11/11/2007

Bière, fromage, tourisme et informatique à Maredsous

Maredsous abbaye 011 entrée jard sud 1926     La gestion financière d’une abbaye à notre époque est tout à fait différente de ce qu’elle pouvait être au Moyen-âge. L’autarcie n’est plus de mise et l’argent ne peut plus être thésaurisé comme autrefois, avant la Révolution française. Les vastes exploitations agricoles, desquelles les communautés religieuses tiraient leurs ressources, furent confisquées à la fin du XVIIIe siècle par le pouvoir de l’époque et vendues comme bien national. C’est pour cette raison que les professions rurales pratiquées jadis par les communautés religieuses ont fait place à des qualifications répondant plus aux exigences de notre société.

 

Le fromage.

Maredsous pano 2 face    Les moines de Maredsous se sont donc lancés dans la production de fromages à croûte qu’ils écoulaient dans la région. Victimes de leur succès, ils concédèrent, en 1959, l’exclusivité de la production à des fromagers professionnels de la Laiterie régionale de Herve  qui, tout en respectant la tradition et la qualité des produits, se sont efforcés de gérer la production de façon moderne et de les diversifier.

 ambiancetradition   Les fromages passent toutefois toujours par les caves de l’abbaye pour un court séjour d’environ trois semaines, le temps de l’affinage. Cette opération leur confère leur spécificité qu’ils retirent de la flore et du climat particulier de l’endroit. La production tourne autour de 3000 tonnes de Maredsous et de Fagnar.

    La commercialisation des produits est assurée par  la société Fromagerie – Brasserie de Maredsous (FOBRA) qui distribue également la bière dans les commerces alimentaires. Les moines se contentent de prélever un petit pourcentage en termes de royalties sur le prix de vente des produits.

 

La bière.

maredsous bières    Les différentes bières de Maredsous sont fabriquées par la brasserie Moortgat implantée à Breendonk, dans la province d’Anvers. Cette brasserie est également chargée de la distribution des produits dans l’Horeca.

 

 

 

 

L’hôtellerie.

Maredsous abbaye 028 hôtel Emmaüs 1926    Trois lieux d’accueil sont mis à la disposition des personnes en quête de calme et de sérénité, le tout dans un cadre verdoyant et magnifique. Chambres et appartements sont mis à la disposition des voyageurs. C’est ainsi trois à quatre mille pensionnaires qui séjournent chaque année au monastère.

 

 

L’informatique.

    Dans les années 50, les moines de Maredsous ont réalisé une traduction complète de la Bible. Pour éliminer quelques belgicismes, ils ont collaboré avec les moines français de Hautecombe en vue d'effectuer une révision littéraire de leurs travaux. L'Imprimatur est daté de 1977, aux éditions Brepols.

    En 1999 est parue la Bible Pastorale de Maredsous, édition de référence dans le monde catholique, utilisés notamment au cours des offices religieux.

Maredsous sigle info et bible    Passionné d’informatique, le Frère Ferdinand Poswick créa en 1981 l’A.S.B.L. Probi, chargée de diffuser la Bible sur disquettes. En 1985, le centre Bible et informatique passa un accord avec le minitel français pour la diffusion de la Bible et de deux dictionnaires religieux. Toujours à la pointe du progrès, les moines éditent de puissants logiciels d'étude et de lecture biblique.

                                                                                                                                         (à suivre...)

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07/11/2007

Les moines de Maredsous et l'enseignement

1° Le collège St-Benoît.

Maredsous ecole    Fondée en 1881 par le Père Gérard van Caloen, l’école abbatiale proposa, au départ, un centre d’enseignement traditionnel : un collège d’humanités gréco-latines, à laquelle on ajouta un internat. Le collège accueille actuellement quelque 300 élèves. Depuis l’année 1996, il est mixte, en externat, dans un premier temps. Les moines estiment que leur école doit combiner une formation à la fois humaniste et scientifique.

