10/08/2007

Les conséquences de l'accident de St-Lambert

    Les deux michelines s’étaient encastrées l’une dans l’autre jusqu’à la première banquette ; par bonheur, le conducteur et son chef garde avaient pu quitter l’avant de la micheline avant le choc car il n’en restait plus rien qu’un amas de ferrailles enchevêtrées.

    Voici l’interview que le chef garde de la micheline de secours accorda au journaliste du journal « Le Rappel » :

    « Lorsque j’ai aperçu, à quelque cent mètres de nous la micheline venant de Florennes, j’ai averti mon conducteur qui stoppa sur quelques mètres, donnant ordre aux passagers de se maintenir solidement aux banquettes. La collision s’est produite à 21h22 et nous avions quitté la gare de St-Lambert à 21h17, soit cinq minutes pour parcourir un peu plus d’un kilomètre. »

    Dans une micheline, il n’y avait que des banquettes de bois et pas de ceintures de sécurité ni d’air-bags, alors on peut imaginer le tableau qui s'offrait aux regards dans la micheline qui descendait de St-Aubin, d’autant plus que bon nombre de personnes pressentant l’accident s’étaient levées pour tenter de fuir l’inévitable. On ne comptait plus le nombre des hématomes, contusions, fractures et plaies béantes. Ce n’était que cris et gémissements dans la micheline en provenance de Florennes. Dans l’autre, les traumatismes étaient moins graves et les passagers purent être dégagés assez facilement.

    Heureusement, l’accident eut lieu à proximité d’habitations et l’alerte put être donnée rapidement d’une villa toute proche. Les voisins accoururent pour porter secours et parmi ceux-ci un médecin qui donnait une réception dans sa villa toute proche, suivi du médecin d’Yves-Gomezée et d’un médecin de la SNCB. Les sauveteurs bénévoles prêtèrent main forte pour sortir les blessés du train accidenté et les transporter dans la villa de M. Renson d’où on avait donné l’alerte et qui fut rapidement transformée en ambulance de campagne. On dégagea en premier lieu les blessés les moins atteints à la faible clarté de la lune et ils purent recevoir les premiers soins sur place. Puis ce fut au tour des grands blessés à être extraits de l’enchevêtrement des banquettes, coincés par des débris de toute nature. Maintenant la scène était éclairée par les phares des voitures de police et des ambulances. Ces dernières, en provenance du champ d’aviation de Florennes, de Philippeville et des hôpitaux de Couvin, de Charleroi et de Jumet avaient été rapidement dépêchées sur les lieux. Ce travail dura encore une bonne partie de la nuit.

    Ce fut la gendarmerie de Philippeville qui procéda aux constations aidée par les responsables des chemins de fer descendus de Charleroi. Le Parquet de Dinant, sous la conduite du procureur du Roi arriva sur les lieux de l’accident vers minuit trente pour procéder à l’enquête qui amena l’arrestation de Mr. Armand Louis, le chef de gare de St-Lambert dont la responsabilité était mise en cause pour ne pas avoir respecté les consignes de sécurité en ce qui concerne la circulation des trains sur voie unique. En fait, il semblerait qu’il avait reçu l’ordre de la gare de Walcourt d’arrêter, soit la micheline de secours, soit la micheline accidentée.

    Ce terrible accident se solda par une trentaine de blessés dont onze étaient considérés comme gravement atteints ; parmi ceux-ci, un jeune homme âgé de 26 ans, Michel Desmet d’Yves-Gomezée, qui, atteint d’une fracture du crâne et transporté dans un état très grave, décéda à l’hôpital dans les jours qui suivirent.

    On retiendra encore le cas de Mme Lamort d’Yves-Gomezée, enceinte de sept mois et atteinte d’une double fracture aux deux jambes qui failli être amputée de la jambe droite à cause de sa fracture ouverte. Le bébé qu’elle portait était toujours vivant, mais il décéda lors de l’accouchement un mois plus tard des suites de l’accident.

                                                                                                                                         (à suivre...)

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