05/05/2007

"Marks et gros sous"

    "Nous avons connu là-haut une mauvaise période, d'autant plus que, comme beaucoup de monde, nous n'avions plus guère d'autre argent français que ces "bons" de ville de Lens, de Douai, de Saint-Quentin et de tout partout qui n'ont pas cours ici.

    Heureusement, depuis avant-hier on les a changé contre des coupures belges - de tout petit format - qui vont nous permettre d'acheter plus commodément ce qui nous manque, soit ici, soit à Walcourt, ou même à Charleroi où certaines personnes, des femmes pour commencer, sont allées en fraude du règlement allemand.

a110c15    On voit aussi dans le pays des marks comme le Badois et les Prussiens en avaient au début - vert-épinard pour un mark à vingt-cinq sous - rouge pour deux marks, etc ... - On trouve ici des pièces belges en zinc, quelquefois en nickel - percées - et aussi des centimes qu'on appelle des "cennes". Les pfennig allemands - il y en a aussi en fer - sont pratiques pour faire la moitié de cinq sous.

    C'est curieux comme les gosses eux-mêmes savent se débrouiller avec toute cette mitraille. Et personne certainement n'avait prévu tout cela avant la guerre!

    Voila qui me fait penser à M. le vicaire, qui ne fait pas payer les chaises mais qui a dû, lui aussi, trouver des sous français de tous les modèles, dans son plateau: des gros, des petits, des Napoléons et des République."

                                                                                                                                    (à suivre...)

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