2° L’école des Métiers d’Art St-Joseph.

Maredsous abbaye 026 éc métiers art

    Le bâtiment rappelle le style des manoirs anglais des XVe - XVIe siècles.

    En 1903 fut créée l’école des Métiers d’Art, dont les bâtiments se situent à 200 mètres à droite de l’abbaye.

    Fin 1890, Dom Hildebrand, second abbé, soumet à la communauté son vœu de faire construire à Maredsous un établissement d’enseignement dans lequel des enfants défavorisés pourraient être initiés à la menuiserie, plomberie, cordonnerie, … ; le but caché étant de susciter l’éveil de nombreuses vocations religieuses.

    Le Père Pascal Rox fit évoluer le projet initial de son abbé vers l’établissement d’une école d’art à l’instar des abbayes du Moyen-âge qui formaient des jeunes à l’orfèvrerie sacrée, à l’émaillerie religieuse, à la reliure des manuscrits liturgiques, à la sculpture, à l’ébénisterie et à la confection des ornements destinés au culte. C’est en 1903 que le Père Pascal Rox devint directeur de l’école St-Joseph et donna son impulsion à l’établissement.

De 1903 à 1914.

maredsous accueil    L’école s’ouvre avec 9 élèves inscrits et ne comporte encore que le bâtiment central actuel. Dom Hildebrand, d’origine anglaise, la voulut dans le style des manoirs anglais des XVe – XVIe siècles. Deux ailes latérales vinrent s’ajouter au bâtiment principal en 1908, suivant les plans du Père Sébastien Braun. Ces deux annexes abriteront les ateliers de modelage et de dessin. Le but recherché était de former de bons artisans dotés d’une bonne culture générale destinés à exécuter les projets d’œuvres d’art fournis par des artistes. Des réalisations remarquables ont été réalisées à cette époque, non seulement pour l’abbaye, mais encore pour des clients extérieurs. La guerre de 14 mettra un terme à cette belle expansion.

De 1919 à 1939.

Maredsous abbaye 021 bibliothèque    Suite aux restrictions dues à la guerre, l’école ne peut rouvrir immédiatement ses portes, faute d’argent, celle-ci étant entièrement subsidiée par l’abbaye. On songea même à la supprimer complètement. L’école est placée sous la direction du Père Laurent Matthieu.

    En 1919, Dom Célestin Golenvaux, qui était à même de donner des cours d’orfèvrerie, proposa alors une solution alternative et d’attente : Il s’agissait d’engager d’anciens élèves qui avaient été formés à l’école et de réaliser des commandes pour des clients extérieurs. Les travaux de broderie et de reliure se sont plus poursuivis ; ne seront conservés que l’orfèvrerie, l’émaillerie, l’ébénisterie et la sculpture des pièces de bois.

    C’est la période de reconstruction des lieux de culte dévastés par la guerre, notamment en Flandre et en Hainaut, ainsi que l’époque de la construction de nouvelles églises en Campine où se développe l’industrie charbonnière et l’implantation de nouvelles cités ouvrières. Aussi, « les commandes affluent et stimulent l’esprit de créativité du personnel d’encadrement de l’Ecole où règne, depuis son atelier de dessin, le Père Sébastien Braun ».

    A la même époque, le Père Remacle Rome lance sur le marché des produits de lutherie tels que violons, violoncelles notamment appréciés par Eugène Ysaïe. Ce fut un fiasco du point de vue commercial et la production dû être interrompue.

    La renommée de leur savoir-faire s’étend de plus en plus et leur participation à différentes expositions et toujours très remarquée.

De 1939 à 1964.

