18/05/2007

Revisitons le village

    "C'est en 1909 que la commune de Thy-le-Château ouvrit cette belle école, en remplacement de l'ancienne, devenue débarras et qui se trouvait encore entre l'église et le chemin de fer, près de la barrière du passage à niveau de la rue menant Al'Vaux.

    Le groupe comprenait deux classes au rez-de-chaussée, au-dessus, une grande salle à multiples usages, le tout flanqué, à droite d'un bâtiment, siège de l'administration communale, à gauche de la maison de l'Instituteur-Chef (terme belge équivalant à Directeur d'école), lequel disposait d'un immense jardin. Cela voisinait un grand terrain sur lequel il fut un moment question de bâtir une nouvelle église. Cela ne se réalisa pas et aujourd'hui une importante installation électrique et un terrain de sport se partagent cette place en forte déclivité. C'est ce que l'on appelle encore le Centre.

    Au siècle dernier, Thy-le-Château possédait des hauts fourneaux, dont les sous-structures pouvaient encore s'apercevoir en 1917/18, précisément auprès du local de distribution de soupe. Le nom figure encore en Bourse, pour la cotation de valeurs d'une société qui émigra vers Charleroi. Il subsistait un énorme crassier, au long du chemin de fer allant à Gourdinnes. Pendant la guerre, les Allemands l'exploitèrent largement, vraisemblablement pour l'aménagement du front. C'est la raison qui, au moment où ils procédèrent, très méthodiquement d'ailleurs, au démontage de voies de moindre intérêt, ils conservèrent le tronçon de Thy aux abords du crassier. En 1960, le crassier n'était pas encore épuisé, alors exploité par des engins modernes.

    Depuis un demi-siècle, il y a pu avoir quelques changements dans le village. L'ancienne gare, vétuste, a été remplacée par un beau bâtiment, devenu inutile par la suppression du trafic ferroviaire, et converti en école.

    La voirie a été grandement améliorée mais, en fait, ces lieux où ont passé les Lensois sont demeurés dans ce quartier, bien reconnaissables. Il n'en est pas de même dans les environs de l'église.

Quelques noms peuvent être rappelés, des autorités dévouées de Thy-le-Château.

  • le bourgmestre s'appelait Nicolas Riffont;
  • les deux échevins Messieurs Delmarche et Labruyère, ce dernier décédé en 1918;
  • les deux instituteurs Messieurs Colard et Devaux;
  • les deux docteurs Messieurs Bouttiaux et Lebucq;
  • le nom du vicaire pourrait être retrouvé;
  • la religieuse était l'imposante Soeur Marie-Louise;
  • le chef de gare, réfractère aux Allemands, s'appelait Jeanmart;
  • le directeur de l'aciérie, Brichot;
  • le notaire?
  • le secrétaire communal déjà très âgé, s'appelait Bayet.

    Il eut à supporter une très lourde tâche avec l'arrivée des réfugiés, notamment pour la rédaction de nouvelles cartes d'identité, devenues aujourd'hui sujets de curiosité. Elle étaient trilingues, allemand, flamand et français. L'une d'entre elles a été déposée, ces dernières années à Vincennes, au Musée de la Guerre, porteuse du cachet communal de Thy-le-Château.

    Elles s'accompagnaient d'une carte de contrôle, pour les hommes de 15 à 60 ans. Un grand "A", encerclé, signalait les réfugiés (Abschüblinge). De plus, toujours pour les hommes de plus de 15 ans, jusqu'à 60, un grand rectangle comportant le mot  "IN UBERWACHUNG" (sous surveillance) était de règle. Tous les mois, les réfugiés étaient soumis à un contrôle, à date imprévisible, par un service allemand installé à Mariembourg.

    Coïncidence assez curieuse, en mars 1971, les deux personnes citées dans cet article, Messieurs Jules Dupont et Jules Servais étaient toujours vivants sur les bords de la Thiria."

(Le vicaire de l'époque s'appelait Mahillon et le notaire Léon Laurent.)

                                                                                                                                    (à suivre...)

Commentaires

Bonne journée Bob A+

Écrit par : Charles | 18/05/2007

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