30/08/2007

La ville de Fosses, son histoire

Fosse remacle leloup    Le site de la ville de Fosses fut occupé dès la préhistoire, comme en témoigne la consonance celtique de certains noms de lieu. Tel que le nom de la rivière qui l'arrose, La Biesme qui vient de Bebrona, "la rivière des castors" ou celui d'un quartier, En Leiche, qui signifie "banc de pierre". A l'époque Gallo-romaine quelques villas s'implantèrent sur le site ainsi que dans les villages environnants, à Aisemont et à Le Roux. Un cimetière gallo-romain fut mis au jour au lieu-dit "Taravisée" et une partie des bâtiments, datés du IIe siècle furent retrouvés lors de campagnes de fouilles entreprises dans la localité.

    Ce n'est qu'au haut moyen-âge que le petit village prit de l'extension, lorsque Saint-Feuillen, moine et missionnaire irlandais, vint y ériger une église et quelques habitations pour loger les moines. A cette époque encore, la localité portait toujours son appellation celtique: "...atque in villa, quae ex nomine fluminis decurrentis nuncupatur Brebona...", appellation qu'elle gardera encore durant près de deux siècles.

    Il est fort probable que ce soient les moines irlandais qui érigèrent la chapelle dédiée à Sainte Brigide, abbesse de Kildare, en Irlande, dénommée en wallon Sainte Bie, le pendant féminin de Saint Patrick. Une pierre gravée d'une croix incluse dans un cercle, à la manière celtique, peut toujours être vue au chevet de la chapelle.

    Au Xe siècle, la localité de Fosses était incluse dans la Lotharingie et se trouvait, de ce fait, sous l'autorité des rois de Germanie. Louis l'Enfant offrit le monastère à sa cousine Gisèle (Kisala) qui, dans la foulée le céda en rente viagère à l'évêché de Liège. C'est de cette façon que la terre de Fosses devint liégeoise.

Fosses blason    La "Bonne ville" de Fosses acquit peu à peu de la renommée. Le monastère passa aux mains d'un chapitre de chanoines. Le prince évêque de Liège, Notger fit agrandir la collégiale au Xe siècle. L'édifice religieux et les bâtiments claustraux furent enfermés dans une enceinte. Puis, vers 1149, l'ensemble formé par l'abbaye et la "ville des bourgeois" qui s'était constituée de bourgeois et de paysans venus s'établir au pied de l'enceinte de l'abbaye, fut à son tour ceint de remparts.

NOTGER    Les rapports étaient parfois houleux entre les chanoines et le prince évêque, d'une part, et les bourgeois de la ville, d'autre part. En 1302, suite à une énième mésentente entre la ville et le chapitre, les bourgeois décidèrent d'obstruer la porte de l'enceinte de l'abbaye donnant accès à la ville. Il s'ensuivit une réaction musclée de la part de Liège qui se concrétisa par la suppression, pour la "Bonne ville", de leurs privilèges: entre autres, franchise, échevinage, jurés, ban-cloke, cimetière, sceau, fossés, étangs, maladrerie et le bois banal de Bambois.

    Par la suite, la ville de Fosses, comme toute la région, subit toutes les guerres de succession et les guerres de religion. C'est ainsi que  le Comte de Hainaut saccagea la cité en 1408. Quelques années plus tard, Philippe le Bon vint mettre le siège devant Fosses, ville Liégeoise, en 1430, qui se solda par un pillage en règle et l'incendie de la ville, à l'exception de l'église.

    1554 vit arriver les soldats français en guerre avec Charles-Quint qui incendièrent Fosses les 5 et 19 juillet. La décade suivante, ce furent les Huguenots qui s'abattirent sur le monastère de Fosses. Le 15 octobre 1568, le baron de Genlis s'y livra à des "pillerges, bouttements de feu, violations d'églises, cloistres et maisons".

    Au XVIIe siècle, la ville connut encore pas mal d'occupations au cours des guerres de Louis XIV sur notre territoire, avec ses réquisitions ruineuses pour les populations et les pillages réguliers des troupes disparates de passage. On peut notamment épingler l'année 1636 avec le sac de la ville par les troupes espagnoles du marquis de Gonzagua, après avoir pratiqué une brèche dans les murailles de la ville; 1653 avec le pillage de la ville et l'incendie de l'hôpital par les troupes de Condé, après avoir forcé une brèche à la porte "Al Froissin"; 1678 avec le séjour des troupes françaises durant la période hivernale. La ville ne retrouva sa quiétude qu'après le "Règlement de 1684" qui concernait la principauté de Liège, puis le traité d'Utrecht en 1713.

    Suite à la révolution française et l'invasion de notre pays, une municipalité fut instaurée à Fosses le 10 janvier 1793. En 1794, après la victoire de Fleurus, la principauté de Liège fut dissoute et la ville de Fosses fit dorénavant partie de l'arrondissement de Namur et devint le chef-lieu du 6e canton du département de Sambre et Meuse.

                                                                                                                                          (à suivre...)

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