29/06/2007

Les causes de discorde avec la ville de Dinant

Bouvignes village & Crèvecoeur    En face de Bouvignes, Dinant était devenue une cité très active du point de vue économique avec un marché et des halles prospères. Elle était devenue la troisième ville de la Principauté en importance après Liège et Huy, avant d'être anéantie en 1466 par les Bourguignons.

    L'industrie du cuivre se développa à Bouvignes dans le courant du XIIIe siècle et venait en concurrence directe avec les batteries dinantaises. Leur talent dans l'art de la dinanderie était équivalente, si bien qu'il est presque impossible, à l'heure actuelle, de déterminer de quelle rive de la Meuse provient telle ou telle oeuvre d'art. Leur renommée était internationale et ils exportaient leurs oeuvres en Angleterre, aux Pays Bas, en France...

Bouvignes village    Par acte du 17 juin 1328, le comte Jean de Namur accordait aux batteurs de cuivre de Bouvignes le monopole des "derlières" d'Andoy et des autres "derlières" qui seraient éventuellement découvertes sur ses terres. La "derle" est la terre plastique dont les batteurs de cuivre confectionnaient leurs creusets dans lesquels il fondaient le cuivre et à construirsaient les moules. Ce privilège accordé aux Bouvignois leur donnait un avantage important sur leurs rivaux Dinantais qui ne trouvaient nulle part sur le territoire de la Principauté une terre plastique adéquate.

Bouvignes cp 1    Bouvignes resta jusqu'au milieu du XVIe siècle le centre de la batterie. On comptait 252 batteurs à l'époque qui procuraient du travail et faisaient vivre un bon millier de ménages. Le plus célèbre d'entre eux, Antoine de Nassogne, est l'auteur de l'aigle magnifique qui tient lieu de lutrin et qui orne encore actuellement l'église de Bouvignes.

    A Dinant se tenait chaque année, à partir du 11 novembre, la foire de St-Martin. Celle-ci amenait à Dinant des réunions de marchands et une foule importante. Lorsque la ville fut mise à sac en août 1466 par les hommes en arme de Charles le Téméraire, bon nombre d'habitants furent massacrés et leurs habitations détruites.

Bouvignes cp 2    Bouvignes, ville voisine et rivale profita de l'opportunité pour ouvrir ses portes aux marchands et aux nombreux voyageurs habitués à se rendre à la foire dinantaise. Philippe le Bon, de qui dépendait la destinée du Comté de Namur, accorda l'autorisation à Bouvignes d'organiser la foire St-Marin en date du 16 octobre 1466. Cette autorisation fut accordée pour une durée de dix ans.

Bouvignes ruelle NB    La foire eut lieu à la même date jusqu'à la mort de Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon, décédé à Nancy en 1477. Cependant, les Dinantais avaient repris possession de leur ville et pansé les stigmates de la guerre. Le commerce avait repris et l'industrie relevait de ses cendres, aussi voulurent-ils faire revenir chez eux les marchands comme autrefois. Les Bouvignois, constatant que pas mal de marchands avaient repris le chemin de Dinant pour participer à la renaissance de la foire St-Martin, demandèrent, en 1481, à leur prince, l'autorisation de devancer la date de leur propre foire de cinq jours, afin de mettre à mal celle de la ville rivale. Bien que l'autorisation leur fut accordée, les Bouvignois n'arrivèrent pas à détourner les marchands et le public de Dinant, d'autant plus que le Prince-Evêque de Liège avait, dans le même temps, accordé de nouveaux privilèges à la ville de Dinant. La foire de Bouvignes périclita et disparut peu de temps après.

                                                                                                                                          (à suivre...)

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