30/06/2007

Le règlement du conflit entre Dinant et Bouvignes

Bouvignes église int NB    Il faut bien reconnaître qu’au moyen-âge, les différents territoriaux et autres ont surgi à plusieurs reprises entre le comté de Namur et la principauté de Liège., provoquant des guerres entre les habitants des deux entités territoriales et la rivalité bien connue des marchands batteurs de cuivre de Dinant, "Bonne ville liégeoise" et de Bouvignes, sous l'autorité du comte de Namur, fut, dans certains cas, la cause ou le prétexte de nombreuses hostilités.

    Il semble bien que, peu après l'avènement du prince-évêque Jean de Heynsbergh en 1419, des actes de violence aient été commis par les Namurois sur les terres liégeoises. La situation s'aggravant, le comte de Namur, mis en mauvaise posture par l'attitude de ses sujets et désireux d'éviter l'envahissement de son comté, préféra composer avec son voisin et régler le conflit par voie d'arbitrage.

Bouvignes église Statuaire NB    Il fut décidé, le 24 juillet 1420, que ce serait l'évêque, assisté des villes de Liège et Huy qui rendraient sentence sur tous les points litigieux. Le 31 décembre 1420, l'évêque et ses deux "Bonnes villes" condamnèrent Jean III à payer la somme de 21.000 florins d'or. 

    Or sur ces entrefaites, Jean III, dont la situation financière était très difficile, avait réuni les états de son comté afin d'obtenir leur aide, mais en vain. A bout de ressources, et sans héritier, il en avait été réduit à vendre son comté au duc de Bourgogne, Philippe le Bon, pour la somme de 132.000 couronnes, sous réserve d'usufruit viager (14 décembre 1420). Il put donc payer son amende à l'évêque et en obtint quittance le 25 janvier 1422.

    Le pardon lui fut accordé le 20 mai 1422, ainsi qu'à ses sujets. Comme convenu dans le pacte conclu avec Philippe le Bon, Jean II, comte de Namur conserva l'usufruit de son comté jusqu'à sa mort qui survint le 1er mars 1429.

                                                                                                                                     Fin.

29/06/2007

Les causes de discorde avec la ville de Dinant

Bouvignes village & Crèvecoeur    En face de Bouvignes, Dinant était devenue une cité très active du point de vue économique avec un marché et des halles prospères. Elle était devenue la troisième ville de la Principauté en importance après Liège et Huy, avant d'être anéantie en 1466 par les Bourguignons.

    L'industrie du cuivre se développa à Bouvignes dans le courant du XIIIe siècle et venait en concurrence directe avec les batteries dinantaises. Leur talent dans l'art de la dinanderie était équivalente, si bien qu'il est presque impossible, à l'heure actuelle, de déterminer de quelle rive de la Meuse provient telle ou telle oeuvre d'art. Leur renommée était internationale et ils exportaient leurs oeuvres en Angleterre, aux Pays Bas, en France...

Bouvignes village    Par acte du 17 juin 1328, le comte Jean de Namur accordait aux batteurs de cuivre de Bouvignes le monopole des "derlières" d'Andoy et des autres "derlières" qui seraient éventuellement découvertes sur ses terres. La "derle" est la terre plastique dont les batteurs de cuivre confectionnaient leurs creusets dans lesquels il fondaient le cuivre et à construirsaient les moules. Ce privilège accordé aux Bouvignois leur donnait un avantage important sur leurs rivaux Dinantais qui ne trouvaient nulle part sur le territoire de la Principauté une terre plastique adéquate.

Bouvignes cp 1    Bouvignes resta jusqu'au milieu du XVIe siècle le centre de la batterie. On comptait 252 batteurs à l'époque qui procuraient du travail et faisaient vivre un bon millier de ménages. Le plus célèbre d'entre eux, Antoine de Nassogne, est l'auteur de l'aigle magnifique qui tient lieu de lutrin et qui orne encore actuellement l'église de Bouvignes.

    A Dinant se tenait chaque année, à partir du 11 novembre, la foire de St-Martin. Celle-ci amenait à Dinant des réunions de marchands et une foule importante. Lorsque la ville fut mise à sac en août 1466 par les hommes en arme de Charles le Téméraire, bon nombre d'habitants furent massacrés et leurs habitations détruites.