Maredsous StJoseph2    Le Père Ambroise Watelet prend la direction de l’école en 1939 et, avec le Père Anselme Gendebien, directeur chargé de la formation générale des élèves de l’époque, ils vont insuffler une orientation nouvelle à l’Ecole. Le but initial recherché par les moines, qui était de ne former que des artisans, va s’orienter vers la formation d’artistes. De cette Ecole de Métiers d’Art sortiront des Flix Roulin, Jean Williame, Emile Souply , …

    1951 vit s’ouvrir une nouvelle section : la céramique, dirigée par le professeur Owczarek, de Paris. La réputation de l’école dépasse les frontières et nombre de réalisations présentées dans les expositions recueillent de Grands Prix.

    Le Père Grégoire Watelet prend la succession à la tête de l’Ecole en 1958 et l’ouvre à des échanges internationaux, notamment avec la Suisse.

    1964 verra la fin de l’Ecole des Métiers d’Art de par sa fusion avec l’Ecole artisanale de Namur. Cette fusion verra la création de l’Institut des Arts et Techniques Artisanales (I.A.T.A.).

    De toutes les disciplines enseignées à Maredsous, il ne reste plus, actuellement, que la céramique sous l’impulsion d’Antonio Lampecco, maître-potier de renommée internationale.

La reconversion des locaux.

Maredsous fossiles    Une première partie des locaux libérés abriteront, à partir de 1973, les collections scientifiques rassemblées par le Père Grégoire Fournier afin de les mettre en valeur et d’en faire profiter le public au cours d’expositions temporaires organisées par l’A.S.B.L. « Centre Grégoire Fournier »

    Une autre partie des locaux désertés seront occupés, dans un premier temps, à partir de 1984 par le « Centre informatique Biblique », qui sera transféré, un peu plus tard, à « Emmaüs », en face de l’Ecole.

    En 1996, les locaux de l’ancienne école remplacent ceux de la « Clairière » et du « Foyer ».

                                                                                                                                         (à suivre...)

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05/11/2007

Maredsous et la règle de St-Benoît

Maredsous st benoit    Au VIe siècle de notre ère, St-Benoît de Murcie qui a établi une communauté au Mont Cassin en Italie, écrit une « Règle » applicable pour les moines chrétiens. Il s’agit, en quelque sorte, d’un ensemble de conseils destinés à régler l’organisation matérielle du monastère et à diriger l’animation spirituelle de la communauté monastique. Calquée sur les principes de l’évangile cette règle propose aux moines qui ont opté pour ce mode de vie, une ligne de conduite à suivre tout au long de leur vie.

    Les bénédictins ne sont pas les seuls à suivre cette Règle. Cisterciens et Trappistes ont également adoptés la règle de St-Benoît. La vie du moine se partage donc entre prière et travail manuel.

Maredsous cour école    Pour ce qui concerne la communauté de Maredsous, bien intégrée dans la société contemporaine, elle a organisé son économie en fonction des exigences du sacré et des besoins de la communauté. Centre d’enseignement, elle est aussi un centre d’artisanat d’art et d’édition.

    Comme la tradition bénédictine le souhaite, l'abbaye doit également être un foyer culturel. Elle réalisa cet objectif déjà en 1882 en éditant le premier missel latin-français, puis en publiant à partir de 1884 la Revue bénédictine et en traduisant en 1950 la Bible en français.

Maredsous abbaye 009 SE & cheval    Au sein de la communauté, chacun vaque à sa tâche : certains sont enseignants ou éducateurs au Collège St-Benoît. D’autres travaillent à la bibliothèque, dans divers secteurs de la recherche scientifique, au Centre Informatique et Bible ou s’occupent du service d’administration et de fonctionnement de l’abbaye. D’autres encore, collaborent aux ateliers d’art ou à la fromagerie ; certains s’occupent de l’accueil des clients à l’hôtellerie « Au Monastère », au camp permanent, au service Accueil et Conseil, au Centre d’Accueil Saint-Joseph. Quelques-uns, enfin, occupent des postes à l’extérieur, dans la pastorale ou dans l’enseignement.

