03/07/2007

Montaigle et son histoire

A la préhistoire.

Montaigle ruine cp1    Le massif calcaire de Montaigle est percé de nombreuses cavités et grottes qui ont livré des traces d’occupation préhistorique, notamment du Moustérien (- 50.000) et du Mésolithique (entre 8.000 et 5.000), mais surtout d’une population d’origine orientale et qui constituera le fond ethnique de notre continent, communément appelé « Homme de Cro-Magnon » ou « Homme Moderne ». {1}

 

Au temps des romains.

Montaigle ruine cp2    Du temps des romains déjà, le promontoire de Montaigle (mons aquilae = mont des aigles) était occupé par une garnison destinée à maintenir l’ordre  et la suprématie de Rome dans la région. On peut lire que Quintus Cicero, lieutenant de Jules César et frère du célèbre orateur romain, hiverna dans ce quartier avec une légion. Selon la théorie des historiens Gramaye et Galliot, il n’est pas abusif de penser que la forteresse primitive doit son nom et sa fondation à l’armée romaine. {2}

     Le sommet de l’éperon fut ceinturé d’un mur d’enceinte en pierre de deux mètres de large, au début du VIe siècle. Le site sera, par la suite, abandonné jusque vers l’an 900, époque à laquelle le seigneur de Faing (ce nom est évoqué pour la première fois, dans un document officiel, en 1050) y établit sa résidence. Peu de traces de cet édifice nous sont parvenues. Ces seigneurs, proches parents des premiers comtes de Namur, occupaient également la charge d’avoués de l’abbaye bénédictine de Waulsort.

 

Au Moyen-Âge.

Montaigle ruines plateau    Au début du XIIe siècle, faute d’héritier, le comte de Namur, Pierre de Courtenay, cède la seigneurie en fief à Gilles de Berlaymont, qui y fait construire une tour carrée, à la pointe du rocher.

    Aucun acte ne subsiste de la fondation du château de Montaigle. On peut cependant retenir la période s’étendant de 1298 à 1310, comme date de l’origine de l’édifice sur ce rocher de Faing. Il faisait alors partie des forteresses qui protégeaient le comté de Namur contre la principauté de Liège.

    C’est en 1298 que Guy de Dampierre, comte de Flandre et marquis de Namur rachète le domaine de Faing en faveur d’un fils cadet, Guy de Flandre, également appelé Guy de Namur,  qu’il a eu d’un second lit. Ce nouveau propriétaire y fait édifier le château dont les ruines sont parvenues jusqu’à nous.

    Son rôle premier n’est pas militaire, bien que sa position dominante soit stratégique ; c’est avant tout un lieu de résidence.


{1} Dans « Etude sur les cavernes du bois de Foy à Montaigle », dans le Bulletin de l’Académie Royale des Sciences, Lettres, Beaux-Arts de Belgique, 2e série, T. 25, de 1868, pp. 199-224.

{2}  Dans « Magasin pittoresque » publié sous la direction de M. Edouard Charton en 1862 pp. 321 – 322.

                                                                                                                                           (à suivre...)

01/07/2007

Le château de Crèvecoeur

Les origines de la forteresse:

Bouvignes forteresse grav    L'empereur Otton 1er fit don, en 940, au comte Béranger de la terre de Bouvignes. Au début du XIe siècle,  Godefroid, comte de Namur fit construire une redoutable forteresse sur le versant de la colline rocheuse, dominant la Meuse dinantaise.

    En 1176, Henri 1er l'Aveugle fit entourer la bourgade de murailles. Cette précaution fut cependant insuffisante lorsque Bauduin V de Hainaut s'empara de la bourgade en 1188. Il quitta cependant bientôt la place et, en 1230, Marguerite de Courtenay fit flanquer les murailles de Bouvignes de seize tours.

    Cette intervention défensive aux remparts de la ville fut des plus efficace au cours des nombreuses guerres opposant Bouvignois, dépendants du Comté de Namur et Dinantais, sujets du Prince-évêque de Liège.

