14/11/2007

Les moines de Maredsous durant la guerre 14-18

Maredsous abbaye 022 montée à l'église    A la veille de la première guerre mondiale, la communauté de Maredsous comptait pas moins de 150 membres. Les Allemands venaient à peine de violer notre neutralité que l’abbé de Maredsous mettait les locaux des deux écoles à la disposition des militaires belges qui y établirent un hôpital militaire. Dans le même temps, une quinzaine de moines s’engageaient à Namur pour accompagner les soldats en campagne comme brancardiers ou comme aumôniers militaires.

    Dans un premier temps, les Allemands furent repoussés par l’armée française sur la Meuse à Dinant en date du 13/08, mais bientôt ils revinrent en force, prirent Namur et franchirent la Meuse et la Sambre. La débandade s’ensuivit avec ses colonnes de réfugiés et de blessés encombrant les routes. En quelques heures, une cinquantaine de soldats belges et français blessés trouvèrent refuge à l’abbaye. Ils y reçurent des soins, tandis que des centaines de réfugiés trouvaient asile dans les bâtiments de la ferme et s’entassaient jusque dans la crypte de l’église.

    Située à l’écart des routes stratégiques, l’abbaye fut ignorée, dans un premier temps, de l’envahisseur, alors que nombre de villes et de villages de la région subissaient la barbarie de ces sauvages qui pillaient, tuaient, brûlaient tout ce qu’ils trouvaient sur leur passage.

    A la même époque, Dom Bernard Gillet, un père de Maredsous, qui remplaçait le curé du village d’Andoy, y trouva la mort, fusillé !

Maredsous abbaye 029 hôtel Belle Vue    On pouvait deviner au loin l’avancée des troupes allemandes par les incendies qu’ils allumaient dans les villages de Tamines, St-Gérard, Ermeton-sur-Biert puis Anthée. Dans le même temps, les moines assuraient l’intendance pour les nombreux réfugiés en distribuant leurs provisions et donnaient les premiers soins aux très nombreux blessés, jusqu’au moment ou les autorités allemandes furent avisées de leur présence et emmenèrent tous ces malheureux dans un camp de prisonnier en Allemagne.

    La ligne 150 n’étant plus desservie par les trains durant toute la durée de l’occupation, les moines durent se résoudre à laisser fermé l’internat du collège. Au début de 1917, les Allemands démontèrent même les voies de la ligne.

Maredsous abbaye 013 cimetière moines    En représailles pour l’assistance que les moines avaient apportée aux soldats alliés cachés dans les bois environnants, six religieux furent déportés en Allemagne. Durant ce temps, une douzaine d’entre eux continuaient à assurer leur engagement en temps que brancardiers ou aumôniers sur le front de l’Yzer. L’un d’entre eux tomba sous les balles ennemies le 03/05/1916 et deux autres y furent grièvement blessés.

    L’internat rouvrit ses portes dès la signature de l’armistice, puis ce fut le tour de quelques ateliers en 1919, à l’exception de l’école des Métiers d'Art.

                                                                                                                                        (à suivre...)

Commentaires

Dom Bernard Gillet était le père abbé de Maredsous. En 1914, il séjournait dans sa famille à ANLOY (et non pas Andoy...). L'attaque allemande fut particulièrement cruelle : les allemands pensaient que les français se cachaient dans le village. En représailles, ils décidèrent de fusiller plusieurs villageois. Dom Bernard Gillet s'offrit pour remplacer l'un d'eux, père de sept enfants...

Écrit par : Léon Gillet | 15/07/2008

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