte.

    A Mariembourg, nous abandonnons la voie principale, qui aboutit à Couvin; bientôt elle ira à travers le département des Ardennes, retrouver à Reims une section du chemin de fer de Paris à Strasbourg. Comme nous voulons gagner la Meuse, nous prenons la direction de Vireux.

001Nismes route de la vieille église    La voie secondaire que nous suivons passe d'abord à une petite distance de Nismes. C'est ce beau village situé à droite, au milieu d'une vaste prairie. Les ruines qu'on aperçoit sur la hauteur, sont celles d'une église dont l'antiquité est suffisamment indiquée par le mur du cimetière, garni de tourelles aux angles, comme l'était toute enceinte fortifiée. D'ici nous distinguons un monolithe énorme, haut d'environ huit mètres, évidé vers la base, et qui se tient debout, près des premières maisons, dans l'attitude d'un factionnaire au repos. Si bloc de pierre mérita jamais d'être pris pour un monument druidique, c'est bien certainement celui-ci, isolé comme il l'est, et planté, dirait-on, bien moins par la main de Dieu que par celle de l'homme. Cependant je n'oserais m'aventurer à le qualifier Menhir, tant qu'il y a parfois de bizarreries dans l'ordre même des choses naturelles. Comme près de La Roche, nous avons encore ici un caillou qui tourne.

Nismes roche à l'ho & industries TB    Tournez maintenant les yeux vers la gauche, cette montagne rocheuse de forme conique, qui fait si bon effet dans le paysage, s'appelle le Roche à l'homme. Ce nom lui vient, dit-on, d'un ermite qui y eut longtemps sa résidence. Au pied de ce cône immense, où se trouve un trou de Nutons, l'Eau-Blanche et l'Eau-Noire se réunissent pour former le Viroin, que nous allons traverser quinze fois, avant d'arriver à son embouchure. L'Eau-Blanche et l'Eau-Noire viennent toutes deux des hauteurs de la Fagne, vers Chimay. A Couvin, l'Eau-Noire entre dans une montagne appelée le Pont d'Avignon, et en sort trois kilomètres plus loin, après avoir consacré vingt-quatre heures à faire ce trajet souterrain.

    Nous laissons à gauche le village de Dourbes, qui possède de curieuses ruines, au sommet d'une montagne escarpée; ce sont les restes d'un vieux château appelé Château de Hauteroche; il possède aussi sa Gatte d'or.

Dourbes vieux château    La tradition rapporte que le vieux manoir fut jadis la propriété d'un seigneur, dont les deux frères résidaient à Fagnolle et à Sautour. Quand venait la nuit, les trois nobles sires se la souhaitaient bonne, en allumant un flambeau sur la tour la plus élevée de leur domaine.

    Dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, les manoirs ruinés sont nombreux. La plupart ont été réduits à ce tiste état lors de l'invasion de ce pays en 1554, par le roi de France HenriII. Mais la tradition ne l'entend pas ainsi; elle attribue ces dégâts aux Sarrasins, qu'elle fait alternativement constructeurs et destructeurs.

Olloy tunnel chf    Après avoir traversé un tunnel près de Dourbes,  nous passons au beau milieu d'Olloy. Vierves ensuite se présente à gauche, avec son château placé dans un site des plus agréables. Ce château est habité et soigneusement entretenu par le propriétaire, homme de goût et d'humeur artistique, qualités assez rares chez un noble. Nous passons encore près de Treigne, et je constate, autant que la chose est possible à un touriste emporté par la vapeur, que cette vallée ne manque pas de pittoresque et mériterait une course moins échevelée.

Vireux Molhain int gare 1919    Bientôt nous arrivons au petit village de Molhain, dont la vieille église m'a été signalée comme un monument curieux à visiter. Le moyen de s'arrêter quelques instants, avec un conducteur aussi obligeant qu'une locomotive! A peine ai-je le temps de jeter les yeux sur le modeste temple qui est à ma droite. Nous venons d'entrer en France, et, quelques minutes après, nous arrivons à Vireux, où est le confluent de la Meuse et du Viroin".

    Allez maintenant vous asseoir à l’ombre d’un parasol et rêvasser à cette époque où le temps ne comptait pas.

                                                                                                                                             Bonne fin de journée...

12/06/2007

Qu'est-ce qui avait occasionné une telle situation?

    Pourtant toutes les conditions étaient réunies pour que le projet du chemin de fer de l’Entre-Sambre-et-Meuse soit suffisamment intéressant pour fidéliser les actionnaires.

    Tout d’abord, il allait traverser une contrée riche en minerais, notamment de fer et de plomb, en carrières, en fours à chaux, … Il allait être connecté, au Nord, à la "ligne du Midi" qui allait relier Bruxelles à Namur via Braine-le-Comte et Charleroi et des pourparlers étaient en cours pour que la ligne, en sa partie Sud, rejoigne celle qui devait relier Sedan à la frontière belge et offrir l’accès au réseau de l’Est de la France, vers Charleville et Rocroy.

    Ensuite, un entrepreneur à forfait avait accepté de fournir un cautionnement de plusieurs centaines de milliers de francs, de devoir exécuter au préalable, sans rien recevoir, des travaux pour une valeur de 600 à 800.000 francs et de présenter des garanties contre les excédents de dépenses et des appels de fonds supplémentaires.

    Le montage financier avait été réalisé, d’une part par des apports d’actionnaires que l’on appellera "sérieux", confiants dans la solidité du projet et qui comptaient laisser fructifier leur argent à long terme et, d’autre part, par des spéculateurs plus impatients qui voulaient bénéficier d’un rapport rapide et qui comptaient tirer des bénéfices importants résultant des différences des cotes d’action en bourse.

    Ces derniers voulurent donc recueillir leurs bénéfices anticipés et vendirent leurs actions en masse, ce qui eut pour effet de porter le discrédit sur l’entreprise. Ils refusèrent de plus d’effectuer leurs versements aux dates fixées en raison de la situation précaire dans laquelle se retrouvait la S.A., alors qu’ils en avaient provoqué la chute, à la suite de quoi, ils exigèrent la dissolution de la Société et l’abandon de l’entreprise.

    Il est également vrai qu’en 1839, la révolution industrielle qui avait débuté à la fin du XVIIIe siècle connaissait sa première crise économique : le goût de la technique et de la mécanisation s’était répandu et avait atteint son point de non-retour, sans qu’on en mesure toujours les conséquences et les risques et on expérimentait le premier emballement financier. En France, la dépréciation frappait les titres des entreprises ferroviaires, ce qui eut également pour conséquence d’effrayer les porteurs des 11 à 12.000 actions, Allemands et Français qui s'empressèrent de récupérer leur mise à la première occasion.

                                                                                                                                          (à suivre...)