    Au XIVe siècle, Marie d'Artois fit encore construire un donjon rectangulaire sur le rocher qui domine toute la vallée de la Meuse.

Quelques aperçus des guerres entre Dinantais et Bouvignois:

Bouvignes château crèvecoeur tour    Les artisans de Bouvignes, en terre namuroise, puis bourguignonne, et ceux de Dinant, bonne ville liégeoise, s'adonnaient au travail du cuivre. Les deux localités, toutes proches, seulement séparées par la Meuse, étaient non seulement rivales politiques, mais encore rivales du point de vue économique.

    Les deux villes ennemies se déchirèrent trois siècles durant, si bien que pour faire pendant à la tour dinantaise de Montorgueil, élevée sur un petit monticule, à l'entrée des fonds de Leffe et à ce jour, complètement disparue, les Bouvignois entreprirent au XIVe siècle d'importants travaux d'agrandissement du donjon de Crève-Coeur, qui avait été érigé au XIe siècle. Le donjon fut ainsi englobé dans une enceinte, puis on y ajouta une tour, en contrebas, au XVe siècle.

    En 1321, les Dinantais assiégèrent pendant 40 jours la place de Bouvignes. L'Evêque de Liège, Adolphe de la Marck, qui possédait une résidence et un domaine à Dinant, vint personnellement soutenir la fougue des assaillants, en vain et les Dinantais durent repasser la Meuse, bredouilles.

    En 1430, alors que Philippe le Bon régnait sur le comté de Namur, les Dinantais montèrent une nouvelle fois à l'assaut de Bouvignes. Pour cette fois, le Prince-Evêque, Jean VII de Heinsberg, ne prit plus la peine d'effectuer le déplacement. Bien lui en prit, puisque les Dinantais durent, à nouveau, lever le siège, comme en 1321.

    En 1554, Henri II, roi de France, en guerre contre Charles Quint, mit tout le monde d'accord: il fit le siège indistinctement aux deux villes. Bouvignes et Dinant avaient, cette fois, hérité d'un ennemi commun.

Bouvignes château crèvecoeur ruines    A la tête de la défense de Bouvignes se trouvait, en ces temps difficiles, Pierre Harroy, capitaine du château, qui, avec ses 300 hommes, défendit la place avec la dernière énergie. Malgré toute la bravoure dont firent preuve les défenseurs, des murailles et du castel de Bouvignes, les français ne laissèrent par beaucoup plus que ce que l'on peut encore voir aujourd'hui: la porte de Val, percée entre deux tours massives, dont il ne reste que les bases, quelques pans de mur effondrés et le moignon de la tour de Crèvecoeur en ruines.

    La tradition rapporte que trois jeunes filles, fiancées à des défenseurs tués au cours du siège, se réfugièrent tout au sommet de la tour de Crèvecoeur et, de là, plutôt que de subir les derniers outrages, se jetèrent dans la Meuse.

Visite des ruines.

Les vestiges de cette ancienne forteresse, où eurent lieu des combats héroïques, ne manquant pas d'être émouvant. Depuis le premier rocher de Crève-Coeur, d'où la vue s'étend vers le village de Houx, les ruines de Poilvache et la ville de Dinant, on découvre l'un des plus prestigieux panoramas mosans.

                                                                                                                                           La visite est gratuite, ne vous en privez pas !

 

08:00 Écrit par Bob dans Châteaux | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bouvignes, villages esm |  Facebook |

20/04/2007

Le château de Bioul

Un peu d'histoire.

    La seigneurie de Bioul est très ancienne et était déjà connue au Xe siècle. Elle était l'une des plus importantes de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

    Une légende rapporte l'animosité qui existait entre le seigneur de Bioul et les Berlaymont, seigneurs de Montaigle, au début du XIIe siècle.

    En 1434, le château de Bioul dut résister à une violente attaque menée par les Dinantais. Maintenus à distance, il durent se rabattre sur l'église du village et la pillèrent.