    Les moines de Maredsous mettent donc en pratique, depuis la fondation de l'abbaye, la règle principale de leur ordre: "Ora et Labora". Ils mènent de front, journellement activités spirituelles et matérielles.

Maredsous abbaye ferme    Pour faire face au gouffre financier que représente l’entretien des bâtiments et les nombreuses œuvres dont l’abbaye s’occupe, les moines tirent un complément de revenu de la commercialisation sous le nom de Maredsous de la bière, du fromage et du pain de l’abbaye. De plus, les différentes activités de l'abbaye offrent une centaine de postes à des laïcs de la région, employés à tous les niveaux de cette PME.

    Au cours des années, l’abbaye de Maredsous procéda à de nouvelles fondations : l’abbaye bénédictine du Mont César à Leuven, Glenstal en Irlande, Gihindamuyaga au Rwanda, Quévy dans le Hainaut.

                                                                                                                                         (à suivre...)

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04/11/2007

L'abbaye de Maredsous, les premiers moines

    Dès le début des travaux en 1872, Dom Hildebrand accompagné de huit  moines de Beuron, parmi lesquels le prieur dom Placide Wolter, vinrent s’installer à Maredsous au château Desclée.

    En 1876, l’aile sud du monastère étant terminée, ils purent s’y installer. Dom Gérard de Caloen devint leur nouveau prieur et le réfectoire actuel leur servit temporairement d’église.

    En 1878, l’abbaye de Maredsous reçut son autonomie et le premier prieur, dom Placide Wolter devint le premier abbé.

marmionagif    Hildebrand de Hemptinne, décédé en 1913 fut élu, en 1890, second abbé de Maredsous (premier abbé belge). Il était Premier Primat de la Confédération bénédictine. Il fut l’architecte de l’abbaye de Maredret et de celle de Saint-Anse    lme à Rome.

Dom Columba Marmion, né à Dublin en 1858, décédé en 1923 et de nationalité irlandaise, devint moine de Maredsous en 1888. Il sera le troisième abbé de Maredsous de septembre 1909 à sa mort le 30/01/1923.Il est connu pour ses ouvrages spirituels traduits dans de nombreuses langues. Son procès de canonisation a été introduit à Rome. Il a été béatifié le 03/09/2000 par le Pape Jean-Paul II.

Célestin Golenvaux (1923-1950) fut, pour sa part un administrateur perspicace.

Olivier du Roy (1969-1972) procéda à une réforme audacieuse.

Dom Nicolas Dayez, septième abbé de Maredsous, dirige la communauté depuis une trentaine d'années.

 

Quelques noms de moines célèbres peuvent être rappelés:

Anselme Deprez (+1928) qui fut un grand organiste et un compositeur de chants

     sacrés en français.

Grégoire Fournier (+1931), moine de Maredsous qui a constitué un musée d’histoire naturelle d’une très grande richesse. Ce musée est installé dans les bâtiments de l’école des Métiers d’Art, où sa conservation est assurée par une asbl qui porte le nom de Grégoire Fournier.

Usmer Berlière (+1932). Historien renommé de l’histoire bénédictine, il a été directeur de l’Institut Historique Belge à Rome.

Germain Morin (+1946). Célèbre savant dans le domaine des textes latins anciens. Il a découvert de nombreux documents anciens, parmi lesquels certains de Saint-Augustin.

Cyrille Lambot (+1968). Grand spécialiste de Saint-Augustin, dont il a, entre autres, entrepris une édition critique des sermons.

Hilaire Duesberg (+1969). Auteur de nombreux ouvrages autour de la Bible, il était membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature française.   

Georges Passelecq (+1999) décédé à un mois de son 90e anniversaire, il fut une grande figure du dialogue judéo-chrétien. Il fut également le traducteur de la première Bible en français – la Bible « de Maredsous ».

 Fils d’un grand avocat bruxellois, entré à l’abbaye de Maredsous en 1925, il se distingua durant la seconde guerre mondiale au sein des services secrets du colonel Daumerie.

