11/05/2007

Il est de plus en plus urgent de prendre une décision.

    Il était urgent de trouver une solution rapide pour relancer l’économie de toute cette région défavorisée en moyens de communication pour venir en aide aux sidérurgistes dépendant de plus en plus de la fourniture de coke pour leurs hauts fourneaux et aux exploitants des mines de charbon du Bassin de Charleroi afin qu’ils puissent écouler l’excédent de leur production de charbon. On entreprit donc, en 1834, des études pour l’établissement d’un chemin de fer.

 

    Il est vrai qu’à cette époque, un certain Georges Stephenson avait déjà mis au point une locomotive performante et avait à son actif la construction de plusieurs lignes de chemin de fer outre Manche. Le Roi Léopold 1er, qui avait vécu à la cour d’Angleterre, avait emmené dans ses bagages des idées révolutionnaires en matière de voies de communication modernes et rapides.

 

    Il était d’autant plus urgent de développer des moyens de communications modernes, que 1834 est l’année au cours de laquelle les Français réduisent le taux de droit d’entrée sur les houilles anglaises de plus des deux tiers. De leur côté, les Anglais avaient déjà réduit de près de moitié la taxe de sortie pour les produits houillers dès 1824, pour la supprimer complètement en 1831. Ils espéraient en effet à l’époque exporter leur charbon vers les Pays-Bas qui venaient d’être séparés de leurs provinces du sud.

 

    Ces réductions des droits de douane et de péage donna une impulsion considérable aux exportations de charbon anglais, c’est ainsi qu’elles doublèrent entre 1837 et 1838 et avaient quintuplé depuis 1834. Ceci eut pour conséquence qu’en 1838 le site d’extraction de Mons avait déjà perdu 90% de ses débouchés vers Rouen et Dunkerque. Les exploitants belges, qui avaient déjà perdu le marché hollandais en 1830, voyaient se fermer le marché du N-O de la France, d’autant que, dans le même temps, les nouveaux sièges d’extraction français situés dans le prolongement du bassin houiller montois augmentaient leur production.

 

    Compte tenu de ce qui précède, le seul débouché encore ouvert aux charbons du bassin de Charleroi se situait dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et les départements français situés plus à l’Est, notamment ceux des Ardennes, de la Meuse, de la Marne, de l’Aube et de la Haute-Marne. Pour accéder à ces départements, la voie la plus directe traversait l’Entre-Sambre-et-Meuse.

                                                                                                                                  

Les commentaires sont fermés.