09/08/2007

"Nuit d'horreur à St-Lambert"

    C’est sous ce titre que le journal « Le Rappel » relatait, voici 50 ans, un terrible accident ferroviaire qui eut lieu sur l’ancienne ligne 136 reliant la ville de Walcourt à Florennes. Comme c’est souvent le cas, c’est un concours de circonstances malheureux qui occasionna la catastrophe le soir de ce dimanche 7 juillet 1957.

    Un premier accident avait eu lieu ce jour-là vers 20h15 entre une voiture « coccinelle » conduite par un habitant de Florennes et une micheline, effectuant la relation Walcourt Florennes, au passage à niveau de Saint-Aubin. Il semblerait que les hautes herbes qui bordaient la route empruntée par la voiture aient gêné la visibilité du conducteur qui n’aperçut le véhicule ferroviaire en approche qu’assez tard. Afin de dégager le passage, il donna un coup d’accélérateur, mais il semble que la voiture ait calé sur place et, occupant le gabarit de passage de la micheline en provenance de Florennes, la Volkswagen fut prise en écharpe par cette dernière.

    Le conducteur s’en tira à bon compte, si ce n’est une bonne frayeur et quelques tôles froissées pour son automobile, mais cet accident plutôt bénin allait avoir des conséquences tragiques à quelque deux kilomètres de là.

    En effet, la police fut dépêchée sur les lieux pour effectuer les constats d’usage et la micheline, avec ses quelques passagers à bord, resta bloquée au passage à niveau durant une heure environ, pendant laquelle il fallut encore dégager la voiture endommagée.

    Pendant ce temps, le chef de gare de Walcourt, soucieux d’assurer le transport des voyageurs occupant la micheline immobilisée, avait envoyé une micheline de secours à bord duquel avait pris place du personnel habitant Florennes. Quelques passagers en attente avaient été autorisés à prendre place dans cette seconde micheline.

    Depuis quelques années, cette ligne avait été remise à voie unique dans un souci d’économie, aussi la micheline de secours emprunta-t-elle la ligne 136 à vitesse réduite. Arrivé dans le virage au lieu-dit Crève-cœur, le conducteur de la micheline montante aperçut la micheline accidentée qui avait repris son parcours à vive allure, sans doute dans l’espoir de réduire son retard de quelques minutes. Voyant que l’inévitable allait se produire, le conducteur de la micheline de secours effectua un freinage d’urgence qui immobilisa la micheline sur quelques mètres et ouvrit les portières en hurlant un « sauve qui peut! ». Mais déjà la micheline en provenance de Florennes était toute proche et entra en collision avec le véhicule à l’arrêt dans un fracas épouvantable.

    J’étais à bord de la micheline tamponneuse et je pense qu’il s’agit du plus vieux souvenir dont je me souvienne : j’avais deux ans et demi. Le craquement des deux michelines qui s’emboutissent, les ampoules qui s’éteignent, mon père qui se noue son foulard autour de sa jambe blessée, puis la longue attente avec ma mère dans le noir, assis dans l’herbe sur le bas côté de la voie, dans l’attente des secours et puis, horreur, l’hôpital avec ces grands lits tout blanc...

                                                                                                                                        (à suivre...)

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