20/05/2007

"Le rationnement et le ravitaillement"

    "Les évacués français qui avaient connu à Lens le communisme avant la lettre pour les distributions de denrées, soit à l'Alcazar, rue Gambetta, soit en les locaux de la Justice de Paix (Madame Sablon-Cuvillon en sauva la comptabilité), soit à la Banque de France, ne furent pas étonnés de ce qui se passait en Belgique où, cependant co-existaient, semble-t-il divers organismes.

    La distribution de beurre se faisait tous les quinze jours: la conservation d'un carnet a permis de retrouver que la ration oscilla entre 6 et 75 grammes!!! Mais, très curieusement, il se trouva que pour le sucre, 750 grammes par mois, cette ration était supérieure à ce qu'en France, à la même époque, il était distribué.

    Cette guerre de 1914/18 allait suciter le mot "Ersatz". Les Allemands avaient mis au point un ersatz du sucre appelé miel artificiel (Kunsthonig), à bon marché, également rationné et l'on parla de saccharine, mot nouveau.

    La denrée la plus rare fut le savon, et aussi le pétrole utile dans les écarts, où ne pénétrait pas encore le courant électrique.

    Une histoire gaie: un habitant du pays, ayant pris un lièvre au collet, le proposa au chef de gare allemand de Berzée qui mourait de faim en cette année 1917, qui fut la plus dure aussi pour les occupants, contre 10 litres de pétrole. Marché conclu; chacun des dix litres de pétrole fut troqué en dix fermes sises en écart, contre 15 kilos de grains. Moulu sur le champ, le blé devint farine, laquelle à Charleroi où sévissait la dizette, fut vendue à quarante francs le kilo. Calculez!

    Au point de vue financier, les Allemands inondèrent de papier-monnaie toute la Belgique, et après la guerre, sept milliards de marks furent rassemblés dans les caves de la Banque de Belgique. Néanmoins, les Alliés décidèrent de rembourser ces marks, par priorité, sur le Montant des Réparations allemandes."

                                                                                                                                       (à suivre...)

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