Prisonnier de guerre en 1940, évadé la même année, arrêté et relâché en 1941, il fut repris en octobre 1941 par les Nazis qui le condamnèrent à quatre ans de prison. Il fut déporté au camp de Dachau où il fut libéré par les Alliés le 29 avril 1945, après quoi il repris de suite ses activités en temps que capitaine du Service de renseignements de l’armée. Cette position lui permit de retrouver les cloches de l’abbaye dans la ville de Hambourg. A son retour en Belgique, il fut encore aumônier général de la Croix-Rouge de Belgique jusqu’en 1974.

Autodidacte, outre la traduction de la Bible en 1950, il participa avec Ferdinand Poswick à sa publication sur support informatique en 1974.

                                                                                                                                  (à suivre...)

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28/10/2007

L'abbaye de Maredous, un peu d'histoire

Son origine.

Maredsous tableau projet       Les moines de l’abbaye bénédictine de Beuron, fondée en 1863 par Catherine de Hohenzollern et implantée dans le sud de l’Allemagne, en Prusse, ressentent de plus en plus péniblement l’influence anti-catholique du chancelier Bismarck (kulturkampf) et s’efforcent de créer des centres de repli hors des frontières de l’empire allemand.

    Un jeune moine de cette congrégation originaire de Gand, Félix de Hemptinne, en religion Dom Hildebrand, voulait à tout prix établir un monastère bénédictin en Belgique et parvient d’en convaincre son abbé.

Ci-dessus, un tableau du projet d'abbaye.

Abbaye panorama    En cette fin du XIXe siècle, notre région connaît un vaste mouvement de renaissance catholique et les Desclée, famille de riches industriels tournaisiens envisagent d’implanter un couvent sur les terres qu’ils détiennent à Denée. Leur régisseur, Victor Mousty, ami de Dom Hildebrand, organise leur rencontre. Henri-Philippe Desclée et ses deux fils, Henri et Jules, se déclarent prêt à céder des terrains à Maredsous afin d’y ériger une nouvelle abbaye.

    C’est ainsi que le 15/10/1872 est scellée l’association entre des laïques et des religieux, entre la famille Desclée et l’abbaye de Beuron.

 

Sa construction.

Maredsous abbaye 003 NE color 1904    Les plans furent élaborés par le baron Jean-Baptiste Béthune, fondateur des Ecoles Saint-Luc. L’architecte choisit le style néo-gothique qui rappelle les bâtiments grandioses des anciennes abbayes de Villers-la-Ville et d’Aulne. L’abbatiale et le cloître furent terminés en 1888. Les travaux dureront vingt ans.

    L’ensemble est réalisé en pierre calcaire du pays. La teinte grise, légèrement bleutée de ces pierres lui confère un aspect simple, sobre et austère. La basilique d’une longueur de 76 mètres et large de 28 mètres est surmontée de deux tours de 54 mètres de haut. La nef comportant huit travées est éclairée par des vitraux créés, pour la plupart, par le maître-verrier Colpart.

Maredsous école métiers d'art    Par la suite différents bâtiments y furent adjoints : l’école abbatiale en 1881 ; l’école des Métiers d’Art en 1903, dont les bâtiments sont regroupés à quelque 200 mètres à droite de l’abbaye et qui renferment actuellement le Centre Grégoire Fournier et le siège du Centre Informatique et Bible ; une nouvelle bibliothèque en 1947 (dessinée par l’architecte J.Schumacker), située derrière les bâtiments principaux et un centre d’accueil, appelé la « Clairière » en 1948.

    La chapelle St-Benoît, but de promenade de nombreux pèlerins, est située au pied de la tour de droite.

 

La basilique.

    L’église abbatiale, qui a rang de basilique, domine la vallée de la Molignée, juchée au sommet de la colline. Des transformations furent apportés à l’édifice entre 1956 et 1957.

