07/11/2007

Les moines de Maredsous et l'enseignement

1° Le collège St-Benoît.

Maredsous ecole    Fondée en 1881 par le Père Gérard van Caloen, l’école abbatiale proposa, au départ, un centre d’enseignement traditionnel : un collège d’humanités gréco-latines, à laquelle on ajouta un internat. Le collège accueille actuellement quelque 300 élèves. Depuis l’année 1996, il est mixte, en externat, dans un premier temps. Les moines estiment que leur école doit combiner une formation à la fois humaniste et scientifique.

2° L’école des Métiers d’Art St-Joseph.

Maredsous abbaye 026 éc métiers art

    Le bâtiment rappelle le style des manoirs anglais des XVe - XVIe siècles.

    En 1903 fut créée l’école des Métiers d’Art, dont les bâtiments se situent à 200 mètres à droite de l’abbaye.

    Fin 1890, Dom Hildebrand, second abbé, soumet à la communauté son vœu de faire construire à Maredsous un établissement d’enseignement dans lequel des enfants défavorisés pourraient être initiés à la menuiserie, plomberie, cordonnerie, … ; le but caché étant de susciter l’éveil de nombreuses vocations religieuses.

    Le Père Pascal Rox fit évoluer le projet initial de son abbé vers l’établissement d’une école d’art à l’instar des abbayes du Moyen-âge qui formaient des jeunes à l’orfèvrerie sacrée, à l’émaillerie religieuse, à la reliure des manuscrits liturgiques, à la sculpture, à l’ébénisterie et à la confection des ornements destinés au culte. C’est en 1903 que le Père Pascal Rox devint directeur de l’école St-Joseph et donna son impulsion à l’établissement.

De 1903 à 1914.

maredsous accueil    L’école s’ouvre avec 9 élèves inscrits et ne comporte encore que le bâtiment central actuel. Dom Hildebrand, d’origine anglaise, la voulut dans le style des manoirs anglais des XVe – XVIe siècles. Deux ailes latérales vinrent s’ajouter au bâtiment principal en 1908, suivant les plans du Père Sébastien Braun. Ces deux annexes abriteront les ateliers de modelage et de dessin. Le but recherché était de former de bons artisans dotés d’une bonne culture générale destinés à exécuter les projets d’œuvres d’art fournis par des artistes. Des réalisations remarquables ont été réalisées à cette époque, non seulement pour l’abbaye, mais encore pour des clients extérieurs. La guerre de 14 mettra un terme à cette belle expansion.

De 1919 à 1939.

Maredsous abbaye 021 bibliothèque    Suite aux restrictions dues à la guerre, l’école ne peut rouvrir immédiatement ses portes, faute d’argent, celle-ci étant entièrement subsidiée par l’abbaye. On songea même à la supprimer complètement. L’école est placée sous la direction du Père Laurent Matthieu.

    En 1919, Dom Célestin Golenvaux, qui était à même de donner des cours d’orfèvrerie, proposa alors une solution alternative et d’attente : Il s’agissait d’engager d’anciens élèves qui avaient été formés à l’école et de réaliser des commandes pour des clients extérieurs. Les travaux de broderie et de reliure se sont plus poursuivis ; ne seront conservés que l’orfèvrerie, l’émaillerie, l’ébénisterie et la sculpture des pièces de bois.

    C’est la période de reconstruction des lieux de culte dévastés par la guerre, notamment en Flandre et en Hainaut, ainsi que l’époque de la construction de nouvelles églises en Campine où se développe l’industrie charbonnière et l’implantation de nouvelles cités ouvrières. Aussi, « les commandes affluent et stimulent l’esprit de créativité du personnel d’encadrement de l’Ecole où règne, depuis son atelier de dessin, le Père Sébastien Braun ».

    A la même époque, le Père Remacle Rome lance sur le marché des produits de lutherie tels que violons, violoncelles notamment appréciés par Eugène Ysaïe. Ce fut un fiasco du point de vue commercial et la production dû être interrompue.

    La renommée de leur savoir-faire s’étend de plus en plus et leur participation à différentes expositions et toujours très remarquée.

De 1939 à 1964.

Maredsous StJoseph2    Le Père Ambroise Watelet prend la direction de l’école en 1939 et, avec le Père Anselme Gendebien, directeur chargé de la formation générale des élèves de l’époque, ils vont insuffler une orientation nouvelle à l’Ecole. Le but initial recherché par les moines, qui était de ne former que des artisans, va s’orienter vers la formation d’artistes. De cette Ecole de Métiers d’Art sortiront des Flix Roulin, Jean Williame, Emile Souply , …

    1951 vit s’ouvrir une nouvelle section : la céramique, dirigée par le professeur Owczarek, de Paris. La réputation de l’école dépasse les frontières et nombre de réalisations présentées dans les expositions recueillent de Grands Prix.

    Le Père Grégoire Watelet prend la succession à la tête de l’Ecole en 1958 et l’ouvre à des échanges internationaux, notamment avec la Suisse.

    1964 verra la fin de l’Ecole des Métiers d’Art de par sa fusion avec l’Ecole artisanale de Namur. Cette fusion verra la création de l’Institut des Arts et Techniques Artisanales (I.A.T.A.).

    De toutes les disciplines enseignées à Maredsous, il ne reste plus, actuellement, que la céramique sous l’impulsion d’Antonio Lampecco, maître-potier de renommée internationale.

La reconversion des locaux.

Maredsous fossiles    Une première partie des locaux libérés abriteront, à partir de 1973, les collections scientifiques rassemblées par le Père Grégoire Fournier afin de les mettre en valeur et d’en faire profiter le public au cours d’expositions temporaires organisées par l’A.S.B.L. « Centre Grégoire Fournier »

    Une autre partie des locaux désertés seront occupés, dans un premier temps, à partir de 1984 par le « Centre informatique Biblique », qui sera transféré, un peu plus tard, à « Emmaüs », en face de l’Ecole.

    En 1996, les locaux de l’ancienne école remplacent ceux de la « Clairière » et du « Foyer ».

                                                                                                                                         (à suivre...)

16:22 Écrit par Bob dans Abbayes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : molignee, maredsous, villages esm |  Facebook |

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