01/07/2007

Le château de Crèvecoeur

Les origines de la forteresse:

Bouvignes forteresse grav    L'empereur Otton 1er fit don, en 940, au comte Béranger de la terre de Bouvignes. Au début du XIe siècle,  Godefroid, comte de Namur fit construire une redoutable forteresse sur le versant de la colline rocheuse, dominant la Meuse dinantaise.

    En 1176, Henri 1er l'Aveugle fit entourer la bourgade de murailles. Cette précaution fut cependant insuffisante lorsque Bauduin V de Hainaut s'empara de la bourgade en 1188. Il quitta cependant bientôt la place et, en 1230, Marguerite de Courtenay fit flanquer les murailles de Bouvignes de seize tours.

    Cette intervention défensive aux remparts de la ville fut des plus efficace au cours des nombreuses guerres opposant Bouvignois, dépendants du Comté de Namur et Dinantais, sujets du Prince-évêque de Liège.

    Au XIVe siècle, Marie d'Artois fit encore construire un donjon rectangulaire sur le rocher qui domine toute la vallée de la Meuse.

Quelques aperçus des guerres entre Dinantais et Bouvignois:

Bouvignes château crèvecoeur tour    Les artisans de Bouvignes, en terre namuroise, puis bourguignonne, et ceux de Dinant, bonne ville liégeoise, s'adonnaient au travail du cuivre. Les deux localités, toutes proches, seulement séparées par la Meuse, étaient non seulement rivales politiques, mais encore rivales du point de vue économique.

    Les deux villes ennemies se déchirèrent trois siècles durant, si bien que pour faire pendant à la tour dinantaise de Montorgueil, élevée sur un petit monticule, à l'entrée des fonds de Leffe et à ce jour, complètement disparue, les Bouvignois entreprirent au XIVe siècle d'importants travaux d'agrandissement du donjon de Crève-Coeur, qui avait été érigé au XIe siècle. Le donjon fut ainsi englobé dans une enceinte, puis on y ajouta une tour, en contrebas, au XVe siècle.

    En 1321, les Dinantais assiégèrent pendant 40 jours la place de Bouvignes. L'Evêque de Liège, Adolphe de la Marck, qui possédait une résidence et un domaine à Dinant, vint personnellement soutenir la fougue des assaillants, en vain et les Dinantais durent repasser la Meuse, bredouilles.

    En 1430, alors que Philippe le Bon régnait sur le comté de Namur, les Dinantais montèrent une nouvelle fois à l'assaut de Bouvignes. Pour cette fois, le Prince-Evêque, Jean VII de Heinsberg, ne prit plus la peine d'effectuer le déplacement. Bien lui en prit, puisque les Dinantais durent, à nouveau, lever le siège, comme en 1321.

    En 1554, Henri II, roi de France, en guerre contre Charles Quint, mit tout le monde d'accord: il fit le siège indistinctement aux deux villes. Bouvignes et Dinant avaient, cette fois, hérité d'un ennemi commun.

Bouvignes château crèvecoeur ruines    A la tête de la défense de Bouvignes se trouvait, en ces temps difficiles, Pierre Harroy, capitaine du château, qui, avec ses 300 hommes, défendit la place avec la dernière énergie. Malgré toute la bravoure dont firent preuve les défenseurs, des murailles et du castel de Bouvignes, les français ne laissèrent par beaucoup plus que ce que l'on peut encore voir aujourd'hui: la porte de Val, percée entre deux tours massives, dont il ne reste que les bases, quelques pans de mur effondrés et le moignon de la tour de Crèvecoeur en ruines.

    La tradition rapporte que trois jeunes filles, fiancées à des défenseurs tués au cours du siège, se réfugièrent tout au sommet de la tour de Crèvecoeur et, de là, plutôt que de subir les derniers outrages, se jetèrent dans la Meuse.

Visite des ruines.

Les vestiges de cette ancienne forteresse, où eurent lieu des combats héroïques, ne manquant pas d'être émouvant. Depuis le premier rocher de Crève-Coeur, d'où la vue s'étend vers le village de Houx, les ruines de Poilvache et la ville de Dinant, on découvre l'un des plus prestigieux panoramas mosans.

                                                                                                                                           La visite est gratuite, ne vous en privez pas !

 

08:00 Écrit par Bob dans Châteaux | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bouvignes, villages esm |  Facebook |

Commentaires

bonojur,
je suis etudiante en histoire et je voudrais vous dire que je pense que vous vous etes embrouillé entre l'histoire de crevecoeur et poilvache...

Écrit par : eloise | 07/03/2009

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