 

« En élévation deux étages : grandes arcades surmontées d’un mur blanc, fenêtres hautes en tiers point. En façade, l’éclairage est assuré par trois fines lancettes. A l’extrémité du choeur et des deux bras du transept, trois autres lancettes, mais surmontées d’une rose. La voûte en bois imite le ciel d’un bleu nuit profond piqueté d’étoiles d’or. Au-dessus du choeur, elle est agrémentée d’anges en buste d’un dessin ravissant. Les vitraux donnent la touche de couleur. Certains illustrent les grands mystères chrétiens : la Pentecôte, l’Eucharistie, la Vierge, les Ordres Religieux.

Dans les chapelles latérales, ona représenté les saints patrons des donateurs : Desclée, de Mérode, de Montpellier, de Limminghe, van Caloen, de Moreau, de Hemptinne, de Brouwer, Casier, de Meester, de Kerkhove, del Marmol,… »

 

Le cimetière.

Maredsous vue d'avion    Le cimetière, implanté tout le long du chevet de l’église, domine la vallée de la Molignée. Il renferme une centaine de tombes surmontées d’une simple croix de chêne reprenant les noms et les dates de décès des moines défunts.

    Les caveaux des Pères abbés de Maredsous et des membres de la famille Desclée, fondatrice de l’abbaye, sont abrités dans la crypte de la chapelle romane.

                                                                                                                                         (à suivre...)

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02/08/2007

La famille des du Jacquier de Rosée

    La famille des du Jacquier de Rosée occupait des postes de maîtres de forges depuis plusieurs générations dans l'Entre-Sambre-et-Meuse. Un de leurs ancêtres, Collart Jacquis ou Jacquier prit en 1516 en "arrentement" du seigneur de Trélon, Louis de Blois, un fief à Eppe-Sauvage. {1} Ce fief comprenait notamment une grosse forge avec un marteau et des affineries.

Antoine L Jacquier de Rosée    En 1651, Laurent Jacquier, un de ses descendants, épousait Catherine Godart, la fille de Maurice Godart, maître de forges à Anthée et vint s'établir auprès de sa belle-famille. Il y exerça la profession de maître de forges. En 1674, il acheta la forge de l'Agnelée, ainsi que la terre de Rosée, en 1688. En 1705, il fut anobli par Philippe V et son fils Jacques Gabriel fut créé baron en 1726.

    Le petit-fils de ce dernier, Antoine-Laurent fit atteindre des sommets à  l'entreprise familiale. Il s'apercevait que les minières de fer dans l'Entre-Sambre-et-Meuse commençaient à s'épuiser et pensa à reconvertir son entreprise dans l'industrie du cuivre.  

    En 1787, il reçut de Joseph II l'autorisation de construire au village d'Anthée une batterie et une fonderie de cuivre. Il reçut en outre l'exemption des droits d'entrée sur le cuivre brut et les autres matériaux nécessaires au traitement du cuivre.

    Parallèlement à ses activités industrielles, Antoine-Laurent menait une carrière politique et était Député au corps législatif. Marié deux fois, il eut dix enfants.

    C'est son neuvième fils, Alphonse, né à Anthée en 1801, qui racheta Moulins en 1826 en vue d'y  fonder un laminoir à cuivre.


{1}  Eppe-Sauvage est située à la frontière franco-belge, au Sud de Beaumont

                                                                                                                                          FIN

01/08/2007

La reconversion industrielle à Moulins

    Alors que l'exploitation industrielle des forges battaient toujours son plein, Joseph II supprima l'abbaye le 25 mars 1787. Suite à la Révolution Française, la propriété devint bien national en 1794 et fut mise en vente publique en 1797.