1Bioul château grav Remacle Leloup 1738-44 colorisé    Comme beaucoup de châteaux de la région, Bioul fut également le théâtre des nombreuses guerres qui ensanglantèrent le pays au cours des XVIe et XVIIe siècles. Le château fut notamment incendié en 1554 par les troupes du roi de France, Henri II. Les guerres de Charles Quint y amenèrent les vagues de pilleurs. En 1652, des Français, venus de Rocroi incendièrent et pillèrent le village après y avoir tué quatre habitants, puis, à la fin du XVIIe siècle, ce fut le tour des mercenaires de Louis XIV de passer par la région.

    A côté des dégâts causés par les guerres, il faut encore compter les différentes épidémies de peste qui ravagèrent nos contrées, comme celle de 1636 qui causa la mort de pas moins de 40 personnes dans la paroisse de Bioul.

Les seigneurs de Bioul.

    Les premières évocations de membres de la famille d'Orbais apparaissent dans les écrits du XIe siècle, et notamment durant la période de 1095 à 1098, en la personne de Balduinus d'Orbais. C'est un descendant de cette famille que l'on trouve à la tête de la terre de Bioul.

  • Gobert d'Orbais, dit de Bioul était chevalier et seigneur de Bioul de 1210 à 1266. Il épousa Eve de Hierges, fille de Henri de Hierges et de Yolende de Rumigny. Il détenait de nombreuses propriétés, qu'il céda en faveur d'églises ou d'abbayes. Ils eurent deux fils: Gilles et Enguerrand.
  • Gilles d'Orbais devint, à son tour, sire de Bioul et de Hierges et poursuivit les donations à différents monastères, à la manière de son père.
  • Enguerrand d'Orbais ou de Bioul était sire de Hierges, chevalier, avoué de Boignée et souverain bailli du comté. Il succéda à son frère de 1261 à 1292. Il avait épousé Ade, fille de Henri de Loyers, de qui il eut deux filles. La première épousa Jacques de Beaufort de Celle; la seconde, répondant au prénom de Berthe, épousa Gérard III de Jauche, maître d'hôtel de Thomas, comte de Flandre.
  • Gérard III de Jauche devint, du chef de son épouse, le nouveau seigneur de Bioul, à la mort de son beau-père. De leur union naquirent quatre fils et plusieurs filles. L'aîné d'entre eux, Gérard, devint le nouveau seigneur de Bioul.
  • Gérard IV de Jauche fut chevalier (1261 - 1284), sire de Jauche, de Baudour et de Hierges.
  • Gérard V, fils du précédent, chevalier, prit la succession de son père en 1288. Créé chevalier en cette même année, il était à la fois sire de Bioul, de Jauche, de Hierges, de Baudour, avoué de Vencimont, de Bièvre, de Sedan,... Il devint encore maréchal du Hainaut en 1295, avant de mourir vers 1297. Il eut plusieurs enfants, dont son fils Gilles, qui hérita de la terre de Bioul.
  • Gilles, puissant seigneur dans la lignée de ses prédécesseurs, disposait encore d'un domaine étendu et des revenus importants. Son fils, dénommé Gilles également, lui succéda.
  • Gilles, chevalier, sire de Bioul, de Jauche et Hierges, dut vendre le domaine familial de Hierges. Il eut trois enfants: Gilles, Jacques et Jeanne. L'aîné des enfants décéda avant son père et ce fut son cadet, bien que toujours en bas âge, qui devint sire de Bioul.
  • Jacques, sire de Bioul, connut malheureusement les guerres qui ravagèrent la région et, par deux fois, il fut fait prisonnier par les Français. Afin de pouvoir payer la rançon réclamée, il fut forcé de vendre Assche et d'hypothéquer Bioul. Il eut au moins trois enfants: Gilles, Jeanne et Jacques.
  • Gilles de Jauche, fils du précédent (relief de 1427).
  • Jeanne, sa soeur, fit relief en 1466.
  • Jacques, son frère, la remplaça et eut deux enfants, Jean et Jeanne.
  • Jean de Jauche fut le dernier de la famille à détenir le titre de seigneur de Bioul, les terres ayant été hypothéquées par son père Jacques, en 1482, au profit de Nicolas Goblet, marchand de Bouvignes.
  • Nicolas Goblet obtint en plus, en 1487, la jouissance de la terre de Bioul, contre 1924 florins.
  • J. Goblet, fils de Nicolas Goblet, capitaine de Samson, fit relief le 09/08/1502 qui transmit la seigneurie à son fils Jean.
  • Jean Goblet, fils du précédent, reçu la seigneurie le 30/05/1508.
  • Jean de Jauche, qui avait intenté un procès en retrait à J. Goblet obtint gain de cause et put faire relief en décembre 1511. Peu de temps après avoir repris possession de son domaine, Jean de Jauche l'hypothéqua à nouveau. Par un acte fictif, il fit donation, en avril 1518, de la seigneurie de Bioul à J. Onin, dans le seul but d'obtenir des fonds pour subvenir à ses besoins. En octobre de la même année, il s'opposa à la réalisation de l'acte. Toujours couvert de dettes, Jean de Jauche accensa sa seigneurie à son cousin J. de Hosden, à condition, pour lui de liquider le passif qui la grevait.
