14/08/2007

Le château d'Annevoie, l'origine du domaine

Vue aérienne cp couleur    Un petit ruisseau, affluent de la Meuse, le Rouillon, dévale une forte pente, tout en gardant une surprenante régularité de débit, sur le territoire d'Annevoie. Tous les éléments étaient donc réunis pour permettre l'installation, tout au long de son parcours, de roues hydrauliques qui actionnaient des moulins, des forges, des ateliers de taillanderie et des polissoirs à dalles de pierre bleu foncé.

    Une seigneurie féodale ne pouvait manquer de se constituer dans un endroit autant favorisé, avec pour objectif de percevoir des redevances des usagers de ces multiples moteurs hydrauliques et des exploitants des nombreuses industries locales.

Annevoie la tour    Incluse dans le comté de Namur, la seigneurie foncière ainsi constituée dépendait du baillage de Montaigle. Les vicomtes de Namur d'Elzée détenaient donc la seigneurie hautaine et foncière d'Annevoie qui leur assurait des profits nullement négligeables. De ce fait, lorsqu'ils vendirent le domaine aux Halloy, ils gardèrent la seigneurie et ses privilèges.

                                                                                                                                         (à suivre...)

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21/07/2007

Le château-ferme de Falaën

Les origines du château-ferme:

Falaën château ferme extérieur    La terre de Falaën faisait jadis partie du domaine de Montaigle. Elle fut achetée en 1628 par un certain Gilles Polchet, mayeur de Bouvignes, alors que la forteresse de Montaigle était déjà abandonnée depuis trois quart de siècle.

Falaën château ferme portail d'entrée    C'est son petit-fils, le chevalier Pierre Polchet, qui fit construire sur cette terre le château-ferme de Falaën, entre 1670 et 1673, comme le précisent les chiffres formés par les ancrages dans les murs.

    Le caractère défensif de la ferme se justifiait pour protéger l'exploitation des multiples bandes armées qui sévissaient dans la région.

Les différents propriétaires:

    Au XVIIIe siècle, on vit le domaine passer aux Coppin, famille fort populaire de la région. Cette popularité leur valut de ne pas être dépossédés de leurs biens lors de l'occupation française.

Falaen château    Cette famille acquit la célébrité lorsque, en 1830, Feuillen de Coppin devint membre du gouvernement provisoire établi à la Révolution du peuple belge contre l'occupant Hollandais. Membre de la Constituante, il fut Gouverneur de la province du Brabant avant de venir se retirer sur ses terres à Falaën où il mourut en 1887, à l'âge de 87 ans. Il était le dernier survivant de l'équipe, qui au lendemain de la défaite rapide des Hollandais, avait collaboré à la destinée de la jeune Belgique.

Falaën coin droit    Durant la première moitié du XXe siècle, le château-ferme qui avait été acquis par la famille Delhaye, continua d'assurer son rôle d'exploitation agricole.

    Le château-ferme de Falaën  est actuellement le siège du syndicat d'initiative de l'entité de Onhaye et renferme le musée des Confréries Gastronomiques. De multiples activités y sont organisées par la Confrérie "Li Crochon" : expositions d'artistes régionaux, expositions de verres à bière, etc. Dans les caves, l'ancienne cuisine du château a été aménagée pour déguster "Li Crochon" et sa fameuse cuvée.

Description des différents bâtiments.

Falaën château ferme tour-porche    Le bâtiment se présente comme un vaste quadrilatère homogène en briques enduites, de moellons de calcaire de la région et couvert d'ardoises. Edifié dans le style traditionnel légèrement teinté de baroque, il est flanqué de trois tours d'angle carrées et d'une tourette surmontée d'un toit bulbeux. L'ensemble était, à l'origine, entouré de douves et un pont-levis donnait accès à une tour-porche. Actuellement, le pont-levis d'antan a été remplacé par un pont à trois arches qui enjambe les vestiges des anciennes douves.

    Passé le pont, on s'engage sous l'arc en plein cintre du portail qui perce la tour-porche datée de 1672. On peut encore apercevoir, entre les gros pilastres en saillie les traces laissées par les glissières de l'ancien pont-levis. De part et d'autre de la tour-porche, s'étendent deux longues ailes de dépendances.

Falaën château ferme cour intérieur    Un imposant corps de logis comportant une jolie porte baroque à linteau droit et daté par ancres de 1673, occupe toute l'aile droite de l'édifice. A l'angle, la tour colombier à couverture bulbeuse est millésimée 1670. A la gauche du corps de logis, on découvre toute une aile d'étables basses bâtie en moellons enduits. Pour refermer le quadrilatère, une imposante grange bâtie en moellon est disposée en long et assure l'équilibre des masses. Elle est couverte d'une toiture à croupettes et coyaux. Une petite tour carrée, plus trapue, vient se greffer à l'angle extérieur. La colonne élancée du pilori de justice, qui autrefois se dressait à l'extérieur a été placée au centre de la cour.

    A l'intérieur du corps de logis, bon nombre de lourdes portes en chêne sont encore d'origine, de même que le magnifique escalier de style Louis XVI et que quelques stucs qui ornent le dessus d'une cheminée. 