Bouvignes cp 2    Bouvignes, ville voisine et rivale profita de l'opportunité pour ouvrir ses portes aux marchands et aux nombreux voyageurs habitués à se rendre à la foire dinantaise. Philippe le Bon, de qui dépendait la destinée du Comté de Namur, accorda l'autorisation à Bouvignes d'organiser la foire St-Marin en date du 16 octobre 1466. Cette autorisation fut accordée pour une durée de dix ans.

Bouvignes ruelle NB    La foire eut lieu à la même date jusqu'à la mort de Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon, décédé à Nancy en 1477. Cependant, les Dinantais avaient repris possession de leur ville et pansé les stigmates de la guerre. Le commerce avait repris et l'industrie relevait de ses cendres, aussi voulurent-ils faire revenir chez eux les marchands comme autrefois. Les Bouvignois, constatant que pas mal de marchands avaient repris le chemin de Dinant pour participer à la renaissance de la foire St-Martin, demandèrent, en 1481, à leur prince, l'autorisation de devancer la date de leur propre foire de cinq jours, afin de mettre à mal celle de la ville rivale. Bien que l'autorisation leur fut accordée, les Bouvignois n'arrivèrent pas à détourner les marchands et le public de Dinant, d'autant plus que le Prince-Evêque de Liège avait, dans le même temps, accordé de nouveaux privilèges à la ville de Dinant. La foire de Bouvignes périclita et disparut peu de temps après.

                                                                                                                                          (à suivre...)

28/06/2007

Les origines politiques de Bouvignes

Bouvignes panorama    La localité de Bouvignes trouve l'origine de son nom d'une appellation gallo-romane du XIe siècle "Bovinia" ou "propriété de Bovinius.

    L'existence de la ville  trouve, par contre, son origine dans un conflit opposant les Princes-Evêques de Liège aux Comtes de Namur.

    Dinant était une des places fortifiées les plus anciennes sur la Meuse. Elle était au haut Moyen-Âge à la fois un bourg fortifié, un centre religieux et un important marché. L'évêque de Liège y possédait une résidence et un domaine qui sera à l'origine de la paroisse St-Vincent.

Bouvignes pnorama NB    A la fin du Xe siècle, l'évêque reçu en don d'un souverain carolingien l'église Notre-Dame et ses dépendances. Par cette donation, l'évêque de Liège était devenu le  principal propriétaire du lieu. Le chapitre Notre-Dame de Dinant forma bientôt un quartier fortifié à l'intérieur de la ville.

    En 985, l'évêque Notger avait obtenu de l'empereur d'Allemagne que son domaine de Dinant soit totalement soustrait à l'autorité du comte de Namur. Ce fut une source de conflit permanent dont l'évêque sortit gagnant. A plusieurs reprises, les évêques successifs reçurent confirmation de leurs droits, de l'empereur Henri IV en 1070, puis plus tard, de Frédéric Ier Barberousse.

Bouvignes vue sur    Le comte de Namur, qui avait perdu peu à peu tout pouvoir sur Dinant et la rive droite de la Meuse, alla s'établir sur la rive gauche du fleuve où il maintint une partie du domaine primitif de Dinant. C'est à cet endroit que se développa une petite bourgade du nom de Bouvignes qui entretiendra des relations de haine avec sa voisine, devenue rivale pour des motifs à la fois politiques et économiques.

                                                                                                                                          (suivre...)

27/06/2007

Le village de Bouvignes

Bouvignes hôtel de ville et église    Le petit village de Bouvignes, situé à quelques encablures seulement de la "belle fille de Meuse", comme l'appelait Victor Hugo et peu fréquenté par les touristes, respire le passé. La dimension de ses ruelles n'a pas changé depuis six siècles. Leur disposition à angle droit, non plus.

Bouvignes maison espagnole    Une fois au milieu de la place du village, on débarque en plein XVe siècle, avec sa maison espagnole, convertie en Musée de l'Eclairage, comme point de repère. cette habitation du XVIe siècle est un édifice de pure splendeur, qui grâce à son style architectural Renaissance flamande, semble sortir tout droit d'un livre d'histoire.

 

 

bouvignes panorama vu de crevecoeur    Les petites maisons construites en pierres grises de Meuse qui encerclent la place, témoignent des difficiles conditions de vie et de la promiscuité qui existaient au moyen-âge.

 

Bouvignes église St Lambert    Une légende raconte qu'en dessous de la place existerait trois étages de souterrains et de caves qui furent aménagés jadis pour fuir plus rapidement et plus discrètement les lieux, le jour où Bouvignes était attaquée. A ce jour, aucune fouille n'a pu encore être entreprise pour vérifier ces dires. Cependant, il y a quelque temps, un camion heurta l'angle d'une maison de la place et, d'un coup, il s'est retrouvé dans une excavation profonde de deux mètres dans le sol.