  • J. de Hosden succéda à Jean de Jauche le 14 mars 1520.
  • Loys de Celles, époux de Marguerite de Cottereau, soeur de Michel de Jauche fit retraire le fief des mains de J. de Hosden, après avoir racheté les rentes qui grevaient la terre de Bioul. Il en fit relief en octobre 1522.
  • Thierry de Brandebourg reçut la terre le 22 décembre 1522 en échange d'une rente de 99 livres. Dès 1524, il fut lieutenant de Berghes, gouverneur et souverain bailli du comté de Namur, seigneur et baron de Bioul, vicomte de Dinant d'Esclaye et de Walzin. Il devint, de par l'estime de son souverain, un des capitaines les plus distingués du pays. Deux de ses fils lui succédèrent Pierre puis Jean.
  • Pierre de Brandebourg était chevalier et gentilhomme de la bouche du Roi. Il eut de son épouse Catherine de la Rivière une fille unique qui s'appela Iehenne et qui mourut en bas âge. Pierre de Brandebourg participa activement aux troubles qui marquèrent le XVIe siècle et s'attira les foudres du duc d'Albe. Pour ses actions, il fut banni et ses biens furent confisqués. Il fut remplacé par son frère Jean.
  • Jean de Brandebourg remplaça son frère à la tête de la terre de Bioul. Deux de ses fils lui succédèrent par la suite: Charles et Gilles.
  • Charles de Brandebourg prit la succession de la seigneurie.
  • Gilles de Brandebourg remplaça son frère.
  • Florent de Brandebourg, fils de Gilles accumulait les titres: il était notamment premier pair du comté de Namur et de Luxembourg, grand forestier de son Altesse au duché de Bouillon, baron de Bioul, Beauraing, vicomte d'Esclaye, Stolzembourg, Oudembourg, Dinant, seigneur de Château-Thierry, Gedinne, Walzin, Rendeux, ..., haut avoué d'Anseremme, Hastière, Falmignoul, ... Ne disposant d'aucun héritier de sexe masculin, ce fut sa fille, Jeanne, qui lui succéda.
  • Jeanne de Bioul était chanoinesse de Nivelles et fit relief de la terre de Bioul en 1702.
  • Marie-Phil.-M. de Bioul, soeur de la précédente vendit le domaine le 22 juin 1708 à Guillaume Bilquin.
  • Guillaume Bilquin; la nouvelle famille seigneuriale avait pour nom de Bilquin, seigneur de Bioul, Marchienne-au-Pont, grand bailli des bois et forêts de son Altesse de Cologne, Primat de Liège. De son épouse , Marie-Agnès de Baillencourt, il eut plusieurs enfants entre lesquels ils partagèrent leurs biens. La terre de Bioul échut à leur gendre Guillaume-Nicolas de Moreau. Guillaume Bilquin décéda le 25 juin 1710. Sa pierre tombale est insérée dans le coeur de l'église de Bioul.
  • Guillaume-Nicolas de Moreau céda la terre de Bioul à son fils André à l'occasion de son mariage le 24 avril 1736. Il était maître de forges, chevalier, seigneur d'Hommelbroeck, bailli et mayeur de la ville de Charleroi. Il obtint confirmation de noblesse et le titre de chevalier par lettres patentes du 9 juin 1731.
  • André de Moreau acquit le moulin banal de Bioul le 22 octobre 1737. Il décéda le 26 novembre 1757. Sa pierre tombale, valant également pour ses deux fils, est insérée dans le transept droit de l'église de Bioul. Il était maître de forges à Neffe et portait les noms de Moreau, de Neffe, d'Arbre. Il avait épousé à Bouvignes Jeanne Bouille, fille de David, échevin de Bouvignes et dont le frère Thierry était bourgmestre de Bouvignes.
  • Guillaume de Moreau, fils d'André lui succéda et fit relief de la terre de Bioul, le 14 mars 1755, avec le concours de son tuteur Charles-Alexis de Montpellier. Le 23 décembre 1762, il acheta à la dame Demartin le domaine et la seigneurie de Neffe. Dénommé seigneur de Bioul, de Romiée et Neffe, il avait acheté, avec son père, la forge du milieu sur le Rouillon. Il décéda le 30 janvier 1776. Tout comme son père et son frère Henri-Simon, qui décéda en 1751, il était chevalier du Saint-Empire. Son fils Jean-Michel-Raymond lui succéda, à sa mort.
  • Jean-Michel-Raymond de Moreau hérita de la seigneurie au décès de son père. Sous le régime français, il devint membre du Conseil général du département de Sambre-et-Meuse et sous-préfet de Dinant. Sous le régime hollandais, il occupa les fonctions de Député aux Etats Géneraux provinciaux à La Haye, puis fut membre de la seconde chambre des Etats Généraux en 1818 et de la première chambre en 1831. Après la naissance du nouvel état de Belgique, il devint bourgmestre de Bioul, où il décéda le 3 juillet 1835.