                                                                                                                                       Bonne visite...

20:55 Écrit par Bob dans Châteaux | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : villages esm, falaen, molignee |  Facebook |

08/07/2007

La conservation des ruines

gunitage    Malgré l'intérêt que la famille del Marmol a toujours porté, celle-ci devait constater vers le milieu du XXe siècle que la dégradation des ruines était en train de s'accélérer. Un projet de collaboration bénévole d'une poignée de personnes fut donc mis sur pied, à l'initiative de Monsieur Jacques Beckman. C'est ainsi que fut mise sur pied l'association des Amis de Montaigle en 1969 avec objectif de sauvegarder, et non de restaurer, les vieux murs de la forteresse.

    Dans un premier temps, ils entreprirent de déblayer les ruines en les dégageant de la végétation envahissante. Déboisement et débroussaillage furent entrepris par une troupe de scout. Ensuite vint le temps de consolider les murs, ce qui a rendu un peu de la superbe à la vieille forteresse. La technique employée pour la consolidation des murailles fut la projection de béton par gunitage. Le Ministère du Patrimoine dégagea en 1998 une somme de quelque € 9000 pour financer la poursuite des travaux de consolidation. Ceux-ci furent confiés à la SA Pasek de Anhée.

Montaigle salle banquet    Après le bénévolat et le mécénat sont arrivés les subsides et les contrats "Prime" octroyés par la Région wallonne. L'association a aménagé un musée ainsi que des salles utilisées lors de banquets ou de fêtes et proposées à l'occasion de quelque réunion.

 

Contact:

Les Ruines de Montaigle, rue du Marteau, 10 à 5522 Falaën

Tel:  082/69.95.85

Fax: 082/21.39.66

e-mail: info@montaigle.be

                                                                                                                                          Bonne visite...

07/07/2007

Montaigle après la Révolution

Les ruines après la Révolution française.

 

Montaigle ruines colorisée    Lors de l’annexion du comté de Namur à la France, en 1795, le domaine de Montaigle fut donné en location à un cultivateur des environs avant d’être vendu, comme bien national, à un bourgeois de Dinant qui le morcellera avant de le vendre à son tour à différents propriétaires.

    C’est de cette façon, que le piton rocheux et les ruines de l’ancienne forteresse se trouvent en la possession d’une gantoise du nom de Césaire Colette Flavie du Rot, veuve van den Bogaerde, qui se fait construire un pavillon d’été dans l’enceinte du vieux château. Elle avait acheté les ruines, en 1827 à un salinier de Dinant.

Montaigle ruines et tunnel Foy Marteau    A cette même époque, les habitants des environs se servent du site comme d’une carrière et viennent récupérer des pierres de l’édifice, en vue de la construction de leur habitation, au grand dam de la propriétaire des lieux, qui ne parvient pas à se faire rendre justice. Elle se décida donc à vendre la propriété, en 1854, au comte de Beauffort, président de la Commission Royale des Monuments. La veuve de ce dernier cédera ensuite le bien, en 1865, à M. Emmanuel del Marmol et à son frère Eugène, ce dernier étant président de la Société archéologique de Namur. Ceux-ci rachèteront, chaque fois que l’occasion s’en présentera, les différents lots qui constituaient l’ancien domaine militaire, à l’origine. Le territoire du château de Montaigle est resté, jusqu’à ce jour dans les mains de leurs descendants.

    Les ruines furent classées comme monument le 05/11/1965 et les alentours comme site les 25/10/1946 et 11/09/1981. Le site fait encore partie du Patrimoine majeur de Wallonie depuis 1993.

 

La légende.

 

    Une légende habite encore les murs déchiquetés de la vieille forteresse et les tours éventrées de Montaigle. Elle rappelle que les Berlaymont, seigneurs de Montaigle et les Bioul étaient d’irréductibles ennemis, à la façon des Capulets et des Montagu de Véronne.

    Vous la retrouverez sous la rubrique "légendes", sous le titre de "Midone de Bioul".

                                                                                                                                         (à suivre...)

06/07/2007

Les seigneurs de Montaigle

Les premiers châtelains :

 

1355 : Jehan de Hanecke ;

1371 : Willaume de Liebincs ;

1395 : Renichon delle Haye ;

1440 : Bureal de Huz ;

1456 : Guillaume de Rosinbois ;

1479 : Godefroy Deve ;

1489 : Jacques de Senceille ;

1505 : François de Hontoir ;

1542 : Godefroy de Hontoir ;

1554 : Etienne de la Jocquière.

 

Le bailliage de Montaigle.

 

Montaigle gravure anc    En 1786, on comptait sur le domaine du bailliage de Montaigle huit forges et deux fourneaux. Le châtelain, sorte de commissaire d’arrondissement remplissait la haute surveillance. Le premier connu fut Jehan de Hanecke, en 1355 (cf. « quelques châtelains de Montaigle au Moyen-Âge »), et le dernier, de Monpellier, en 1794. Il exerçait en même temps la charge de bailli et avait en main le gouvernement particulier et l’administration de la justice.

    Le 24 juin 1793, la haute cour du bailliage de Montaigle comptait encore huit forges.