                                                                                                                                           (à suivre...)

26/06/2007

En conclusion

Furnaux ancien château actu face    Furnaux est un petit village aux maisons en pierre calcaire, accroché au versant d'un plateau, non loin de Maredsous. Situé sur le cours de la Molignée, ou plutôt du ruisseau de Biesmerée, qui s'appelle à partir de Falaën la Molignée, ses chemins se prêtent à un itinéraire varié au long duquel on rencontrera des fermettes tricellulaires, la ferme de l'ancien château et des maisons de maître.

fonds blason ds fb 1    En arpentant les berges de la rivière, on ira à la découverte des traces d'anciens biefs et d'anciens moulins, tels qu'on en rencontre partout dans la vallée. Un cultivateur a encore profité de terrains marécageux pour y créer une cressonnière. Cette exploitation, plutôt originale s'étend sur une superficie de quelque 85 ares.

 

                                                                                                                                            Bonne visite...

25/06/2007

L'arrivée du chemin de fer à Furnaux, quelques souvenirs...

    Une habitante de la localité a relaté les événements principaux qui ont marqué le passage du chemin de fer par le village de Furnaux. Voici ce qu'elle écrivait vers 1953:

    "Le 24 octobre 1886, la commune demande l'autorisation de céder une parcelle de 42,50 ares pour la construction du chemin de fer de la Molignée (404,03 frs + 544 frs pour les mélèzes).

    Le 30 mars 1887, nouvelle demande de pouvoir céder aux entrepreneurs Cousin une nouvelle emprise dans la montagne de Chaumont d'une contenance de 1,94 ares afin d'aplatir le talus du côté le plus élevé de la tranchée (18 frs + 2,50 frs pour les mélèzes).

    Le premier train roule à Furnaux en 1890. Les habitants doivent aller le prendre à la gare d'Ermeton s/Biert, à 3 kilomètres de l'église de Furnaux, qui est d'ailleurs située sur le territoire de notre commune, sauf le pignon du côté d'Ermeton.

    En 1893, on construit la ligne Ermeton - Florennes, qui passe au sud du village. En 1894, on inaugure le point d'arrêt de Furnaux, où tous les trains s'arrêtent. La demande de la commune avait été appuyée par le chanoine Demanet, professeur à l'Université de Louvain et originaire de Furnaux. A l'occasion de cette inauguration, la commune organisa des festivités qui coûtèrent 75 frs.

    Pendant la guerre de 14, les Allemands ont démonté la ligne. Actuellement, comparé aux villages de Graux, Denée et Saint-Gérard, Furnaux est privilégié au point de vue communications par chemin de fer. Toutes les maisons du village se trouvent à moins de 10 minutes de marche du point d'arrêt de Furnaux, situé sur la ligne Jemelle - Tamines.

    Les trains sont nombreux, une douzaine dans chaque direction. Le premier train passe à 4h11 vers Tamines et le dernier en direction de Dinant à minuit (1 h le matin, le dimanche), ce qui est exceptionnel pour une ligne secondaire. En 40 minutes, on est à Dinant; en 1h10 à Charleroi; en 1h1/2 à Namur; en 2 h à Bruxelles. Une micheline nous transporte à Florennes, au centre commercial en 1/2 heure.

    Grande facilité pour les étudiants qui continuent leurs études après l'école primaire, ainsi que pour les ouvriers travaillant en dehors du village. Aussi le nombre d'abonnés est grand. Ils prennent pour la plupart la direction de Tamines. J'ai dénombré les abonnés de Furnaux à certains trains.

Vers Tamines

Venant de Tamines

5h20: 10 hommes

17h10: 14 hommes + 6 étudiants

6h20: 30 hommes

18h00: 19 hommes

8h09: 6 étudiants

19h30: 7 hommes + 1 étudiant

 

Vers Florennes et Dinant

Venant de Florennes et Dinant

7h20: 8 étudiants

16h45: 7 étudiants

    On pourrait souhaiter un train en direction de Tamines vers les 10h du matin, mais on ne peut l'obtenir car il n'est pas rentable. On pourrait aussi voir relever les quais pour faciliter aux vieillards la descente et la montée dans le train.

Remarque: les colis doivent être déposés à la gare d'Ermeton. Ceux à destination de Furnaux sont déposés par le camion  du chemin de fer dans un magasin du village.