    Dans la famille de Moreau, lors de la succession, l'aîné des enfants devenait seigneur de Bioul tandis que le puîné recevait la terre de Neffe, son château et le titre de chevalier en héritage. Cette branche s'éteignit en 1870 avec le décès du chevalier Félix de Moreau.

Bioul château entrée chapelle    Les de Moreau cédèrent leur propriété de Bioul, comportant 322 hectares et renfermant deux fermes, un moulin et un pressoir, celle de Neffe, d'une superficie de 199 hectares et la terre de Salet qui comptait 142 hectares, à René Moretus et son épouse Marie de Theux.  Celle-ci lui donna cinq enfants. Henri, le fils cadet reprit le château, mais étant entré chez les jésuites et ne résidant pas à Bioul, il vendit la propriété.

    Locataire de la propriété depuis 1896, M. François Vaxelaire-Claes acheta le domaine à la famille Moretus en 1906. Le château est resté dans la famille depuis cette date et passe de père en fils.

    Raymond Vaxelaire, fils de François, fut anobli et portait le titre de baron, qu'il céda à sa mort, le 11 mars 1947, à son fils François, qui hérita également du château. Ce dernier décéda le 5 novembre 1990 et c'est l'aîné de ses fils, Raymond qui est devenu baron Vaxelaire et le nouveau propriétaire du château de Bioul

Le château de Bioul.

    Comme nous l'avons vu, le château connut différentes fortunes au cours de sa longue existence. Il commandait tout le plateau et relevait directement du Comté de Namur. Les seigneurs de ce fief détenaient le droit de haute, moyenne et basse justice.

