17/06/2007

Les problèmes religieux du XVIe siècle et leurs conséquences

Les problèmes religieux.

St Gérard Brogne pano NB    Le mouvement protestant, venant d'Allemagne, progressait rapidement vers le sud des Pays-Bas. Le roi d'Espagne, Philippe II, en accord avec le pape, décida la création de nouveaux évêchés dans les provinces du sud afin de soutenir la foi catholique du peuple et de s'opposer énergiquement à l'hérésie.

    Par une bulle pontificale datée du 12 mai 1559, 14 nouveaux sièges épiscopaux furent érigés, dont un à Namur.

Les conséquences financières pour l'abbaye.

    Le fonctionnement de ces nouvelles institutions créées de toute pièce nécessitait l'apport d'argent frais. Ce furent donc les abbayes qui durent subsidier les nouveaux évêchés.

    En 1569, Philippe II nomma l'évêque de Namur prieur de l'abbaye pour que glissent dans la bourse de l'évêché les plantureux revenus des moines. L'évêque de Namur reçut donc, en 1560,  l'autorisation de percevoir de l'abbaye de Floreffe, toute proche, une part de ses revenus. L'abbé de Floreffe parvint cependant, avec beaucoup de diplomatie et la promesse  d'une pension annuelle de 100 florins, à faire déplacer ce choix sur l'abbaye de Brogne.

    En 1566, le sort en était scellé. Le pape Pie V lui supprima son nom, son titre et sa dignité et accorda à l'évêque de Namur l'administration spirituelle et temporelle du monastère.

    L'administration du monastère fut confiée à de simples prieurs désignés par l'évêque. Privée des deux tiers de ses revenus, l'abbaye commença son lent déclin. De vingt membres, à la fin du XVIe siècle, elle n'en comptait déjà plus qu'une dizaine au cours des deux siècles suivants.

    Les évêques Englebert Desbois 1630 - 1651)  tenta cependant de redonner au prieuré un peu de la vitalité passée de l'abbaye. On tenta même de restaurer les bâtiments délabrés par manque d'entretien: le quartier abbatial, les écuries et le "jardin de l'évêque". A sa mort, son successeur se désintéressa de l'abbaye et tenta même de remplacer les moines par des Carmes.

    Louis XIV s'installa avec ses troupes à St-Gérard lors de son passage en 1680, ce qui permit aux moines de récupérer un tiers de leurs revenus et de leurs privilèges, notamment celui de pouvoir élire leur prieur. Il s'en suivit une période plus prospère.

    Sous l'épiscopat de Mgr de Stikland les conflits d'intérêt reprirent entre le monastère et l'évêché. Il fallut attendre la mort de l'évêque en 1740 pour que le calme se rétablisse jusqu'à la Révolution française. Des nouveaux plans furent tracés dans le style français en vogue au milieu du XVIIIe siècle.

La fin de l'ancien régime.

St Gérard Brogne ferme intérieur    De douze moines en 1792, ils n'étaient plus que deux en 1795. Les possessions de l'abbaye devinrent biens nationaux , furent lotis et vendus. En 1797, Jean Baptiste Paulée, un financier français racheta la plupart des bâtiments. Les moines durent se disperser et les reliques de St-Gérard disparurent.

    Malgré les protestations de la population, les autorités hollandaises ordonnèrent la destruction de l'église qui menaçait de s'écrouler et firent passer une nouvelle route à son emplacement. Celle-ci recouvrit le puits St-Pierre. Non seulement l'église abbatiale fut détruite, mais encore une bonne partie du quadrilatère claustral. Une autre partie des bâtiments formés par l'aile sud et le quartier abbatial fut aménagée par un notaire en maisons particulières.

                                                                                                                                            (à suivre...)

08:00 Écrit par Bob dans Abbayes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : st gerard |  Facebook |

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