Les cultivateurs chargeant ou déchargeant des wagons de marchandises, doivent se rendre à Ermeton.

                                                                                                                                            (à suivre...)

24/06/2007

Le château de Furnaux

    L'ancien manoir de Furnaux, qui fut incendié en même temps que l'église du village au cours du XVIIe siècle, datait du XIIIe siècle. Il ne fut reconstruit qu'au cours du siècle suivant. A cette époque, la seigneurie de Fenal se composait du château, d'une ferme, d'une brasserie et d'un moulin banal avec 175 bonniers de terres cultivables, 30 bonniers de prairies, et 140 bonniers de bois.

Furnaux ancien château anc entrée    Cette première photo, prise  du cimetière, à l'arrière de l'église, nous montre la façade principale de l'époque, actuellement disposée côté jardin. On peut encore distinguer l'ancienne porte d'entrée, actuellement condamnée.

 

Furnaux ancien château XIXe    Y habitèrent successivement, les familles de Fenal et de Herkof ainsi que la famille d'Oultremont de Presles; puis, à partir de 1821, les propriétaires n'utilisèrent plus les lieux que comme seconde résidence. A partir de la première guerre mondiale, les lieux ne furent plus entretenus et le château fut vendu à un fermier en 1930. La galerie qui reliait le château à l'église et qui menaçait ruines fut supprimée après la seconde guerre mondiale. Il s'agit de la partie comprenant les trois fenêtres (reprise par une accolade) du bâtiment situées à la droite de la reproduction ci-contre , d'une photographie de 1860.

Furnaux ancien château actu angle    Cette aile mutilée fut également transformée de fond en comble et reçut une nouvelle affectation. Le fenêtres furent condamnées par une maçonnerie en briques. On peut toutefois encore remarquer les pierres de taille qui soulignaient ces ouvertures.

Furnaux église fen chât    Une des pièces du château, située dans la partie démolie, disposait d'une fenêtre qui s'ouvrait directement sur le choeur de l'église et qui permettait ainsi, aux châtelains de suivre la messe sans quitter leurs appartements. La photographie ci-contre, montre cette fenêtre, disposée au-dessus d'un bas-relief montrant les châtelains agenouillés, et qui subsiste toujours dans le choeur de l'église. Le moment de la communion arrivé, les seigneurs descendaient au rez-de-chaussée par un escalier et pénétraient dans le choeur de l'église par la porte que l'on peut également apercevoir sur cette photo.

    Les différentes salles étaient tapissées de riches tentures et les plafonds couverts de stucs de style Louis XV.

    Les chênes et les hêtres séculaires qui bordaient l'allée menant au manoir furent abattus en 1930 ainsi que les deux tilleuls plantés près de la maison du régisseur.

Furnaux ferme du château cour    La ferme du château fut vendue à plusieurs reprises. Les bâtiments sont disposés autour d'une cour carrée à laquelle on peut accéder en franchissant une large arcade. Le corps de logis, que l'on voir sur la photographie ci-contre, est disposé au fond de cette cour.

Furnaux ancienne brasserie    La photo suivante nous montre l'ancienne brasserie désaffectée, qui se trouvait le long de la route de Mettet. Il s'agit du bâtiment comportant deux niveaux et une porte centrale à deux battants. Comme on peut le constater, elle fait actuellement partie des dépendances de la ferme.

Furnaux ancien moulin entrée    Le moulin à eau était mû par les eaux de la Molignée et implanté au sud de la commune. Le bâtiment subsiste toujours et a été reconverti en ferme. La photographie ci-contre montre le bâtiment pris depuis la route, au niveau du pont sous lequel passe la Molignée.

Furnaux ancien moulin bief    A la sortie de ce pont, un bief, actuellement comblé, amenait l'eau à la roue du Moulin. Cette seconde photo laisse difficilement entrevoir l'endroit d'où partait le bief d'amenée d'eau au moulin. Il ne subsiste de l'ouvrage que ce mur couvert de dalles de pierre qui se perdent très vite sous la végétation. 

 

 

 

 

Furnaux ancienne grange aux dîmes    La grange aux dîmes, par contre, longeait la route de Denée. Celle-ci existe toujours et sert de remise, comme on peut le constater sur cette vue prise depuis le vieux cimetière, ce dernier toujours disposé sur le côté droit ainsi qu'à l'arrière de l'église.

                                                                                                                                             (à suivre...)