12/05/2007

Un premier projet.

    Par la loi du 1er mai 1834, il était convenu que l’Etat allait mettre en chantier les grandes artères qui allaient constituer l’ossature du futur réseau ferroviaire et en assurerait la gestion. Une première loi datée du 19 juillet 1832 autorisait cependant le gouvernement à "concéder des péages" pour un terme maximum de 90 ans. La réalisation de ces lignes secondaires, qui allaient venir se greffer sur les lignes de l’Etat, allait donc être proposée à l’industrie privée.

 

    Le capitaine du Génie Péruez, intéressé par le défi lancé, allait parcourir toute l’Entre-Sambre-et-Meuse en vue d’y effectuer des relevés et de lever le tracé d’un premier projet. Une société belge marqua bientôt son intérêt pour la construction d’un chemin de fer reliant la Sambre à la Meuse. De ce tronc principal, elle avait prévu d’y adjoindre quelques embranchements industriels. Reconnu d’intérêt public, la demande en concession fut introduite par Peruez et Consorts le 25 mars 1835 pour une durée de 90 ans.

 

    Les plans et autres pièces constituant l’avant projet "d’un chemin de fer à construire par voie de concession de péages, entre la Sambre et la Meuse" furent déposés de juillet à septembre 1835 aux hôtels des gouvernements provinciaux du Hainaut et de Namur. Ces documents étaient accompagnés d’un registre devant recevoir les observations auxquelles ce projet pourrait donner lieu.

 

    La presse fit un timide écho du projet, notamment dans « L’Eclaireur » du 5 juillet :

                "Il est question d’un projet de chemin de fer entre la Sambre et la Meuse"

 

    Trois mois plus tard, le même journal, dans son édition du 6 octobre donnait le résultat de la consultation et apportait quelques informations complémentaires :

     "Namur, le 06 octobre.

    L’« Indépendance » s’occupe du projet de chemin de fer traversant le pays d’Entre-Sambre-et-Meuse, depuis Charleroy jusqu’à Vireux-de-Sy, à 4 lieues en amont de Givet.

    Ce projet n’a rencontré aucune opposition. Le terme de la concession a été fixé à 90 ans. Les ardoisières de Brûly, de Couvin, de Cul-des-Sarts et d’Oignies peuvent suffire à la consommation de toute la Belgique, mais leurs produits n’ont pu, jusqu’à présent, y être transportés, faute de routes et la France leur fermant la Meuse par l’occupation des rives de ce fleuve jusqu’en dessous de Givet, elles étaient à peu près perdues pour la Belgique et abandonnées en partie par les propriétaires ; les embranchements du chemin de fer vont raviver ces grands établissements et répandre l’aisance sur un sol des plus pauvres du royaume."

 

    Au début 1836, MM. Pirmez et consorts proposaient de se charger d’un projet de cinq embranchements se rattachant au chemin de fer d’Entre-Sambre-et-Meuse, projet qui fut également proposé à la consultation populaire. Ceux-ci devaient relier le railway  à divers charbonnages de la région de Charleroi. La dépense était estimée, pour ces travaux, à une somme globale de 2.800.000 francs.

 

    Le 1er juin 1836 on procéda par voie de soumission, à l’hôtel du ministère à Bruxelles, à "l’adjudication publique de la construction, par voie de concession, d’un chemin de fer entre les rivières la Sambre et la Meuse, avec trois embranchements, dirigés vers Morialmé, Florennes et Couvin".

                                                                                                                                 

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