    Le domaine fut entouré de ses premiers murs en 1379 et la forteresse était dotée de tous les aménagements de défense disponibles au Moyen-âge. Elle était protégée par des douves en façade et un marécage vers le sud, encore visible actuellement et appelé "trou Hainaut" ou "Grand Pâchis". Ses murs épais étaient flanqués de tours rondes. Ils étaient percés de meurtrières et garnis de créneaux et de mâchicoulis.

    Passé le pont-levis, on accédait à la cour après avoir franchi la seule porte garnie d'une herse. Le pont-levis a été remplacé par une arche en maçonnerie, mais les meurtrières et les mortaises qui recevaient les bras de l'ancien pont-levis sont toujours visibles, de chaque côté de la porte. Le porche est encore orné des armes du maître de forges Guillaume-Nicolas de Moreau et de son épouse.

1Bioul château tour Guimaud    Le donjon offrait refuge lors des sièges; de là partait un souterrain qui débouchait dans la campagne de Denée et permettait la fuite du seigneur. Quelques pans de murs et des fondations de l'ancien château-fort permettent d'affirmer que le castel primitif était antérieur au XIe siècle. Dans le parc du château subsiste encore une tour percée de meurtrières, vestige de l'ancien château féodal.

    Opulente sous les premiers de Jauche, la forteresse était dans un état de délabrement avancé lorsque Thierry de Brandebourg en prit possession contre une rente viagère de 99 florins d'or. C'est à cette époque qu'elle perdit son caractère défensif pour laisser place à un manoir confortable. Il fut reconstruit en 1523, à peu près tel que nous le connaissons aujourd'hui. La tour Grimaud date notamment de cette époque. Une dalle portant les armes de Thierry de Brandebourg fut apposée à mi-hauteur de la tour. Au bas de celle-ci on peut encore voir la pierre funéraire de Nicolas de Hoensbroeck, commandeur de l'ordre teutonique.

    C'est M. François Vaxelaire qui, en 1904, le restaura dans le style du XVIe siècle, avec les conseils éclairés de l'architecte Francken Willemaers.

Description extérieure.

Bioul parc    Bien que le château de Bioul ait été remodelé à différentes époques, il n'en conserve pas moins un dispositif ancestral qui juxtapose haute-cour et basse-cour. L'une s'ouvre sur le village par la grande porte charretière et est entourée par les bâtiments des communs et des dépendances; l'autre, la plus spacieuse, donne accès au splendide parc que renferme le domaine. Entre ces deux cours très étendues, une galerie Néo-Renaissance s'ouvre vers le château.

    Le domaine de 30 hectares est agrémenté de vastes étangs et renferme un parc à l'antique du XIXe siècle et un pavillon Louis XV de plan hexagonal.

    La cour, entourée des communs, a conservé un caractère rustique et se rapproche plutôt d'une cour de ferme seigneuriale agrémentée de deux tours carrées. De grandes portes ornées d'imposantes armatures de fer succèdent aux porches imposants des remises et des granges.

    L'élément apparent le plus ancien est la tour servant de donjon construite en pierres calcaires. Elle est constituée de trois niveaux et est percée de fenêtres à traverses ou croisées, dans les étages. La flèche qui coiffe la tour est ponctuée de petites lucanes.

    La clé du porche qui s'ouvre sur l'actuelle basse-cour en briques et pierres bleues porte le millésime 1792 et est surmontée des armes du maître de forges Guillaume-Nicolas de Moreau et de son épouse. L'habitation située à la gauche de ce porche a été remaniée en 1904 par l'architecte Francken Willemaers. Celle-ci a cependant gardé du XVIIIe siècle ses belles voûtes en brique avec ses nervures plates. L'intérieur a encore conservé les plus beaux éléments anciens, parmi lesquels, une rampe Louis XV et un escalier de style Empire.

    Deux tours circulaires flanquent le château qui a la forme d'un U écrasé. Le corps de logis comporte cinq travées. Les ailes latérales en développent trois. L'ensemble porte le millésime 1620.

                                                                                                                               

23:28 Écrit par Bob dans Châteaux | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : bioul, villages esm |  Facebook |