                                                                                                                                             (à suivre...)

05/07/2007

Montaigle au XVIe siècle

Montaigle gravure anc 2    A l’époque de Charles Quint, les fortifications du château de Montaigle ne recevront pas une adaptation pour pouvoir résister au feu de l’artillerie ennemie, à l’instar de celles de Bouvignes, Dinant, Agimont, et Château-Thierry. La forteresse, située à l’écart de toute voie de communication, ne défend, en effet, aucune route stratégique et ne peut pas servir d’appui aux châteaux du bord de Meuse.

    Au début de l’été 1554, les forteresses défendant la voie fluviale ne seront cependant d’aucun secours, devant la vague dévastatrice de la soldatesque française remontant la Meuse, sous les ordres de leur roi Henri II, au cours de la cinquième guerre contre Charles Quint. Les envahisseurs sèmeront la misère sur leur passage, mettant à sac toute la région. Mariembourg tomba rapidement, Dinant ouvrit ses portes après une canonnade, Crèvecoeur fut démantelé et Montaigle connut le même sort, lorsque François de Clèves, duc de Nevers, à la tête d’une petite troupe, reçut comme consigne de procéder à la démolition "du chasteau de Disnant et de tous les autres petits forts de l’environ".

    La garnison de Montaigle, qui avait reçu l’ordre de se replier sur Namur, laissa le château sans défense et celui-ci, pillé de fond en comble, subit un incendie en juillet 1554.

Montaigle ruines et tunnel chf    N’étant pas d’un grand intérêt stratégique aux yeux des autorités de l’époque, il ne fut pas reconstruit. Montaigle restera cependant le centre du bailliage, bien que le bailli tint séance dans le village voisin de Falaën. Les ruines furent encore, semble-t-il, partiellement remises en état et occupées. Les baillis de la terre de Montaigle portèrent le titre de châtelain jusqu’à l’annexion du comté de Namur à la France, mais depuis la destruction du château en 1554, ce titre n’était plus qu’honorifique. {1}


{1}  Dans Annales de la Société Archéologique de Namur, 1859.

                                                                                                                                          (à suivre...)

04/07/2007

La forteresse de Montaigle

Montaigle ruine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Description de la forteresse.

    La construction se compose de trois parties distinctes :

  • La basse-cour: située dans la plaine, au pied du château, elle abrite les granges, les écuries et des prairies.
  • Le corps de logis: implanté au sommet du pic, il est défendu par une tour ronde.
  • Les communs et le puits: situés entre ces deux autres espaces dans une position intermédiaire. Le puits profond de 33 mètres reçoit les eaux d'une source. Le fond en est taillé dans la roche et le cuvelage intérieur est maçonné.

    Le château proprement dit est construit sur un plan symétrique et ses tours, au nombre de dix, sont équidistantes les unes des autres.

Les premiers propriétaires du château.

Montaigle ruines actu    Guy de Namur reçut, du pape Clément V, par une bulle donnée à Carpentras le 06/07/1310, l’autorisation d’y fonder une chapelle castrale.

    C’est encore ce Guy de Namur qui, à la tête de combattants flamands, affronta Philippe le Bel, roi de France en 1302, lors de la célèbre Bataille des Eperons d’Or. A cette occasion, il désigne son "chastel de Faing " comme prison possible pour une douzaine de chevaliers français qui furent capturés, de même que le château de Courtrai.

    Un lien a pu être établi entre la dénomination « Faing » et celle de « Montaigle » par le contrat de mariage établi en 1311 à Sierck-sur-Moselle et dans lequel il est stipulé que le douaire de la future épouse de Guy de Namur, Marguerite de Lorraine, est, en autres, constitué du "chastel de Fainges, com dist de Montaigle" .

    A la mort de cette dernière, Montaigle retourne dans les possessions de Guillaume Ier, comte de Namur. A partir de ce moment (environ 1350), le château devient le siège d’un bailliage. C’est de cette époque que date l’extension de la cour et l’aménagement d’une terrasse contenue par une nouvelle courtine défendue par trois nouvelles tours ouvertes à la gorge.

    En 1421, suite à des revers de fortune, Jean III vend le comté de Namur à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Celui-ci prend possession de son nouveau domaine en 1429. En cette première moitié du XVe siècle, la forteresse subit de nouvelles transformations qui en font un domaine à l’aspect nettement plus résidentiel, lieu de rendez-vous de chasse de la noblesse namuroise. Les tours sont modifiées au profit de l’habitat et une citerne à eau est creusée. Des latrines et un four à pain sont ajoutés à l’édifice.

    Jeanne d’Harcourt, veuve de Guillaume II est reconnue dans ses droits sur la terre de Montaigle, jusqu’à sa mort, en 1455. A cette époque, une petite garnison composée d’une vingtaine d’hommes garde encore la place.

    A deux reprises, en ce XVe siècle, le piton rocheux fut attaqué par les Dinantais, toujours prêts à en découdre avec les soldats du duc de Bourgogne, Philippe le Bon et en 1466, le régent Charles le Téméraire leur fit payer très cher leur audace.

                                                                                                                                           (à suivre...)