19/04/2007

Une industrie qui ronge son frein!

charbonnier en forêt    Alors qu'en Angleterre la Révolution industrielle avait déjà pris son envol, dans notre région, l'industrie traditionnelle végétait encore. Au début du XIXe siècle, on utilisait toujours le charbon de bois pour la fabrication de la fonte, aussi les forges étaient-elles toujours implantées, depuis des temps immémoriaux, auprès des lieux d'exploitation du minerais et à proximité des forêts qui leur fournissaient le combustible. La force motrice nécessaire pour battre le fer et le débarrasser des scories qu'il contenait, puis le modeler en forme de barres, était produite par des chutes d'eau aménagées sur les rivières, mettant en action une roue à aubes.

    Les grandes innovations apportées par les Anglais dans la production de fonte au moyen de charbon ne pouvaient trouver que difficilement une application dans l’Entre-Sambre-et-Meuse à cause de l'éloignement des usines des lieux d'extraction de la houille et de l'état déplorable des voies de communication. Quelques hauts fourneaux c'étaient cependant déjà convertis au coke et le combustible était fourni par le bassin houiller de Charleroi.

    Les marbres extraits de nos carrières, bien que grandement appréciés en France, se voyaient limités en production à cause des moyens d'exportations malaisés.

    L'industrie locale ne pouvait prendre de l'extension car elle ne disposait pas de moyens de communication permettant le transport des matières premières et des produits finis de façon rapide et à coût raisonnable. Et pourtant il existait des débouchés, notamment dans les chantiers navals français depuis que Napoléon avait favorisé les échanges commerciaux entre les deux pays.

1Charleroi charb    Il en était de même dans la région de Charleroi pour ce qui concernait les houillères. La région avait en effet misé depuis longtemps sur l'industrie, vu les richesses naturelles que procurait la région, mais le commerce stationnait. D'un autre côté, les exportations avaient commencé à diminuer dès le début du XIXe siècle, les actions perdant continuellement de leur valeur. La cause en était le manque de débouchés. Etendre le marché s'avérait alors impossible car le coût des transports rabotait les bénéfices escomptés. De plus, la concurrence était de plus au plus féroce entre les différents bassins et les stocks s'accumulaient sur le carreau des mines carolorégiennes.

Sambre à Landrecies    On pensa à une solution : la canalisation de la Sambre et deux commissaires de la chambre de commerce de Charleroi exposèrent dans un mémoire au Roi Guillaume d’Orange souverain, à cette époque, des Pays Bas du Sud, l’avantage que présentait pour les provinces de Namur et du Hainaut la canalisation de la Sambre au point de vue économique. Le souverain fut emballé et un avant-projet de canalisation de la Sambre fut présenté en 1823 au ministre de l’intérieur bien argumenté. On y insistait surtout sur la présence de l’Oise coulant à huit lieues seulement de Landrecies et sur l’opportunité de relier ces deux rivières par un canal navigable qui allait mettre en communication le bassin de la Meuse avec celui de la Seine. Ingénieurs belges et français se mirent d’accord lors de deux réunions tenues à Lille, sur l’opportunité d’établir la continuité de la navigation sur la Sambre, de part et d’autre de la frontière et de prolonger son parcours, au-delà de Landrecies jusqu’à l’Oise. C’est M. Rémy De Puydt qui fut déclaré le soumissionnaire le plus intéressant le 2 juillet 1825 et qui débuta immédiatement les travaux. Du côté français, les travaux ne commencèrent qu’en 1832 et la jonction avec l’Oise ne fut effective qu’en 1839.

    Cependant, ce qui avait été jugé être la solution pour offrir les débouchés escomptés à l’industrie de la région et notamment aux charbonniers du bassin de Charleroi, risquait de les précipiter vers la faillite à cause de la forte hausse des droits de navigation qui ne leur permettait plus d’être concurrentiels par rapport aux autres charbonnages du pays. Il était donc urgent de trouver une solution appropriée.

                                                                                                                             

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