28/01/2008

Un compte rendu tendentieux

Le journal namurois « L’Ami de l’Ordre », a rapporté les faits dans son édition du 15 mars 1847. Il est à noter que ce journal est d’obédience conservatrice et présente les événements du point de vue des nantis et que, à cette époque, l’objectivité était loin d’être respectée. Les faits sont exacts, mais on s’est bien gardé de relater dans quelles circonstances et pour quelles raisons ces troubles sont survenus.  "Le « Journal de Charleroi » confirme aujourd’hui en ces termes la nouvelle, donnée d’abord comme douteuse, de tentatives de désordre dans plusieurs communes de l’arrondissement : "Les détachements de troupes qui ont quitté notre garnison mardi dernier pour se rendre, par un temps affreux sur le territoire des communes de Gozée et Ham-sur-Heure, sont arrivés assez tôt pour prévenir de nouveaux attentats à la propriété semblables à ceux qui avaient été commis la nuit précédente; car il n’est que trop vrai que, sur divers points, des fermes ont été investies par de nombreux rassemblements qui se sont présentés drapeaux et tambours en tête, et ont forcé les fermiers à livrer à des prix arbitraires les grains qu’ils pouvaient posséder. Ce qui est plus coupable encore, c’est qu’il est arrivé à plus d’un endroit, que pendant que l’on obligeait le fermier à mesurer les grains, des pillards parcouraient les bâtiments et s’emparaient de tout ce qui était à leur convenance. C’est ainsi que quelques misérables, faisant le mal pour le mal, ont défoncé des tonneaux de bière ou de vin, après avoir assouvi leur ivrognerie. D’autres, mesurant le grain eux-mêmes, prenaient deux mesures pour une et de la sorte ne donnaient au fermier qu’une indemnité dérisoire. Voici les faits qui nous ont été rapportés par des témoins oculaires :Un rassemblement de trois à quatre cents individus avaient déjà investi une ferme située sur la commune de Gozée et se faisaient délivrer des grains, lorsque le brigadier de gendarmerie de Beaumont arriva, n’ayant avec lui que deux gendarmes. Il s’avança néanmoins sabre au clair, vers le rassemblement, mais alors des clameurs furieuses s’élevèrent, et il fut menacé d’être assailli à coups de pierre, s’il ne remettait le sabre au fourreau. Le brigadier comprit qu’il y aurait folie à lui de vouloir lutter, avec deux gendarmes, contre cette foule exaspérée, et il dut se borner à des remontrances qui restèrent sans effet. En ce moment, continue ce journal, la prison de Charleroi est encombrée par suite des arrestations, au nombre d’environ cinquante, qui ont été faites sur les communes de Gilly, de Gozée et d’Ham-sur-Heure. Nous avons à faire à ce sujet une remarque bien pénible, c’est que la majeure partie des perturbateurs arrêtés se compose de gens qui ne peuvent donner pour excuse de leur conduite, la misère, car presque tous ont des moyens d’existence assurés, et quelques uns même sont connus pour avoir des propriétés, ou de l’argent placé. Dans l’avant dernière nuit, il est arrivé un officier d’état major envoyé par le ministère de la guerre, et qui est en ce moment à Thuin, où il y a aussi un détachement du 2e lancier, toujours prêt à monter à cheval au premier ordre. 

On lit aussi dans la « Gazette de Mons » : Quelques troupes ont été détachées de notre garnison, et dirigées hier à trois heures du matin, sur les points de l’arrondissement de Charleroi, où l’ordre public est momentanément compromis."

                                                                                                                                          (à suivre...)

15:25 Écrit par Bob dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : villages esm, famine 1848 |  Facebook |

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