15/06/2007

Un peu d'histoire

L'origine de Brogne.

St Gérard Brogne grav Remacle Leloup 1731    "Pour lors, le lieu s'appelait Broigne, et ce nom lui a été donné par suite de l'existence  d'une fontaine distante de l'abbaye, qui se nomme Brogniau, qui veut dire brune-eau... La place du lieu est belle et assez régulière et la principale entrée de l'abbaye qui y aboutit regarde le septentrion, mais le reste de l'abbaye envisage le midi".

    Ceci était l'hypothèse défendue par dom Massart, moine de l'abbaye et curé de la paroisse, concernant l'origine du nom de la localité, dans une description qu'il donnait de l'abbaye en 1711.

La fondation de l'abbaye.

St Gérard Brogne pano couleur    Gérard, jeune noble, fils d'une famille de riches propriétaires fonciers de l'Entre-Sambre-et-Meuse, naquit à Stave vers 890. Il était employé comme page à la cour de Béranger, comte de Namur. Il s'y entraînait au maniement des armes et venait, de temps en temps, s'adonner à la chasse sur les terres de ses parents, dans la forêt de la Marlagne. Ceux-ci y possédaient une exploitation agricole, un refuge pour les chasseurs et une chapelle.

        C'est là, au cours d'une de ces chevauchées qu'il reçut l'inspiration divine de fonder une abbaye. Alors qu'il se reposait à l'orée de la forêt, dans la vieille chapelle Saint-Pierre, le saint patron du lieu lui aurait suggéré d'édifier un sanctuaire au même endroit, d'y placer les reliques de Saint-Eugène et de fonder un monastère.

    Gérard de Stave se rendit à Paris, où il reçut une formation de moine bénédictin. En 919, il ramena de l'abbaye de Saint-Denis les reliques de Saint-Eugène qu'il plaça dans l'église paroissiale de Brogne. Douze moines français l'avaient accompagné. Il fit ensuite construire, à proximité de la source du Brogniau, une abbaye dédiée aux Saints Pierre et Eugène et en devint le premier abbé en 923. Il y mourut en 953.

Les premiers moines.

    Les premiers éléments de l'abbaye étaient élémentaires, à savoir: l'église, le cloître, le dortoir et une ferme. Ils furent érigés avec l'aide bénévole de paysans de la région, qui offrirent également leur aide pour exploiter la forêt de la Marlagne. Quelques maisons vinrent se greffer autour de l'abbaye si bien que bientôt le village de Brogne naquit autour du monastère.

    Les moines vivaient au même rythme que les paysans. D'une part, ceux que l'on appellait les "moines de choeur", assuraient les différents offices religieux, tout au long de la journée et s'occupaient des chants de la messe. D'autre part, les frères convers, aidés de quelques laïcs, s'adonnaient aux travaux des champs.

    Pour sa part, Gérard de Brogne, qui, à la demande du comte Armand de Flandres et de Giselberg, duc de Lotharingie, s'était investi du devoir de restaurer la vie religieuse dans les abbayes plus anciennes, devait souvent s'absenter. Il est en effet reconnu par les historiens pour avoir été le moine réformateur du Xe siècle et son influence se fit sentir en Hainaut, en Lorraine, en Flandre, en Artois, en Normandie. Il restaura les abbayes de Saint-Amand, Saint-Bavon à Gand, Saint Bertin, Saint-Ghislain, Saint-Ouen à Rouen, Saint-Pierre, Mont Saint-Michel, Salles à Chimay, Saint-Rémy à Reims, Saint-Wandrille, ... Ses motivations étaient d'assurer l'infrastructure matérielle de l'abbaye, de nommer un abbé régulier et de rétablir la règle de Saint-Benoît. Il rentra à Brogne en 953.

    A sa mort à Brogne, le 03/10/959, à l'âge de plus ou moins septante ans, il fut enterré dans le choeur de l'église abbatiale. Il sera canonisé en 1131 et ses restes seront exposés, aux  nombreux fidèles, dans un luxueux reliquaire. Ceux-ci vinrent en pèlerinage implorer Saint-Gérard afin d'obtenir la guérison de leur fièvre ou de leur jaunisse. A cette occasion, ils s'abreuvaient au puits de Saint-Pierre qui se trouvait au milieu de l'abbatiale, dans la nef réservée aux fidèles, juste devant l'escalier qui menait au choeur des moines. Plusieurs documents d'époque attestent des miracles, par exemple:

«  L'an de grâce 1602, Simon Anseau, pharmacien à Thuin, âgé de 32 ans, souffrant depuis trois mois d'une fièvre, était devenu jaune comme cire. Après avoir tenté toutes sortes de remèdes et avoir appelé à l'expérience des hommes d'art, abandonné par eux sans aucune espérance, il voua à Dieu et à Saint-Gérard de visiter les reliques de notre saint à Brogne; et à l'heure même, il fut rendu à la santé. La chose arriva le 26 août et, trois jours après, il se rendit de Thuin à Saint-Gérard sans le secours de personne. Les deux localités sont distantes d'environ sept lieues. Cette guérison fut attestée par Simon, sa mère Haverlant, en présence du prieur et de deux religieux.  »
 

    Saint Gérard de Brogne fut l'un des premiers belges à être canonisé.

                                                                                                                                          (à suivre...)

12:54 Écrit par Bob dans Abbayes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : st gerard |  Facebook |

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