Moulins lam à Cu 1890    C'est un Français, habitant de Remagne, du nom de Jean-Louis-Jacques Rousseau qui en devint propriétaire. L'abbaye fut transformée en château et le moulin et la ferme furent mis en location. Sa fille, seule héritière du domaine vendit les biens, en 1826, au baron Alphonse du Jacquier de Rosée qui y installa un laminoir à cuivre. La famille de Rosée exploitera le domaine de Moulins, et surtout les usines à cuivre, durant plus de 150 ans. 

Alphonse M E Jacquier de Rosée    Le laminoir à cuivre ne vit le jour qu'en 1837. En 1847, il installa sur le site une tréfilerie de cuivre, une batterie et une chaudronnerie. Très réputés pour le fini de ses produits, Alfonse reçut une médaille d'or en 1841 à l'occasion de l'Exposition de Bruxelles. Encore honoré du titre de baron en 1852, Alphonse de Jacquier de Rosée mourut en 1854 des suites d'un accident de chasse.

    De son mariage avec la baronne Joséphine de Goër de Herve de Forêt, il avait eu sept enfants, dont Clément de Rosée qui prit la succession de son père au laminoir à cuivre de Moulins.

 

Jacquier de Rosée    Né à Warnant en 1835, le baron Clément du Jacquier de Rosée installa en 1883 un laminoir construit aux Usines Métallurgiques du Hainaut (U.M.H.), entraîné par une machine à vapeur de type pilon. Il orienta ses activités dans le créneau de la transformation du cuivre et du laiton en tôles, profilés et fils. La grande spécialité du laminoir était la fourniture de tôles de cuivre pour la confection des chaudières de locomotives à vapeur du chemin de fer.

    Il se consacra parallèlement à l'art campanaire, la chaudronnerie, le tréfilage, la câblerie et l'étirage. L'usine traitait directement avec les grossistes, en Belgique comme à l'étranger.

    Clément de Rosée se lança également dans la politique. Il fut bourgmestre de Warnant et conseiller provincial de Namur. En 1865, il avait épousé à Theux Joséphine de Grand Ry, dont il eut huit enfants. C'est son septième enfant, Frédéric qui lui succéda à la tête de l'usine en 1905.

Frédéric de Rosée    Le baron Frédéric du Jacquier de Rosée était né à Warnant en 1879 et fut, à son tour, bourgmestre du village de Warnant et créé baron en 1953. Il poursuivit la modernisation de l'entreprise en faisant construire une nouvelle usine et y fit installer un gros train de laminoir, une nouvelle tréfilerie et un laminoir à chaud placé dans un hall moderne de 1000 m².

    Il avait épousé, en 1905, à Leignon Agnès Eggermont, qui mourut en 1984 à l'âge de 104 ans. De leur mariage naquirent quatre enfants: trois filles et un fils, Emmanuel, né à Leignon en 1905. C'est ce dernier qui prit la direction des usines de Moulins, à la mort de son père , en 1958.

    Le baron Emmanuel du Jacquier de Rosée dota le laminoir, en 1959, d'une nouvelle installation thermique et créa en 1966 une division extrusion en implantant une presse de 1700 tonnes, ce qui améliora considérablement la compétitivité de l'entreprise. Il faut savoir que, dans les années soixante, la production des usines de Moulins en profilés de cuivre rouge, étirés, extrudés représentait la moitié de la production belge. Les principaux clients de l'usine s'appelaient ACEC, Jeumont-Schneider et Brouwn Boveri (pour la Suède et la Norvège.

Moulins ouvriers devant l'usine    Il présidera encore, en 1971, à la constitution de la S.A. de Rosée & Cie. Le personnel ouvrier et employé de l'usine de Moulins totalisait 150 personnes.

    La S.A. de Rosée connut la faillite en 1978, mais fut reprise l'année suivante par une société de Marcinelle: la Trimex. Seulement 30 emplois furent sauvés sur les 150 que comptait la société faillie. Cinq ans plus tard, la Trimex jetait le gant et s'en fut terminé des laminoirs de Moulins.

                                                                                                                                           (à suivre...)

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